Corlevour

  • "Reine de ruches, char de feu, toi femme qui touches et qui transmets, centre de gravité joyeuse, mère anti-possessive, tu défies la peur et la brûles sous le souffle de Dieu. L'aurait-on oublié ? La confiance et l'audace sont deux vertus qui s'enfantent au baptême où l'Esprit est donné sans mesure, et pourtant tous les chrétiens n'en sont pas pourvus, signe que tu dois être là, petite Marie, pour donner la main au grand courage endormi." Michel-Marie Zanotti-Sorkine

  • Rares sont les peintres contemporains qui, s'inscrivant dans une grande histoire de l'art, traitent des sujets religieux et repré- sentent de façon aussi exhaustive les scènes de la vie du Christ avec, en même temps, un regard renouvelé.
    C'est ce que François-Xavier de Boissoudy a fait lors de l'exposition que la Galerie Guillaume lui a consacrée en 2015, « Résur- rection ». Après le vif succès auprès du public et des médias, une nouvelle exposition aura lieu au printemps 2016. Elle s'intitulera « Miséricorde ». À cette occasion sera publié le premier ouvrage sur le peintre, présentant une sélection des tableaux des deux séries « Résurrection » et « Miséricorde », accompagné d'un texte de l'historien de l'art François Boespflug.
    /> Dans la série « Résurrection », Boissoudy montre la transformation des visages et des attitudes des différents témoins au cours de la semaine de Pâques lorsqu'ils rencontrent le Christ ressuscité. Selon Boissoudy, « c'est vraiment Pâques qui va révéler les témoins de Jésus, dans leur limpidité ou dans leurs blessures. Certains vont croire immédiatement. D'autres pas. C'est cette ren- contre avec le Christ ressuscité qui va transformer et déterminer leur vie. » Dans la série « Miséricorde », Boissoudy explore le thème que le Pape François invite à (re)découvrir dans le cadre d'une ré- flexion universelle en 2016. Le peintre représente les passages des Évangiles où la miséricorde du Christ se manifeste : les nom- breux miracles et les situations où il rencontre les souffrances humaines.
    Boissoudy : « Les attitudes des proches et des témoins du Christ sont finalement très emblématiques de nos propres attitudes, et c'est cela que j'ai voulu montrer aussi. » Les oeuvres de François-Xavier de Boissoudy sont des encres sur papier, dont le jeu en noir et blanc nuancé de couleurs se met au service de la lumière. Une technique de lavis très personnelle, un « clair obscur » qui fait écho aux oeuvres de Georges de La Tour et des frères Le Nain, peintres qu'admire Boissoudy, se situant par là dans une longue tradition française.

  • Alexandre Hollan

    Collectif

    Rétrospective des oeuvres d'Alexandre Hollan qui a développé une carrière de peintre et de dessinateur, à travers deux thèmes de prédilection, les arbres et les natures mortes. Cette monographie est complétée des notes de l'artiste ainsi que d'analyses critiques.

  • France pour les arbres ? Je crois utile de me poser la question. L'arbre fut un des lieux et demeure aujourd'hui encore un des indices de l'immense crise de la relation de l'humanité à sa terre qui a inauguré la modernité. Et c'est pourquoi je ne m'étonne pas de le voir reparaître au premier rang des préoccupations de beaucoup dans l'heure présente, où il est de plus en plus évident qu'on approche d'un carrefour qui risque d'être l'ultime.
    À regarder de grands arbres, à réapprendre à les voir, à pénétrer le sens de leurs rythmes, à s'avancer dans l'intimité de leurs branches, à tenter ainsi, par des approches diverses, de rétablir le contact avec une vie que d'autres qu'eux méconnaissent, des peintres de notre temps prennent en charge ce grand besoin de ne faire qu'un avec ce qui est, un besoin dont le déni nous vaudrait la fin du monde, à peut-être brève échéance.


  • il y a d'abord une histoire rocambolesque autour de cette statuette, et c'est cette histoire qui lui a donné son nom, la "dame d'auxerre ", un nom qui est une caricature de nom et qui cache son absence de nom.
    tout en elle est mystère. son origine, son histoire, le sens de son geste. traditionnellement, ce mystère a été traité archéologiquement, comparativement, par l'érudition. le paradoxe de cette érudition, c'est qu'elle est à la fois précieuse, indispensable, mais purement documentaire. elle ne dit rien de ce que nous fait, de ce que continue de nous faire cette statuette. et c'est son mystère, avec
    tout ce qu'il a d'affectif, qui constitue l'objet de cet essai.



  • artemisia gentileschi, tiepolo, poussin, hölderlin, rilke, katherine mansfield, cendrars : sept portraits d'artistes, des figures empreintes de silence et de solitude, à propos desquelles on retrouve les thèmes et les lieux chers à michèle desbordes - la sensualité, le voyage, le souvenir, la mort, l'atelier du peintre, les fleuves, l'italie.
    des textes qu'on lit et relit avec le sentiment à chaque fois plus profond d'une singularité inouïe.

  • Guy de Malherbe

    Collectif

    C'est une petite peinture de 2013, ce que Guy de Malherbe nomme une matrice. Elle a été peinte sur le motif, à Houl- gate. C'est une faille dans la falaise ; une sorte de grotte. Après un séjour à Dieppe, à l'automne dernier, Guy de Malherbe a repris cette peinture matricielle de 2013. Il est chez de nombreux peintres des oeuvres de cette nature qui ne cessent d'accompagner la recherche. Ils y retournent pour faire avancer le travail car elles condensent l'essentiel de leurs pré- occupations. Ce sont des oeuvres génériques. Cette falaise d'Houlgate, meuble, presque molle, ne cesse de se modifier.
    Cette instabilité est propice à l'observation et au travail sur le motif. Quand il fait sec, elle se craquèle ; quand il pleut, elle devient boueuse, s'effondre par endroits. Elle prend alors un caractère organique, extrêmement vivant : la falaise devient un paysage en soi, et en mouvement perpétuel ; souvent, y apparaissent des figures.
    La première Matrice est une peinture sur bois de 2009. On y voit, blotti, au pied d'une falaise, dans un creux, un amoncellement de roches. Au premier plan, en bas à droite, un rocher de plus grande taille étend son ombre bleue sur un sol d'un jaune éclatant. Cette première matrice générera une série de peintures représentant des corps ou des fragments de corps parmi les rochers, souvent dans une position de repli, leurs courbes épousant les contours du paysage, visages absents, têtes souvent manquantes, corps endormis, assoupis, réfugiés, échoués, mais recueillis par le paysage.
    Et c'est là toute l'histoire de la peinture de Guy de Malherbe. Cette relation entre les corps - ou les figures - et le pay- sage. Et cette histoire est une histoire de peinture. Guy de Malherbe est de ces peintres qui fréquentent aussi assidument, voire davantage, les maîtres du passé que ses contemporains. Sa peinture, forte de cette connaissance intime, s'attache autant à la composition qu'à la couleur ou à la texture de la peinture. Comme certains de ses aînés, il entretient une re- lation étroite avec le sujet - figures, portraits ou paysages - qu'il entreprend de peindre souvent d'après nature, ou juste après, de retour à l'atelier, et dans la fraîcheur de la sensation, qu'il peut retrouver si besoin dans la peinture saisie sur le vif - déjà fortement peinte et aboutie. Il reprend ainsi des thèmes que l'on pourrait qualifier de classiques. Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, son art emprunte également à l'abstraction, dans la singularité de ses compositions comme dans l'utilisation de la couleur - notamment de grands aplats d'une même couleur. Guy de Malherbe est de ces peintres qui ont l'ambition de rendre visible le réel autant que de rendre vivante la peinture. Il sait que le seul moyen d'être fidèle au réel, le seul espoir d'en rendre en peinture la vérité, pour reprendre la célèbre formule de Cézanne, est de se concentrer absolument sur les moyens qu'elle offre, d'en mobiliser toutes les facultés, tout en trouvant une matière et une manière qui lui soient de plus en plus propres. C'est là le sens d'un engagement. (Olivier Delavallade)

  • Ce volume collectif réunit plusieurs textes d'analyse historique, esthétique et spirituelle de la sculpture d'Edmont Moirignot, à l'occasion de l'exposition qui se tiendra à Paris du 5 au 22 février 2020 à la Mairie du 6e.
    Avec Alberto Giacometti et Germaine Richier, le sculpteur Edmond Moirignot (1913-2002) appartient à une famille de sculpteurs qui, après-guerre, renouvelèrent la sculpture figurative pour exprimer avec une intensité nouvelle l'homme et son drame. Son oeuvre affirme la foi en l'être qui pense et qui aime. L'âme est son centre de gravité et chaque sculpture crée ainsi un espace infini. Il s'y exprime la méditation, voire la mélancolie de qui s'interroge sur le temps, la vie, le monde et le néant. C'est un univers qui semble venir du fond des âges tout en étant complètement de notre temps.
    « Moirignot est inclassable, pas de maître, pas d'élèves, pas d'intégration à un groupe. Il est de son temps mais vise à dépasser le temps. Il est libre. Il est seul. » Claude Jeancolas.

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