Récit historique

  • Avant d'être l'auteur mondialement connu du chef-d'oeuvre Vie et destin, Vassili Grossman a été lors de la Seconde Guerre mondiale correspondant de guerre pour Krasnaïa Zvezda, l'organe officiel des forces soviétiques, suivant l'Armée rouge au coeur des combats. L'agression nazie en 1941, l'arrivée des troupes russes à Treblinka, l'entrée dans Berlin en ruines, la capitulation en mai 1945 : l'auteur de Vie et destin a décrit tous ces événements, tirant de cette expérience quantité de récits à la lisière de la fiction et du reportage. Ce volume rassemble une partie de ces textes méconnus, hybrides, passionnants pour les liens qu'ils permettent d'établir entre documentaire et fiction. Années de guerre est en quelque sorte une version fragmentaire d'épisodes et de personnages que l'on retrouvera dans les romans Pour une juste cause et Vie et destin. C'est dans ces pages que prennent vie le soldat Gromov et son lance-roquette antichar ou les tireurs d'élite Tchékhov et Zaïtsev, d'autres encore, personnages héroïques et souffrants, figures vivantes devenues classiques de la littérature mondiale.
    Constitué de récits héroïques, dramatiques ou glaçants, Années de guerre est tout autant un formidable recueil littéraire qu'un extraordinaire document pour l'histoire.

  • Moi, Dita Kraus : la bibliothécaire d'Auschwitz Nouv.

    Dita Kraus n'a que quatorze ans lorsqu'elle devient la bibliothécaire d'Auschwitz. Grâce à elle, les enfants s'évadent par la lecture. Dans son bloc, un autre jeune homme accomplit des miracles, il s'appelle Otto et réalise des tours de magie...
    À la Libération, Otto et Dita se marient, sont emportés par le vent de l'histoire et cherchent à échapper aux Soviétiques. C'est le grand départ pour Israël.
    Sa vie durant, Dita est restée une passeuse de savoir. Elle s'est battue pour l'éducation des esprits en devenant professeure, puis en allant témoigner aux quatre coins du monde afin d'honorer la mémoire des victimes de la Shoah et éviter que de telles atrocités se reproduisent.

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  • De ses premiers reportages auprès des Pygmées de Centrafrique jusqu'aux deux guerres du Golfe et aux Printemps arabes, de l'éclatement de l'URSS au siège de Sarajevo, de l'apartheid en Afrique du Sud à l'élection de Nelson Mandela, Martine Laroche-Joubert arpente la planète avec une soif insatiable de témoigner.
    Elle livre ici ce que ses reportages ne montrent pas : un regard, une sensibilité, une subjectivité. Ce n'est plus la journaliste qui parle mais la femme de terrain.
    Martine Laroche-Joubert revient sur ces missions qui l'ont forgée, mais aussi sur ses erreurs et ses regrets de reporter. Et c'est avec sincérité qu'elle interroge cette envie de l'action et cette passion de l'ailleurs qui l'ont toujours portée, malgré sa vie de famille et le danger inhérent à son métier.

  • Dans cet essai - qui se lit comme un roman -, le grand historien de la Révolution désensorcelle la sorcière : il la réhabilite, en montrant qu'elle n'est que le résultat d'une époque. Dans la société féodale du Moyen Âge, elle est l'expression du désespoir du peuple. À travers la sorcière, c'est à la femme que Michelet s'intéresse : elle dont la servitude absolue la conduit à transgresser les règles établies par l'Église et le pouvoir. Il met en avant sa féminité, son humanité, son innocence : ce par quoi elle subvertit tout discours visant à la cerner. En l'arrachant aux terrifiants manuels d'Inquisition et aux insupportables comptes rendus de procès, en faisant sentir ce qu'il y a d'insaisissable dans la figure de la sorcière, il la rend à sa dimension poétique.

  • « Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans les voyages que j'ai fait à pied », écrivait Jean-Jacques Rousseau. Il fut le seul écrivain randonneur à avoir imaginé une écritoire portative qui lui permette d'écrire tout en marchant, mais pas le seul à avoir nourri sa pensée en mettant un pied devant l'autre, loin de là.
    De Pétrarque jusqu'à Jim Harrison en passant par Flaubert, Rimbaud, Proust, Colette, Simone de Beauvoir, Jacques Lacarrière... tous ont écrit des pages inoubliables sur cette expérience qu'ils ont eue en commun avec tous les amateurs de randonnée.

  • « Le Paris où j'ai vécu et que j'arpente dans mes livres n'existe plus, déclare Modiano au Nouvel Observateur en 2007. Je n'écris que pour le retrouver. Ce n'est pas de la nostalgie, je ne regrette pas du tout ce qui était avant. C'est simplement que j'ai fait de Paris ma ville intérieure, une cité onirique, intemporelle où les époques se superposent... » Ses premiers romans mettent en scène le Paris de l'Occupation, une période que l'auteur considère comme sa « nuit originelle », peuplée d'officines de marché noir, de boîtes de nuits, de gestapistes et hantée par la figure du père. Suit le Paris sombre et menaçant des années 1960 et de la fin de la guerre d'Algérie.
    Depuis, les rues de Paris ont considérablement changé. Au flou des décors s'ajoute l'absence de pesanteur des personnages : en quête de quelque chose ou de quelqu'un, ils sont souvent en fuite, évoluant dans des lieux de passage (halls, salles de cinéma, cafés, chambres d'hôtels meublés...), cherchant à se faire oublier, à « brouiller les pistes », à s'éloigner du centre pour gagner des « zones neutres » promettant « une certaine impunité » : par exemple, à Montmartre, à Auteuil, aux confins du quatorzième arrondissement...
    Grand maître des illusions et des enquêtes inabouties, géomètre expert, Modiano fait de Paris un immense jeu de piste spatial et temporel.

  • Pour les Français, la guerre d'Espagne fut cruelle, fratricide, mais ils en ignorent bien souvent les ressorts, les acteurs et les souffrances endurées jusqu'à nos jours par une partie du pays. L'originalité de cet ouvrage est de remonter le fil de cette longue histoire, surtout à travers de nombreux chemins buissonniers et inédits : l'incroyable mallette mexicaine, opération oranges contre tungstène, l'or disparu de la Banque d'Espagne, l'hôpital rouge de Toulouse, le stupéfiant souterrain des prisonniers, les enfants volés, l'ambassadeur-chasseur de réfugiés en France...
    A l'image de ces histoires, cet ouvrage réunit de nombreux récits captivants qui retracent des aventures et des parcours peu connus de personnages marquants de la guerre civile espagnole. De 1931 à nos jours, cet ouvrage passionnant s'appuie sur des témoignages, des archives, des sources historiques originales... que l'auteur, d'origine espagnole, a dénichés et accumulés depuis des années. Un livre remarquable qui fera date.

  • Première Partie.

    Incipit Hitler (Extraits).
    Incipit Hitler (Auszüge).

    « Ainsi, je suis dans l'incapacité de me souvenir quand j'ai entendu pour la première fois le nom d'Hitler, [...] le nom de l'homme qui a entraîné le plus de malheurs pour notre monde qu'aucun autre au cours de l'histoire. » Deuxième Partie.

    L'Agonie de la paix (Extraits).
    Die Agonie des Friedens (Auszüge).

    « Il ne m'a été d'aucune aide d'avoir entraîné mon coeur durant presque un demi-siècle à battre au rythme universel d'un «citoyen du monde». Non, le jour où l'on m'a retiré mon passeport, j'ai découvert, à 58 ans, qu'en perdant sa patrie, on perd bien davantage qu'un petit coin de terre délimité par des frontières. » La série bilingue propose :
    - une traduction fidèle et intégrale, accompagnée de nombreuses notes ;
    - une méthode originale de perfectionnement par un contact direct avec les oeuvres d'auteurs étrangers.

  • Nommé en 1949 attaché de presse à l'ambassade de Sa Très Gracieuse Majesté britannique à Belgrade, Lawrence Durrell va y rester trois ans. Trois ans durant lesquels il observera tel un entomologiste le petit monde de la vie diplomatique. Tandis que la Yougoslavie tremble de peur sous la main de fer du maréchal Tito, les gaffes s'accumulent autour du narrateur : les coquilles foisonnent dans le Central Balkan Herald - un quotidien qui n'est jamais parvenu à rattraper un retard de vingt-quatre heures sur l'actualité -, le train des délégations étrangères se mue en convoi de la mort, la fête champêtre finit en naufrage, les repas cuisinés à l'ail virent à l'incident diplomatique...
    Dans ce bouquet de chroniques, il n'y a que du tordant, du loufoque et de l'impertinent. Et quand elle est britannique, l'impertinence est sans limites.

  • La bourgeoise Adélaïde, épouse hypocondriaque d'un scientifique du Jardin des plantes s'ennuie à mourir. Épouvantée par le choléra et les insurrections, elle se délecte du chocolat de Marquis et dévore la Gazette des tribunaux. Émilie la saint-simonienne se bat du haut de Ménilmontant pour faire émerger la cause féministe. Louise, marchande ambulante du centre de Paris, atteinte du choléra et soupçonnée d'avoir participé à l'insurrection, est soumise à l'interrogatoire de la police, du juge et du médecin. Lucie, la mystique en extase, jouit du corps du Christ et de celui de Marthe au fond sa cellule.
    Comment situer ce texte inclassable, oeuvre littéraire d'un historien, à mi-chemin entre le Martin Guerre de Natalie Zemon Davis, le Pierre Rivière de Foucault et la fresque romanesque ? « Tout est vrai, mais rien n'est vrai » nous dit Thomas Bouchet, historien talentueux du sensible et amoureux rigoureux de littérature. Ces femmes sont fictives, mais leur incarnation aux accents hyperréalistes se développe à travers l'usage minutieux des archives. Ce sont le corps et ses humeurs, l'expérience sexuelle, les maux de dents, le goût du chocolat ou celui de l'eau de vie dans les estaminets. L'éclat de réel du paysage avec la girafe du Jardin des Plantes, ces indigènes qui traversent le paysage et les faits divers. Mais le tour de force littéraire et politique réside aussi et surtout dans la voix des femmes. Toutes sont recluses, c'est leur condition, que ce soit dans « l'île » du Jardin des plantes, le couvent de la rue Neuve Sainte-Geneviève, la colline de Ménilmontant et la prison la vraie, Saint-Pélagie, pour Louise. Bouchet donne la parole aux femmes, alors que les hommes en sont privés. Chacune a un mode d'expression qui s'accorde avec sa condition : la bourgeoise a accès à la correspondance et se prête à des essais littéraires, pour la religieuse c'est le journal intime, pour la militante, le discours, la harangue, et la marchande, la plus précaire de toutes, parle à travers les minutes des interrogatoires.
    L'effet de réel est parfait.

  • À observer les troubles qui agitent les tribus libyennes de 2016 et persistent, hélas, à maintenir dans le pays une anarchie politique et religieuse extrêmement nocive, on ne peut s'empêcher d'y reconnaître comme en miroir la Libye du tout début du XIXe siècle, celle que les premiers voyageurs occidentaux redécouvrirent, souvent au péril de leur vie, après plusieurs siècles d'effacement. C'est dans le sillage de Jean-Raimond Pacho, grand explorateur, que Jean-Marie Blas de Roblès nous invite à parcourir les sites archéologiques parmi les plus importants au monde tels que Apollonia ou Leptis Magna.
    Construit autour de larges extraits du Récit de voyage de Jean-Raimond Pacho (publié en 1827), que l'auteur commente et met en perspective, cet ouvrage nous conduit au coeur des racines grecques et carthaginoises de la Libye.

  • La révolution chinoise, un des plus grands événements de l'histoire, est d'abord une révolution de paysans.

    "fanshen" est l'ouvrage fondamental permettant, à l'échelle d'un village au sud-est de pékin, de suivre cette révolution agraire qui devait être, dans la pensée marxiste, l'avant-garde de la révolution mondiale.
    Le fermier américain william hinton, installé en chine depuis mai 1945 suit, en ce document unique, un processus inéluctable : la chute d'une société millénaire. par un système de prêts et d'usure, elle aboutissait à la misère et à la famine.

    Ce livre, vraie chronique du moyen age, terrorise. c'est la révolte des gueux. violence que mao juge nécessaire.
    Hinton, envoyé par l'université de pékin en ce village de la longue courbe, se révèle un observateur irremplaçable.
    "fanshen ", un des plus grands titres de la collection terre humaine, est "le" livre sur le communisme chinois.

  • Georges Guingouin, à l'origine d'un des maquis du Limousin, a inspiré à Yann Fastier un récit polyphonique, tout en rapportant les grands moments de sa vie pendant la guerre, de l'armistice de 1940 à la libération de Limoges en 1944. Les différentes parties documentaires permettent de contextualiser ces événements et de compléter la lecture par une approche plus objective. Les illustrations en linogravures soulignent l'aspect héroïque et dramatique du récit. Une approche à la fois intimiste et historique de la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale.

  • C'est l'histoire d'un homme qui a grandi dans un petit village perdu au coeur de la forêt de Brocéliande. Un homme vivant chaque jour de sa vie comme si c'était le dernier. C'est l'histoire d'un homme aux mille facettes, photographe, bâtisseur, voyageur, et surtout amoureux fou de rock'n'roll et de vieilles bagnoles.
    Un chevalier des temps modernes venu secouer au tournant des années soixante et soixante-dix les torpeurs d'une ruralité endormie. Où l'on retrouve les charmes de la campagne bretonne, ses terrains de foot cabossés, ses bistrots où le temps n'existe plus, ses légendes immémoriales, comme le poids de traditions cisaillées par les riffs de Keith Richards ou les coups de baguettes telluriques de Keith Moon. C'est l'histoire (illustrée de photos de concerts millésimées et inédites) d'un homme épris d'émotions fortes et de liberté, disparu prématurément sous l'effet d'un cruel et funeste tour du destin. Et c'est aussi l'histoire d'un enfant qui, grâce à cet homme, devint lui-même épris de musiques, d'émotions fortes et de liberté.

  • « Ce récit n'est pas un roman ; l'imagination n'y tient aucune place ; c'est l'exposé sincère des heures sombres et parfois douloureuses que j'ai vécues de 1910 à 1912 au service de la France ».

    Le 3 décembre 1910, Charles Lux, chef du service de renseignements du gouvernement militaire de Belfort, est arrêté par la police allemande. Au terme d'un procès sévère, il est condamné pour espionnage à six ans de détention dans la forteresse de Glatz, véritable éperon rocheux d'où il semble impossible de s'évader. Mais c'est méconnaître l'opiniâtreté et l'ingéniosité de l'officier qui, très vite, trouve le moyen de communiquer avec les siens pour préparer sa fuite. Outre le désir de retrouver la liberté, Charles Lux est animé par la volonté de retrouver la France avant qu'il ne soit trop tard. Depuis son lieu de captivité, il ressent en effet toujours plus intensément les tensions entre les deux pays frontaliers et refuse d'être captif en Allemagne si un conflit doit éclater.

    L'évasion du capitaine Lux est le récit haletant d'une évasion exceptionnelle digne des plus grands romans d'aventure, il inspirera tous les passionnés d'espionnage.

  • Avec la découverte de l'Amérique naît la figure du sauvage. Pendant des siècles, elle va nourrir l'imaginaire occidental. Jean Talon nous raconte les rencontres vraies les plus surprenantes entre des voyageurs, explorateurs ou ethnographes et des populations encore intouchées par ce qu'on appelle la civilisation.

    Des rencontres pleines de farces et de malentendus réciproques, de la conquête espagnole de l'Amérique à Darwin, jusqu'au tourisme contemporain, où des populations censées être restées authentiques jouent leur propre rôle sous les flashes des appareils photo.

  • Ce recueil de courts « instantanés » sur le Goulag est la réédition d'un ouvrage publié en 2002 par Le Cherche Midi.

    Jacques Rossi (1909-2004), né d'une mère française et d'un père polonais, a grandi en Pologne. Entré très jeune au parti communiste, il accomplit des missions en Europe pour le Komintern (qui utilise ses talents de polyglotte), tout en suivant des études d'art et de langues orientales. En 1937, alors qu'il est agent de liaison en Espagne, il est convoqué à Moscou, où il est arrêté, condamné, et envoyé dans le camp de Norilsk. Il y reste jusqu'en 1958, puis est assigné à résidence à Samarkande, avant de retourner en Pologne où il enseigne le français pendant des années. Après plusieurs séjours aux États-Unis et au Japon, il se fixe en France en 1985 et obtient la nationalité française en 1990.
    Il est l'auteur d'un monumental Manuel du Goulag, véritable encyclopédie sur les camps (mise en place du système concentrationnaire soviétique, vie quotidienne des détenus, langue et folklore des camps, etc.), publié en russe en 1987 et traduit en français en 1997, ainsi que du recueil de récits Qu'elle était belle cette utopie !
    Durant les dernières années de sa vie, Jacques Rossi a donné de multiples conférences dans des cadres divers, y compris scolaires, et dans divers pays. Des émissions de télévision et de radio lui ont été consacrées en France et en Allemagne.
    L'oeuvre de Jacques Rossi occupe une place importante dans la littérature sur le système concentrationnaire communiste.

    Écrits dans une langue sobre, mais avec un humour décapant, ces textes constituent des témoignages irremplaçables sur les camps soviétiques par un intellectuel européen, communiste convaincu, qui découvre peu à peu qu'il s'est battu pour une utopie irréalisable.

  • Aldous Huxley a apporté au célèbre récit de la « possession » des Ursulines de Loudun, la puissance de son intelligence, une érudition immense, un humour très personnel. Il s'inspire d'événements réels et de personnages historiques. En 1634, l'abbé Urbain Grandier, chef politique et religieux de la ville fortifiée de Loudun, est accusé par les soeurs d'un couvent d'Ursulines de les avoir ensorcelées. Il sera condamné à être brulé vif. On trouve, dans ce livre, des réflexions attachantes sur la sorcellerie au XVIIe siècle, sur la psychologie occidentale avant Descartes, sur la nature de la « possession » diabolique, sur la pratique de la vie spirituelle. Les Diables de Loudun narre aussi, en même temps que le procès et le supplice d'Urbain Grandier, le destin du père Surin, élève du renommé père Lallemant, qui prônait alors aux jeunes jésuites une nouvelle spiritualité très austère, orientée sur le renoncement et la docilité au Saint-Esprit. Désigné comme exorciseur de la soeur Jeanne des Anges, il devint la victime du diable alors qu'il aurait dû en être le bourreau. Trop fragile, le père Surin ne supportera pas les séances d'exorcismes spectaculaires, ces cérémonies publiques qui durent des heures, où les curieux se pressent pour voir ces religieuses se laisser docilement attacher puis se livrer brusquement aux folles contorsions que leur inspire le diable. Il finit à son tour « possédé » par le Malin et côtoya vingt ans durant la folie. On y apprend aussi comment le père Surin passa les dernières années de sa vie en état de grâce, dans une véritable communion avec Dieu.

  • « Courir, dérouler. Ne plus être qu'une mécanique. Pour tenir jusqu'au bout. Dérouler ! Chez moi, ils ne m'appellent même plus Valérie, mais « la Gazelle » ! J'aime bien. Dérouler... Ne penser à rien d'autre que ça. Faire le vide et dérouler... » A 17 ans, Valérie est sur le point d'accomplir un de ses rêves les plus chers : terminer en bonne placer pour le marathon de Buenos Aires. Mais faire le vide n'est pas si simple. Au gré des kilomètres qu'elle engloutit, la jeune fille passe et repasse le film de ces dernières années... Elle pense à sa mère, dont elle fait la fierté, à son père, qu'elle n'a jamais connu, à son entraîneur, qui la pousse toujours à se dépasser, et à Dimitri, qui ne la regarde pas vraiment...

  • Consacré aux événements et aux personnages marquants de l'histoire de la Méditerranée au XIXe siècle, ce récit s'ouvre sur une bénédiction religieuse qui inaugure la saison de la sériciculture au Mont-Liban et se termine par deux événements symboliques qui concluent un périple historique entre les deux rives de la Méditerranée : la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956 et le retour des cendres de Lady Esther Stanhope en 2004 au Liban. Un récit historique sans équivalent, dans sa forme et dans son propos. Ni fiction, ni chronique historique, il garde de l'une un sens narratif aigu et de l'autre la densité de la trame documentaire.

    Traduit de l'arabe par Nathalie Bontemps et Marianne Babut.

  • Alors que près de 500 kilomètres séparent les départements de la Moselle et de la Vienne, un lien indéfectible unit ces deux départements. Ce lien est à la fois le fruit de l'Histoire - celle, tragique, de l'automne 1939 - et de la somme de toutes les histoires personnelles de ces milliers d'évacués qui ont trouvé refuge dans la Vienne. Ces hommes et ces femmes qui n'avaient pas choisi de venir à la rencontre de nos familles poitevines, ont su dépasser leur condition pour créer plus que des liens de solidarité : de la tendresse et de l'amitié. Ce livre commémore donc un pan de l'histoire traumatisante avec d'un côté des habitants obligés de laisser tout ce qui faisait leur vie, leur quotidien. De l'autre des habitants contraints de les accueillir dans la précipitation, sans réelle préparation. Rassemblés dans la guerre, Mosellans et Poitevins partagèrent nourriture et maisons. Encore aujourd'hui, de nombreux Mosellans estiment que les Poitevins leur ont apportés bien plus que du pain et un toit mais bel et bien de la bienveillance, de l'empathie, de l'amitié.

  • 12 juillet 1944. Des rafales de mitraillettes brisent le silence de l'aube dans une ferme du Morbihan. André Gondet, 23 ans, s'écroule sous les balles au milieu de ses camarades résistants. Ce sanglant épisode marque les habitants des environs au fer rouge.
    Dans la famille Gondet, la douleur serre la gorge et scelle les lèvres. La souffrance est aussi vive que silencieuse.
    Soixante-dix ans plus tard, André n'est plus qu'un nom sur un monument aux morts. De lui, il reste seulement un portrait dans un vieux cadre accroché sur un mur de la maison familiale.
    Une photo qui finit par attirer le regard et la curiosité de l'une de ses petites-nièces.
    Qui était cet homme dont son grand-père ne prononçait pas le nom ? Quel était son combat ? Par quoi était-il animé ?

  • En août 1914, lors de la déclaration de guerre, Eugène Carrias, âgé de 19ans, préparait Saint-Cyr au lycée de Nîmes. Nommé sous-lieutenant cinq mois plus tard, il était affecté en janvier 1915 au 164e régiment d'infanterie à Verdun et participait avec celui-ci à différentes actions autour de cette place, au bois d'Herbebois, aux Éparges, à Bethincourt età Charny. Le 21 février 1916, lors de la grande attaque allemande sur Verdun, il occupait avec sa section le bois d'Herbebois, en première ligne. Il y subissait ainsi le plus violent bombardement alors connu. Grièvement blessé le 23 février, il était amputé de l'avant-bras gauche après une évacuation difficile. Eugène Carrias poursuivra sa carrière militaire et rédigera plusieurs ouvrages de stratégie militaire, dont L'Armée allemande (Berger-Levrault, 1938), La pensée militaire allemande (PUF, 1948), Le danger allemand (PUF, 1952), La pensée militaire française (PUF, 1960). Il mourra à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) en 1961. Rédigés à partir de ses carnets de guerre, les Souvenirs de Verdun sont le récit des dix-neuf mois de guerre vécus par le très jeune officier qu'il était.

  • Jean-Daniel Coudein, officier de marine de la première moitié du XIXe siècle, doit certainement sa notoriété à l'épisode du radeau de la Méduse, et à son génial metteur en scène, Géricault. Il fit pourtant une carrière complète et honorable dans la Royale, commencée à l'âge de dix ans comme mousse, sous le Consulat, terminée au début du Second Empire, capitaine de vaisseau et major du port de Rochefort.
    La biographie de Didier Jung est de fait la première consacrée à Jean-Daniel Coudein. L'auteur fait la part belle au pays qui l'a vu naître. La Tremblade, dans le pays d'Arvert, est un berceau de marins depuis des siècles, pour la pêche, le commerce, la marine de guerre, sans oublier la course. Coudein a de nombreux officiers et commandants de bord parmi ses ancêtres. Dont son père, qui le prend avec lui comme mousse en 1803. Les Coudein sont également représentatifs de leur région car c'est une vieille famille de protestants.
    Profondément ancrée dans la Saintonge maritime, l'histoire de Jean-Daniel Coudein a rejoint l'histoire nationale par le destin qui le conduisit à commander le fameux radeau de la Méduse.

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