Arlea

  • Glané au cours de nombreuses lectures, le butin ici rassemblé se présente en chapitres qui embrassent la foisonnante variété des essais.
    Chacun, à son tour, peut y récolter son miel, ou, mieux, l'élaborer à partir de sa cueillette, comme montaigne l'écrit joliment des abeilles : " [elles] pillottent deçà delà les fleurs, mais elles en font après le miel, qui est tout leur ; ce n'est plus thym ni marjolaine. " cette anthologie aura atteint son but si, après qu'ils l'auront lue, quelques lecteurs, séduits par la pertinence, l'humour et la modernité du discours, osent se lancer dans la lecture des essais afin d'approfondir la connaissance de l'homme qui a eu le constant souci de se peindre, et, se peignant, a peint l'homme universel comme nul ne l'avait fait avant lui, ni ne le fit après.
    On trouvera également en fin de volume une traduction des sentences grecques et latines que montaigne avait fait peindre sur les solives de sa bibliothèque.

  • Ce volume, qui, avec Les Essais, représente les oeuvres complètes de Montaigne, se compose de quatre parties - le Journal de voyage en Italie par l'Allemagne et la Suisse, les trente-huit Lettres qui nous sont parvenues, les Notes de Montaigne sur les Éphémérides de Beuther (sorte de Journal de raison, sous forme de calendrier perpétuel sur lequel et les Sentences qu'il fit peindre sur les solives de sa bibliothèque.
    Un ensemble transcrit dans une orthographe moderne, de lecture aisée, et que, le moment venu, nous assembleront avec Les Essais dans un emboîtage.

  • " c'est ici un livre de bonne foi, lecteur.
    Il t'avertit dès l'entrée que je ne m'y suis proposé aucune fin que domestique et privée. je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver certains traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive la connaissance qu'ils ont eue de moi.
    Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention [effort] ni artifice car c'est moi que je peins. mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve [naturelle], autant que la révérence publique me l'a permis. que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier et tout nu.
    Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. adieu donc. " de montaigne, ce 1er de mars 1580.

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  • Qu'a fait l'action génitale aux hommes, si naturelle, si nécessaire et si juste, pour n'oser en parler sans vergogne et pour l'exclure des propos sérieux et réglés ? Nous prononçons hardiment : tuer, dérober, trahir, et cela, nous n'oserions qu'entre les dents ? Dans le troisième livre des Essais, et particulièrement au chapitre 5, " Sur des vers de Virgile ", Montaigne se peint presque " tout entier et tout nu ". C'est là en effet qu'il aborde ses rapports avec les femmes, le mariage, et la sexualité en général. Contraint par l'âge de dire adieu, non sans un regret douloureux, au commerce des dames - qu'il a toujours aimé " un peu privé " -, conscient que l'amour n'est " proprement et naturellement en sa saison qu'en l'âge voisin de l'enfance ", Montaigne refuse le ridicule du vieillard amoureux. Avec une honnêteté rare et un ton d'une modernité frappante pour un homme du XVIe siècle, il s'élève contre l'injustice des jugements masculins, reconnaissant aux deux sexes les mêmes défauts. On verra que ses vues sur le mariage et l'amour peuvent éclairer certains problèmes qui demeurent actuels au XXIe siècle.

  • Dans l'avertissement au lecteur des Essais, Montaigne nous prévient qu'il est lui-même la matière de son livre.
    Cet aveu se trouve superbement confirmé dans le dernier chapitre, "De l'expérience". Dans cet autoportrait apparemment décousu, où il extrait de la vie quotidienne, de ses lectures et de ses sensations, autant de leçons dont il souhaite, sans y mettre ambition, que ses lecteurs tirent quelque profit, Montaigne nous suggère d'employer l'expérience quand la raison nous fait défaut. Cette conclusion, qui souligne la brûlante actualité de la pensée de Montaigne, est aussi, paradoxalement, la meilleure "introduction" à la lecture des Essais.

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