Pamphlet, Maximes, Pensées, Portraits

  • « Bagarre : En Bretagne, jadis, il y avait des bagarres de bistrot assez marrantes. C'était du rugby sans arbitre.
    Oisiveté : J'adore. J'ai des rendez-vous avec moi. Je peux faire des kilomètres (des miles) pour aller retrouver une lumière, seulement une lumière, rien qu'une lumière. » Tour à tour poète, critique, humoriste, moraliste, Olivier de Kersauson se dévoile à travers ce dictionnaire très personnel, posant un regard sans détour sur notre époque, sur son enfance, ses désirs et ses rêves, en essayiste et en conteur. Ses écrits évoquent un monde complètement disparu et dessinent la philosophie d'un aventurier, libre dans tous les sens du terme.

  • Une trentaine de textes brefs qui déclinent ces petits riens de la vie quotidienne, véritables moments de bonheur indicibles. De la cueillette des mûres, au plaisir sans complexe de savourer un banana-split, en passant par la magie colorée des kaléidoscopes ou l'épluchage subtil des petits pois.

  • Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d'une cause menace et veut censurer parce qu'il se dit « offensé ». Souvent, le procès est mené en criant à l'« appropriation culturelle », ce nouveau blasphème.
    Au Canada, des étudiants réclament la suppression d'un cours de yoga pour ne pas risquer de « s'approprier » la culture indienne. Aux États-Unis, des étudiants s'offusquent aux moindres contradictions, qu'ils considèrent comme des « micro-agressions », exigent des safe spaces, dans lesquels on apprend à fuir le débat et l'altérité. La France elle-même n'y échappe pas, où des groupes tentent d'interdire des expositions ou des pièces de théâtre... souvent antiracistes !
    Ce livre propose une autre voie, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l'hommage, tout en continuant à penser et à se parler.

  • Une vie dans les mots ; conversations avec I.B. Siegumfeldt Nouv.

    À travers cet entretien en forme de dialogue ouvert, le lecteur est invité à revisiter l'univers des fictions de Paul Auster dont il découvrira des aspects inédits. Un ouvrage indispensable pour les nombreux lecteurs de l'oeuvre singulière et exceptionnelle du grand écrivain américain.

  • « Matin de printemps - / mon ombre aussi / déborde de vie ! ».

    Bashô, Buson, Issa, Chiyo-ni, Ryôkan, Shiki, Sôseki... Autant de grandes plumes japonaises réunies dans ce recueil de haikus. Un recueil où éclosent, dans la brièveté d'usage de cette forme, quelques superbes épiphanies propres aux deux belles saisons : le printemps et l'été.

    Plus de 200 poèmes-tableaux, où se croisent, aux lisières de l'invisible, cerisiers en fleur, nuits d'été et autres pluies printanières.

  • Comment faire carrière dans les grandes administrations Nouv.

    Lorsque il publie ce pamphlet (1959) sous le pseudonyme de Libero Poverelli, Giorgio Voghera est encore employé dans une grande compagnie d'assurance, la RAS.
    Entre ironie et faux cynisme, il analyse la mutation, dans les années d'après-guerre, du management des grandes entreprises et administrations : concentration du pouvoir, déresponsabilisation et désolidarisation des employés...
    Un système vertical où se perdent connaissances et capacités décisionnelles, les plus haut placés étant submergés par un sentiment d'incompétence tandis que les subordonnés sont réduits au rôle de courtisan.
    Le dénouement, corrosif, réglera définitivement la question posée par ce texte mordant : «Pourquoi vouloir faire carrière ?»

  • Réédition en poche de ce livre d'entretiens avec cette sociologue, féministe et écrivaine exilée en France, une des plus grandes intellectuelles turques contemporaines avec Asli Erdogan. Elle revient sur son parcours, ses engagements auprès des minorités et son soutien à diverses contestations. Elle témoigne surtout de son désir de décloisonner les luttes et d'élargir les coopérations au-delà des frontières.

  • « Est criminel tout ce qui a pour effet de déraciner un être humain ou d'empêcher qu'il ne prenne racine. » 1942. Résistante, Simone Weil est à Londres, rédactrice au service de la « France Libre ». C'est alors qu'elle écrit, pour l'après-guerre, plusieurs textes ayant vocation à préparer la refondation du pays.
    Parmi eux, Étude pour une déclaration des obligations envers l'être humain et Luttons-nous pour la justice ? Suivra, au début de l'année suivante, La personne et le sacré. Trois textes que guident, phares en ces temps sombres, les idées de consentement, de beauté et de communauté humaine. » Un triptyque tout entier imbriqué à la grande oeuvre tardive et inachevée de Simone Weil : L'enracinement.

  • Enki Bilal pense que l'Homme est un accident tragique dans l'histoire de la Terre, que la destruction écologique est inévitable et, avec elle, l'extinction de notre espèce. C'est cette angoisse que l'artiste a su transformer, magnifier pour créer un univers foisonnant et déglingué qui a marqué des générations entières et dont l'aura ne faiblit pas. Ni biographie empathique, ni tentative d'explication de ses oeuvres, L'Homme est un accident révèle un Enki Bilal que l'on ne connaissait pas.
    Non plus seulement artiste de l'imaginaire qui a fait du futur le combustible de sa créativité, mais le lanceur d'alerte concerné par les problèmes de son temps. Pourquoi le progrès technologique s'avère-t-il aussi synonyme de régression intellectuelle ? L'homme est-il mauvais par nature ? Y-a-t-il quand même lieu d'espérer ? Que léguer aux générations futures ? ... Aiguillonné par Adrien Rivierre, spécialiste de la mise en récit, l'artiste s'exprime avec beaucoup de liberté et de sincérité.
    Il confie sa quête personnelle de sens, l'importance qu'il accorde au doute et à la dérision, sa tentative pour tendre vers un état de sagesse. Peu importe que l'on soit d'accord, ses propos férocement lucides, font mouche, ils entrent en résonance avec nos propres angoisses. Loin de toute résignation, ce livre est un appel à sortir de notre sommeil de funambules.

  • Stéphane De Groodt se livre à une série de traits d'esprit métaphoriques, sous forme de dédicaces et de pensées fugaces. En parfait jongleur de mots, il s'adonne avec un plaisir non dissimulé à des jeux de mots aussi facétieux que poétiques. On y retrouve tout l'esprit et la verve des chroniques télévisées qui l'ont rendu célèbre.

  • « Je sais que notre peuple possédait des pouvoirs remarquables de concentration et d'abstraction, et je me demande parfois si le fait d'être aussi proche de la nature, tel que je l'ai décrit, garde l'esprit sensible aux impressions peu communément ressenties, et en contact avec les pouvoirs invisibles. » Dans la lignée du grand photographe Edward S. Curtis, T. C. McLuhan réunit ici plus de cinquante voix et écrits d'Indiens d'Amérique du Nord. Autant de textes d'une infinie richesse, et aux échos féconds pour notre temps.

  • «Relever le lustre et le privilège des dames, opprimés par la tyrannie des hommes, de les combattre plutôt par eux-mêmes, c'est-à-dire par les sentences des plus illustres esprits de leur sexe profanes et saints, et par l'autorité même de Dieu», voilà résumée en partie l'ambition de Marie de Gournay (1565-1645). Car, si elle défend la position des femmes, qu'elle veut à l'égal des hommes, et si elle réclame pour elles un accès au savoir et aux débats intellectuels, elle dénonce aussi la superficialité de la haute société qui l'entoure. «Fille d'alliance» de Montaigne et éditrice de ses Essais, Marie de Gournay puise, chez les Anciens comme chez ses contemporains, son inspiration pour de nouveaux modèles de moralité.

    Un plaidoyer humaniste en faveur de l'éducation des femmes placé au coeur d'une profonde réflexion et d'une indéniable vocation pédagogique consacrées à la moralisation de la société.

  • « L'histoire d'un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l'histoire de l'infini. » « La source », « Le torrent de la montagne », « Les rives et les îlots », « Le cycle des eaux »... De chapitre en chapitre, suivant « les sinuosités et les remous » d'un ruisseau, depuis le ru jusqu'à la mer, Reclus ouvre le précis de géographie et le métamorphose, au fil de l'eau, en un singulier écrit d'écologie poétique.

    Dans cette édition abrégée, se trouvent dix fragments d'une seule histoire : celle de l'Histoire d'un ruisseau d'Élisée Reclus (1830-1905), géographe arpenteur, communard exilé et figure pionnière d'une pensée écologique où se confondent connaissance de la nature et quête ardente de la liberté.

  • « Tout le monde, mon frère Gallion, veut une vie heureuse ; mais, lorsqu'il s'agit de voir clairement ce qui la rend telle, c'est le plein brouillard. Ainsi n'est-ce point facile d'atteindre la vie heureuse ; on s'en éloigne d'autant plus qu'on s'y porte avec plus d'ardeur, quand on s'est trompé de chemin ; que celui-ci nous conduise en sens contraire et notre élan même augmente la distance. Il faut donc d'abord bien poser ce qui est l'objet de notre désir, puis examiner avec soin comment nous pourrions le plus rapidement nous diriger vers lui... » Deux textes phares du stoïcisme impérial.

  • Essai sur l'art de ramper, à l'usage des courtisans Nouv.

    D'Holbach fait ici l'apologie de l'art singulier de ramper, nécessaire au maintien du courtisan dans la Cour du Roi. Art du maintien, de la bonne façade et du savoir-vivre hypocrite, ramper est une manoeuvre subtile, fondée sur l'abnégation. D'Holbach moque l'intelligence des conventions sociales, tissées d'hypocrisie et d'arrivisme. Car c'est n'avoir que peu d'orgueil et de passion que de devoir revêtir le costume de l'hypocrite pour, au fond, conforter le pouvoir des puissants. La position de l'auteur à l'égard de ces courtisans n'a d'égale que celle des courtisans face à leurs pairs et à leur maître. En décrivant les masques dont doit se revêtir le courtisan, d'Holbach met bas les mécanismes mêmes de la dissimulation et de la pantomime.

  • « La montagne est devenue mon véritable topos : je m'y sens à l'aise et parfaitement libre, ce qui est paradoxal, car c'est par nature un monde de contraintes. Je m'y sens chez moi et, qui plus est, en sécurité, ce qui constitue un autre paradoxe ».

    Depuis un séjour à Chamonix, à vingt ans, où il a ressenti « l'aspiration par le mouvement vertical des cimes » chère à Gaston Bachelard, Étienne Klein nourrit une passion profonde pour la montagne. De la Corse à l'Annapurna, en passant par le Hoggar et les Alpes, il a pratiqué randonnée, alpinisme et, depuis quelques années, s'adonne au trail. Espace de beauté et de liberté, la montagne est pour lui un révélateur des êtres, de l'amitié et de la solidarité.
    Les questions jaillissent alors chez l'homme de sciences : quelles sont les ressources du corps, quels sont ses liens avec l'esprit ? Gravir les parois est une manière d'étudier une notion physique, mais aussi métaphysique : le vide.

  • éloge de rien Nouv.

    Genre littéraire initialement associé à l'oraison funèbre, l'éloge n'est ici dédié à Rien. Oui bien est-il rédigé pour Rien. Ne glorifiant que le Rien, cet ouvrage défie le ton grave et solennel, cultive à plaisir les paradoxes. En ne chantant les louanges de Rien, l'auteur célèbre tout et Rien. Ce panégyrique pour le moins flatteur à l'adresse du vide et de l'absence offre l'occasion d'un morceau remarquable de rhétorique :
    Rien est la plus belle des oeuvres poétiques, parce qu'est-ce qui est plus beau que l'Iliade ? Rien. Saisissant éloge du néant, réflexion métaphysique digne des plus grands philosophes pessimistes, déconstruction de la logique dans la lignée d'Agrippa et de Rabelais, Éloge de rien s'ouvre sur une dédicace sarcastique À Personne, petit chef d'oeuvre d'humour noir.

  • Les textes de Henry D. Thoreau restent souvent dans la mémoire par des formules concises, paradoxales et percutantes, destinées à provoquer la réflexion. Le choix d'extraits sélectionnés par Michel Granger dans les Essais, Walden et le Journal s'applique à fournir un contexte qui révèle tout leur sens. Cet ouvrage vise à rendre compte de la diversité et de l'originalité de la pensée de Thoreau à travers les thématiques qui lui sont chères comme l'économie de la vie, son art de vivre, qu'il décrit dans un style incisif, et aussi et avant tout la nature, partie intégrante de son existence, pour laquelle l'écrivain laisse libre cours à son émerveillement.

  • Publiés en 1904, ces aphorismes sont l'exact reflet de la pensée d'Oscar Wilde. Feu d'artifice de mots d'esprit, ils disent tous les paradoxes d'un écrivain de génie qui n'a rien perdu de son caractère scandaleux.
    Né à Dublin en 1854, Oscar Wilde, esthète et dandy à l'esprit brillant, est l'auteur notamment du Portrait de Dorian Gray.
    Il meurt en 1900, déchu et ruiné, à Paris.

    Ses Aphorismes, joyeusement cyniques, disent tous les paradoxes d'un auteur de génie qui n'a rien perdu de son caractère scandaleux.

    « Une seule chose au monde est pire que de savoir qu'on parle de vous, savoir qu'on ne parle pas de vous. »

  • «Il y a dans les afflictions diverses sortes d'hypocrisie. Dans l'une, sous prétexte de pleurer la perte d'une personne qui nous est chère, nous nous pleurons nous-mêmes ; nous regrettons la bonne opinion qu'il avait de nous ; nous pleurons la diminution de notre bien, de notre plaisir, de notre considération. Ainsi les morts ont l'honneur des larmes qui ne coulent que pour les vivants... Il y a une autre espèce de larmes qui n'ont que de petites sources qui coulent et se tarissent facilement : on pleure pour avoir la réputation d'être tendre, on pleure pour être plaint, on pleure pour être pleuré ; enfin on pleure pour éviter la honte de ne pleurer pas.»

  • Écrit en 1939, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, «Cicéron» occupe une place très importante dans l'oeuvre de Stefan Zweig. Dans ce récit, resté inédit en allemand et en français durant plusieurs décennies, l'écrivain autrichien évoque les combats, en vain, du célèbre auteur romain durant les dernières années de sa vie pour sauver la République face à l'avènement de la dictature. Au croisement de la nouvelle et de la biographie, se dessine en filigrane l'histoire de Zweig. Sous sa plume, Cicéron devient le symbole universel de la lutte de l'humanisme contre la dictature, et des multiples formes de résistance que l'homme de lettres - par l'esprit, la parole et la plume - peut opposer à la violence du pouvoir.
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  • "En lisant et relisant Oscar Wilde au cours des années, je me suis aperçu de quelque chose qui semble avoir échappé à tous ses admirateurs : Wilde a toujours raison. Oscar Wilde fait partie de ces écrivains privilégiés qui existent sans avoir besoin de l'approbation des critiques, ni même de celles des lecteurs. Le plaisir que nous tirons de sa compagnie est irrésistible et constant." (Jorge Luis Borges) Ces textes, qui constituent une sorte de bréviaire d'Oscar Wilde critique, sont présentés dans la traduction historique de Jules Cantel qu'avait autorisée l'auteur lui-même.

  • Le parti pris de cette sélection établie par Michel Granger a été de privilégier l'originalité et la radicalité de ce philosophe transcendantaliste : une critique impitoyable de la société du milieu du XIXe siècle américain, alliée à des propositions pour un autre mode de vie plus respectueux de la nature et de la vie de l'esprit. Thoreau n'est pas un penseur tiède, conformiste ; son point de vue inédit peut servir à analyser les travers de notre époque : il exprime une pensée qui se veut « débridée » - à ne pas confondre avec la décomplexion néolibérale actuelle - et il s'efforce de provoquer la réflexion, d'ébranler les certitudes, de rompre avec la tradition, d'éveiller les consciences. Une anthologie de passages essentiels pour comprendre la pensée forte de Thoreau.

  • La voie de la non-violence n'est pas seulement l'apanage des saints et des sages, mais aussi bien de tous les autres hommes. «La non- violence est la loi de notre espèce, comme la violence est la loi de la brute. L'esprit somnole chez la brute qui ne connaît pour toute loi que celle de la force physique. La dignité de l'homme exige d'obéir à une loi supérieure : à la force de l'esprit.» Dans l'histoire de l'humanité, Gandhi est le premier à avoir étendu le principe de la non-violence du plan individuel au plan social et politique.

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