Belin

  • Enki Bilal pense que l'Homme est un accident tragique dans l'histoire de la Terre, que la destruction écologique est inévitable et, avec elle, l'extinction de notre espèce. C'est cette angoisse que l'artiste a su transformer, magnifier pour créer un univers foisonnant et déglingué qui a marqué des générations entières et dont l'aura ne faiblit pas. Ni biographie empathique, ni tentative d'explication de ses oeuvres, L'Homme est un accident révèle un Enki Bilal que l'on ne connaissait pas.
    Non plus seulement artiste de l'imaginaire qui a fait du futur le combustible de sa créativité, mais le lanceur d'alerte concerné par les problèmes de son temps. Pourquoi le progrès technologique s'avère-t-il aussi synonyme de régression intellectuelle ? L'homme est-il mauvais par nature ? Y-a-t-il quand même lieu d'espérer ? Que léguer aux générations futures ? ... Aiguillonné par Adrien Rivierre, spécialiste de la mise en récit, l'artiste s'exprime avec beaucoup de liberté et de sincérité.
    Il confie sa quête personnelle de sens, l'importance qu'il accorde au doute et à la dérision, sa tentative pour tendre vers un état de sagesse. Peu importe que l'on soit d'accord, ses propos férocement lucides, font mouche, ils entrent en résonance avec nos propres angoisses. Loin de toute résignation, ce livre est un appel à sortir de notre sommeil de funambules.

  • Dans nos conversations ou nos écrits, les figures de style construisent notre langue. Elles sont toutes ici expliquées, commentées et classées.
    Chaque figure est illustrée d'un ou plusieurs exemples empruntés à toutes les époques et à tous les niveaux de langue - de Racine à San Antonio. Cette variété rend le propos accessible à tous et la lecture du livre attrayante, souvent drôle.
    Pour faciliter la consultation, l'ouvrage comporte un dictionnaire de toutes les figures traitées et un répertoire (par auteurs) de toutes les citations retenues pour les illustrer.

  • Horvath

    Florence Baillet

    • Belin
    • 28 Août 2008

    Odön von horvath (1901-1938) est un auteur majeur à (re)découvrir.
    Ecrivain de langue allemande au passeport hongrois, d'origine à la fois magyare, croate, allemande et tchèque, il témoigna du métissage culturel caractérisant l'europe centrale et combattit sa vie durant toute forme de nationalisme. " chroniqueur " de son temps, selon sa propre formule, il traversa la république de weimar, vécut la montée du nazisme, s'exila, tout en posant un regard acéré et ironique sur son époque.
    D'oú une oeuvre captivante, comprenant aussi bien des contes et des romans que des pièces de théâtre. horvâah a su en particulier renouveler la tradition du théâtre populaire pour en développer une veine critique, qui n'a rien perdu de son actualité.

  • Sous les dehors de la satire sociale, l'oeuvre de John Cheever, chez qui l'hédonisme homosexuel rencontre la culture puritaine, se révèle en fait profondément romantique.
    Conjuguant lyrisme et ironie, réalisme et onirisme, celui que la critique surnomma le " Tchekhov des banlieues " dessine ainsi, outre une vaste comédie humaine, un espace symbolique tout en contrastes où sont mises en scène les discordes du moi et où se joue un conflit intérieur jamais véritablement apaisé.

  • Relativement peu connue sur la scène internationale, Toni Cade Bambara (1939-1995) est pourtant une figure centrale du monde littéraire afro-américain d'après les mouvements de lutte pour les droits civiques.
    Aussi fougueuse qu'intègre, cette militante convaincue n'a cessé, par son oeuvre littéraire, de tester les limites du langage dans sa quête radicale de vérité et de justice. Entre rire et désespoir, rhétorique enflammée et silence méditatif, son oeuvre dit la lutte incessante d'un être tour à tour habité par le doute et la conviction que " les amants comme les combattants ne sont jamais vaincus ".

  • " Faire mouche et frapper les esprits " - la vue, l'ouïe, " faire vibrer jusqu'aux membranes du cerveau " : tel est le projet de " la prose à sensations " de Paul West.
    Excessive et poétique, elle tend vers la musique sans renoncer au sens, séduite par l'immatériel mais désireuse de laisser une trace. Les contradictions immanentes à la condition absurde de l'homme sont explorées au fil des variations continues des voix qui s'élèvent de l'oeuvre écrit, retentissantes, mélodieuses ou discordantes.

  • Plus que ses livres achevés, ces notes montrent le côté « abrupt » et la profonde originalité de la pensée de Merleau-Ponty, qui conduit ses auditeurs vers ce qui fait le socle de sa phénoménologie : la vie perceptive. Le livre s'organise comme suit :
    I. L'institution dans l'histoire personnelle et publique (la notion d'institution est envisagée dans des domaines divers : le sentiment, l'art, les mathématiques, la connaissance d'autres cultures).
    II. Le problème de la passivité : le sommeil, l'inconscient, la mémoire (la passivité n'est pas un état, mais une modalité de notre relation au monde ; non pas le contraire de l'activité, mais son envers).
    Appendice : Trois notes sur l'inconscient freudien et Notes de lecture sur Proust et sur Freud Nombreuses références bibliographiques, abondamment commentées, des auteurs cités par Merleau Ponty (Rabelais, Freud, Lucien Febvre, Sartre, Lévi-Strauss...).

  • Gotthold Ephraim Lessing, écrivain, dramaturge et critique, est aux origines de la littérature et du théâtre allemands modernes ; son apologie de la critique annonce tant le romantisme que la philosophie idéaliste et l'histoire des religions, son amitié avec Mendelssohn incarne la symbiose judéo-allemande.

  • L'auteur entreprend ici un réexamen systématique de la comédie shakespearienne, convaincu qu'il est que cette dernière a traditionnellement fait l'objet de jugements erronés.
    Dans cette perspective, il défend l'idée qu'avec ses dernières pièces - périclès, cymbeline, le conte d'hiver et la tempête - les quatre " romances " ou tragi-comédies romanesques, dans lesquelles intervient le surnaturel - shakespeare atteint au point culminant de son oeuvre.
    Dans une écriture imagée et érudite, constamment surprenante, le grand critique met en lumière les éléments de structure dramatique et les images qui, de façon récurrente, gouvernent 1a construction de ces pièces : tempête en mer, jumeaux, ou encore travestissement de l'héroïne en garçon, retraite en forêt, énigme du père.

  • Bien que Francis Scott Fitzgerald demeuré aux yeux de beaucoup le chroniqueur de l'" Age du Jazz ", son écriture dépasse largement la peinture sociale ou l'évocation métaphorique de la mort du rêve américain.
    Derrière l'insouciance de l'Amérique des Années folles, la fracture qu'il décèle en traduit une autre, plus fondamentale : celle de l'individu. Jouant des zones d'ombre, son esthétique traque l'indicible, interroge l'être, intensément, et, sans relâche, l'acte d'écriture.

  • Thomas Wolfe, styliste susceptible et marginal, courtisait le désastre dans des romans-fleuves qui n'obéissaient à aucune règle.
    Une étroite proximité au héros de L'Ange exilé donne de lui l'image de cet adolescent perdu qui arbore sa solitude comme un signe de valeur. Mais l'ensemble de ses proses autoréférentielles et lyriques témoigne avec sincérité du développement d'un homme dans l'Amérique des années 20 et 30. Romantique, virulent, plein d'humour, Wolfe invite le lecteur à partager ses révoltes et ses émerveillements.

  • Kate chopin. ruptures

    Marc Chenetier

    • Belin
    • 14 Janvier 2003

    La carrière de kate chopin (1850-1904) fut brève mais fulgurante.
    L'oeuvre lumineuse de cette femme libre de saint louis est traversée d'influences multiples. comme son maître maupassant, elle a su "jeter un regard lucide sur la vie" ; imprégnée d'emerson, elle apprit avec lui à "s'affranchir de la tradition". rompant avec les courants littéraires de son époque, ses romans et nouvelles, ciselés et musicaux, donnent forme poétique à ses "impressions". son chef-d'oeuvre, l'eveil (1899), histoire d'adultère au féminin, fit scandale.
    Ce fut aussi son chant du cygne.

  • Depuis la publication de Alphabetical Africa en 1974, Walter Abish n'a cessé d'explorer les pouvoirs et les failles du langage.
    Influencés par l'oeuvre d'écrivains (Flaubert, Kafka, Borges ou Perec) et de cinéastes (Buñuel ou Godard), les textes de Walter Abish subvertissent les modes de perception de la réalité. Dans un processus constant de " défamiliarisation ", romans et nouvelles mettent à nu une réalité passée au crible de l'humour et de l'ironie de cet écrivain majeur qui n'est pas sans rappeler les auteurs de l'OULIPO.

  • Les romans de Saul Bellow, Prix Nobel de littérature, témoignent, de L'Homme en suspens à Ravelstein, d'une nouvelle sensibilité et d'une nouvelle écriture.
    Son personnage, au même titre que ceux de Mark Twain, Dreiser et Faulkner, fait désormais partie de l'imaginaire américain : c'est celui de l'intellectuel juif qui se méfie des idées, travaillé par ses désirs, ses pulsions, ses fantasmes, et dont les tribulations sont métamorphosées en comédie burlesque et pleine d'humour par un narrateur qui porte sur le monde et sur lui-même un regard amusé et caustique - décalé.

  • Paul celan

    Andrea Lauterwein

    • Belin
    • 23 Août 2005

    Paul Celan (1920-1970) est l'un des plus grands poètes de langue allemande, mais aussi l'un des plus énigmatiques.
    Guidé par son expérience de survivant de la Shoah, son projet de refondation de la langue allemande a transformé en profondeur la mémoire des mots et les thèmes de la poésie. L'utopie d'une inversion de l'Histoire place le dialogue du lecteur avec les morts au coeur du poème et restitue à l'inanimé son aura. Cet ouvrage propose quelques clés de lecture en présentant les principaux moments de l'oeuvre, de Fugue de la mort aux derniers poèmes, en passant par les rencontres décisives (Gisèle de Lestrange, Ingeborg Bachmann, Scholem, Adorno, Heidegger) et met en évidence la continuité entre l'écriture et l'expérience du XXe siècle.

  • Le théâtre peut être observé avec deux regards très différents : en considérant les formes du draine, ou la rie sur scène.
    Le présent ouvrage adopte successivement ces deux points de vue. Il se propose d'abord d'interroger la nature du drame, en se demandant ce qu'est exactement une action dramatique - qui ne se réduit, ni à des gestes, ni à des discours. Au-delà du théâtre, il questionne par la les racines métaphysiques de toute dramatisation de nos vies et de nos destins. Le livre analyse ensuite l'existence sur la scène.
    Il aborde l'essence du jeu théâtral, l'émergence du métier de comédien, ainsi que la question du plaisir pris au spectacle, et de sa valeur. L'interprétation sous-jacente consiste à supposer que la faveur actuelle du jeu, de la scène, de la figure de l'acteur est un des signes de notre entrée dans une nouvelle époque, d'une sorte de mutation de l'expérience du monde. Pour mener ces différentes analyses, l'auteur mobilise autant son métier de philosophe que sa connaissance personnelle des arts de la scène.
    On trouvera dans ces réflexions un alliage inhabituel de philosophie rigoureuse et de sens pratique du théâtre.

  • La littérature, au XIXe siècle, avait confié au roman l'essentiel de son entreprise de savoir.
    Ce livre construit l'histoire du genre qui en a pris le relais au long du XXe siècle: de Péguy à Benjamin, de Thibaudet à Bataille, les écrivains ont demandé à l'essai d'occuper l'espace que les discours savants disputaient désormais à la littérature. Cinq moments, souvent des duels, scandent cette histoire. Bergson (contre Benda), Gide (en nouveau Montaigne), Breton, Sartre (contre Bataille) ou Barthes en sont les héros privilégiés; ils ont maintenu un équilibre fragile, celui de " l'engagement de la pensée dans la forme ".
    Notre présent vient après coup: les ressorts ont momentanément cédé, l'essayisme "d'utilité publique" se défait, pris entre des exigences impossibles à concilier. Ce livre date une question, situe des positions dans la culture et met au jour tout un corpus essentiel à notre mémoire littéraire. Le récit qu'il propose est mené en sympathie avec un objet mobile, impatient, séduisant; il ressaisit nombre de chefs-d'oeuvre, mais dévoile aussi des anachronismes qui incarnent toute la difficulté de la situation moderne de la littérature.

  • Walt whitman : poete-cosmos

    Athenot Eric

    • Belin
    • 14 Janvier 2002

    " C'est moi que je célèbre, moi que je chante " : le premier vers de Feuilles d'herbe jette crânement les fondations d'une poésie qui se veut à la fois américaine et universelle et vise à réconcilier l'homme et le monde sensible.
    Cette présentation de Walt Whitman, " poète-cosmos ", tente de dépasser le chromo du " bon poète chenu " surgi de nulle part en juillet 1855, et propose une analyse des stratégies esthétiques et idéologiques de l'oeuvre whitmanienne. Pour en démystifier, peut-être, le triomphalisme trop ouvertement adamique et en souligner l'inépuisable singularité.

  • Willa Cather (1873-1947, Prix Pulitzer 1923) a connu une éclipse dont n'ont pas souffert Hemingway ou Fitzgerald, plus pris dans leur époque.
    Sa grandeur n'est pas moindre. La beauté de son style, qu'à l'instar de son maître Flaubert elle voulait " démeublé ", teinte ses rêves de simple harmonie. Femme volontaire, elle combat le matérialisme de son temps. Ses romans brillent de " l'aura des émotions ", du suggéré, de l'inexprimé. Ils chantent les âpretés de la Frontière, l'Amérique des aubes, l'ascèse spirituelle d'hommes et de femmes voués à l'art et à la connaissance.

  • L'ensemble des nouvelles de Guy Davenport constitue une sorte de "relecture" de la littérature passée par l'intermédiaire d'une écriture dont il n'existe aucun autre exemple, d'un style à la fois versatile et harmonieux.
    Cet essai tente de faire connaître un auteur encore trop peu traduit en France et d'éclairer ce dédale érudit placé sous la tutelle d'Ezra Pound et de Kafka, de Montaigne et de Plutarque, ces "assemblages d'histoire et de fiction nécessaire", cette approche d'une utopie par le biais de l'érotisme.

  • Adulé par le public des années 60 qui s'attacha à la tonalité surréaliste et absurde de ses premiers écrits, Richard Brautigan nous a laissé une oeuvre originale.
    Des expérimentations formelles de la fiction au bilan de sa propre vie, chaque livre est une incursion dans l'imaginaire et cultive l'esthétique de l'instant et du détail. Ni romans, ni nouvelles, ni poèmes, les " brautigans " sont des tourbillons d'images, des assemblages éphémères d'écrits, où l'humour le dispute à la noirceur.

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