• 1962. La famille de Simon déménage. Elle quitte le nord de Paris pour s'installer à une vingtaine de kilomètres, à Champigny-sur-Marne. Tout le monde est déjà parti mais il reste à faire bouger Mémé. La grand-mère tout juste arrivée d'Algérie refuse catégoriquement de monter dans une voiture, un bus ou un métro. Elle veut marcher, un point c'est tout. Simon, son petit-fils, se voit chargé de l'accompagner à travers la capitale et la proche banlieue. En chemin, Mémé va de découverte en découverte. «T'y as vu celle-là... la jupe courte qu'elle porte et serrée... et çui-là, comme ça y dort ? Ici par terre ?
    C'est pas possible ma mère... Qu'est-ce qu'on peut voir ici en France ! » Cette histoire vraie s'est passée il y a près de cinquante ans. Pourtant, elle est toujours d'actualité. C'est, sans doute, ce qui a fait de ce livre un classique de la littérature jeunesse que l'école des loisirs a choisi de rééditer.

  • « - Mais comment on va là-bas ? - En bateau ou en avion, on peut pas autrement, c'est la mer qu'elle nous sépare de la France, on peut autrement tu crois, on peut pas ! - Non ma fille, moi dans le bateau ou l'avion, jamais de la vie ! Mon coeur fendu en deux si je fais ça, impossible, je prends pas, ça suffit tout ça.- C'est pas possible maman, il faut qu'on trouve une solution ! » Quelle solution a-t-on imaginée pour que Mémé l'Étoile quitte l'Algérie et rejoigne le reste de la famille déjà « rapatriée » de Tlemcen en France ? Mémé accepte de retracer pour eux le long chemin de l'exil, mais à condition qu'on ne lui coupe pas la parole à tout bout de champ, sinon c'est plus le charme de raconter, d'accord ?

  • Personne n'a oublié le premier Pessah de Simon. Personne, sauf lui. C'était en 1951, à Tlemcen, en Algérie. Pour la première fois, Simon célébrait la Pâque juive avec ses parents. Il avait trois ans. Mais qui se souvient de ses trois ans  ?
    Des années plus tard, c'est donc Jeannette, sa mère, qui se charge de lui rafraîchir la mémoire.

  • Ce 28 octobre 1962 n'est pas un jour comme un autre. C'est l'anniversaire de Gil. Mais va-t-il pouvoir fêter ses quatorze ans comme prévu ? Tout est prêt, pourtant. Ses oncles, ses tantes, Mémé l'Étoile, Hanna et Salomon, ses grands-parents, ont tous été invités. Sa mère a choisi de cuisiner de la daurade au four et une salade d'artichauts à l'orange, ses deux plats préférés. Le gâteau a bien été commandé chez Mme Amiard. Alors, qu'est-ce qui cloche ? La situation internationale ! En ce dimanche 28 octobre 1962, la tension est extrême entre l'URSS et les États-Unis. Les Soviétiques ont installé leurs missiles sur Cuba ; les Américains menacent d'en découdre. Il y a risque de troisième guerre mondiale. À Champigny, Gil et sa famille sont suspendus aux nouvelles diffusées par le poste de radio. Les camarades communistes ont appelé à manifester devant l'ambassade américaine à Paris pour faire pression. La famille ira, ira pas ? Et l'anniversaire de Gil dans tout ça ? On verra.

  • Il a fallu faire le tour, dire au revoir à Grand-mère Hanna, aux oncles et aux tantes, à Rosette et son mari Edmond, à la cousine Josette et sa soeur Yvonne, sans oublier tous les autres. Alors, seulement, Simon et sa famille ont pu quitter l'Algérie et venir s'installer à Paris en 1956. Simon découvre un nouveau monde. Le métro aérien et la fête foraine, les premiers yaourts et l'odeur écoeurante de la cuisine au beurre, les colonies de vacances, et, surtout, la télévision « un cadre et y a un fil et c'est branché » qui diffuse en Eurovision les matchs de foot et les combats de catch « truqués, j'te dis » entre l'Ange noir et le Bourreau de Béthune...
    Six belles années plus tard, il faut songer à repartir, déménager en banlieue, à Champigny « chez les communistes ». Simon a 14 ans, une autre vie l'attend.

  • Soixante huit

    Gil Ben Aych

    D'abord relater l'expérience vécue d'un acteur comme un autre du mouvement général de critique de la société existante, du cours des choses d'alors. J'y étais et voilà ce que j'ai subi, fait, dit, entendu. C'était moi, c'était nous. Nous. Ensuite, j'ai voulu éviter les deux écueils d'un récit rétrospectif. Entre le reniement honteux et l'exaltation romantique, il y a place pour la lucidité sur les propos et le discernement quant aux actes.

  • " Le 15 septembre 1962, Simon découvrit la cour de récréation du collège d'enseignement général de Champigny-sur-Marne, rue Albert-Thomas.
    Parce que ses parents savaient qu'ils ne s'installeraient à Champigny qu'en janvier 1963, avenue de la République, ils décidèrent de l'y inscrire dès le premier trimestre, désireux de ne pas scinder l'année scolaire en deux établissements. C'est chez Hanna et Salomon, grands-parents maternels, rue Juliette-de-Wills, que Simon habiterait donc pour y effectuer les trois premiers mois de cette nouvelle scolarité campinoise.
    Gil Ben Aych, l'auteur du Voyage de Mémé et de L'Essuie-mains des pieds, poursuit ici son grand roman familial.
    La Découverte de l'amour et du passé simple évoque le moment où le jeune Simon et sa famille, qui ont définitivement quitté l'Algérie en 1956, s'installent à Champigny-sur-Marne, après sept années passées à Paris. Découverte de la France, de son langage et de ses moeurs, découverte de cette banlieue communiste si loin des oranges et des accents d'Algérie. Le récit, tout entier construit autour du goûter d'anniversaire des quatorze ans de Simon, fait connaître un collège, une ville avec ses commerçants, un appartement avec ses placards, une famille juive de là-bas exilée en France.
    Simon, premier volet du triptyque de cette Découverte (Simon et Biirble ; Simon et Peggy), est une tentative unique de narrer ce temps si subtil de l'adolescence.

  • Ce court texte invite à transposer la philosophie épicurienne du bonheur dans la pratique heureuse et concrète de l'enseignement de la philosophie. Il présente six remèdes, que l'humanité se serait administrés pendant sa préhistoire pour devenir historiquement humaine : le meurtre de la préhistoire (naturelle), la chaîne de l'esclavage, le sang du féodalisme, l'argent du capitalisme, l'intelligence du socialisme (fin de la préhistoire humaine), la jouissance du communisme.

  • J'avais vingt ans en 68, et j'aime me laisser dire que c'était le plus bel âge de la vie. Honneur aux barricades et aux soixante-huitards ! Je commençais mon journal, Au jour le jour, dont voici les extraits. C'est le journal d'un communiste, d'un révolutionnaire, d'un philosophe marxiste. J'affirme mes positions, j'en attaque d'autres, sérieusement. Je continue de penser, avec Marx, que : « La critique de la religion est la condition préliminaire de toute critique ». Et j'ajoute que la critique de la politique est la deuxième condition de toute critique, c'est-à-dire de toute philosophie, parce que la politique n'est que la continuation de la religion par d'autres moyens. Ces deux formes de critique trouvent leur fondement dans la critique de l'économie. Le tome I concerne les années 70 et s'intitule Les manuscrits de 1984. Le tome II concerne les années quatre-vingt et a pour titre Lettres au monde.

  • Les démêlés de l'auteur avec l'Inspection de philosophie et les théologiens de l'Enseignement le conduisent à critiquer la philosophie du droit, et quelques prêtres de l'asservissement (Fitoussi, Jospin, Weber, Allègre, et d'autres), confondus pour leur négation de l'histoire, leur culte du droit, leur religion politique. Puis, on analyse le dernier ouvrage de J. T. Desanti, on compare le texte de Marx et la lecture de Derrida; on explique pourquoi Althusser nie la négation de la négation et pourquoi Sartre remplace le néant par l'autre. On assiste aux cocasses confrontations entre la marxisme de l'auteur et celui du Parti.

  • La découverte de l'amour et du passé simple ; Simon Nouv.

    Saga sur l'immigration et l'installation d'une famille juive algérienne en France en 1956 jusqu'à la fin des années 1960. Le héros de l'histoire se nomme Simon. Il vient de Tlemcen, d'une culture orale où l'écrit est réservé à Dieu. Dans son appropriation progressive de la culture française, il s'éloigne au fur et à mesure de son passé, de ses couleurs, de ses accents. Véritable fresque de la France des années 1960, cette saga familiale à la fois drôle et tendre, arrache souvent des larmes.

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