Le Centre de diffusion 3D

  • Lorsqu'il est question de migrations humaines, spontanément nous pensons aux personnes qui, de par le monde, sont dans l'obligation de quitter leur pays pour un autre, considéré plus sécuritaire. Les raisons de ces migrations forcées sont multiples : politique, économique, ethnique, religieuse, voire de plus en plus climatique. Et même si la plupart de ces migrations existent depuis le développement des États-nations et l'apparition de nouvelles frontières, il nous faut admettre, comme le souligne Edward W. Saïd, que « notre époque a produit plus de réfugiés, de migrants, de personnes déplacées, d'exilés, qu'il n'y en a jamais eu dans l'histoire » (Culture et Impérialisme, Éd. Fayard, 2000, p. 459). Devant l'ampleur de ces déplacements obligés et pour contourner le marché lucratif des passeurs, Catherine Wihtol de Wenden, spécialiste des migrations internationales, plaide pour un droit de migrer, un droit à la mobilité, même si l'hospitalité n'est pas toujours au rendez-vous.

    Intitulé « Migrations_Frontières », ce dossier de la revue ESPACE art actuel propose des analyses de diverses pratiques artistiques pour qui la question de la migration, souvent associée à la notion de frontière, suscite d'une façon ou d'une autre un engagement. Contrairement aux données statistiques sur le phénomène migratoire, cette implication se présente sous forme de récits, de témoignages, mais aussi de productions d'objets symbolisant l'expérience exilique. Or, parfois, dans ces conditions, la migration peut être considérée d'un point de vue prometteur, à partir duquel on peut observer que ce phénomène bouscule certaines notions d'appartenance et de citoyenneté territoriales et qu'il ouvre la voie à l'invention de manières autres et plus justes d'être sur Terre.

    Le dossier comprend des textes de Michael Blum, Geneviève Chevalier, Bernard Lamarche, Chantal T. Paris et Bernard Schütze. Ces textes analysent les oeuvres des artistes Milutin Gubash, François Morelli, Tanja Ostojic, Adrian Paci, Gerald Machona, Nadia Seboussi, Raqs Media Collective et de l'événement inSite (avec les artiste Teddy Cruz, Mark Bradford, Judi Werthein, Erick Meyerberg). Pour compléter ce dossier, vous pourrez lire un entretien avec l'artiste d'origine coréenne, vivant à Chicago, Aram Han Sifuentes et dans la section « Événement », un article de Gauthier Lesturgie qui présente l'exposition «Wir sind alle Berliner : 1884-2014», laquelle célèbre le 130e anniversaire de la rencontre de Berlin où quatorze pays d'Europe se sont partagés l'Afrique en vue de l'exploitation de ses ressources.

    Dans cette édition de 120 pages, vous aurez aussi le plaisir de lire des comptes rendus d'exposition signés Julie Alary Lavallée, Ariane Belisle, Philippe Boissonnet, Gabrielle Desgagné-Duclos, Edwin Janzen, Julie Hétue, Lilly Koltun, Annie Lafleur, Éric Legendre, Marie-Hélène Lemaire, Bénédicte Ramade et Laurent Vernet. Leur texte porte sur les oeuvres des artistes Ingrid Bachman, Catherine Bolduc, Patrick Coutu, Elena Damiani, Jeremy Deller, Hans Haacke, Isaac Julien, Allyson Moore et Arthur Desmarteaux, Jennifer Macklem, Vesna Perunovich, Taryn Simon, Public Studio, Yinka Shonibare MBE, Robert Therrien, Chih-Chien Wang, etc.

    Enfin, une nouvelle section, consacrée à des courts essais se trouve dans ce numéro 111. Pour inaugurer cette section, Dominique Sirois-Rouleau propose une réflexion ayant pour objet une action « hors les murs » de l'artiste Joshua Schwebel.

  • En ce début du XXIe siècle, les enjeux que soulève l'écologie s'ouvrent sur un véritable champ de bataille. La rumeur selon laquelle André Malraux affirmait que ce siècle serait religieux ou ne sera pas semble peu crédible dès lors que les décisions à prendre pour le bien-être de l'humanité portent sur nos devoirs envers les générations futures. Mais qu'en est-il sur le plan artistique ? Souvent les artistes se retrouvent dans des consensus visuels ou plastiques indexant la forme à « la mission » écologique. Leçon de chose, démonstration mimant le laboratoire ou les stratégies de l'enquête de terrain, implication citoyenne, dénonciation militante, sauvetages environnementaux, les oeuvres courent toujours le risque d'une univocité. Elles conduisent à penser de façon « écologiquement correct » sans que cela soit pour autant artistiquement intéressant. Coincées entre ces paradoxes, les pratiques de l'écologie peinent à trouver leur forme. Ce dossier de la revue ESPACE art actuel tente non pas d'y remédier, mais de soulever le problème dès lors que la thématique nécessairement oscille entre des enjeux éthiques et esthétiques.
    Le dossier Formes de l'écologie / Forms of Ecology comprend six textes rédigés par des historiennes et critiques d'art du Québec et du Canada (Caitlin Chaisson, Caroline Loncol Daigneault, Pamela McKenzie, Gentiane Bélanger, Christine Ross, et Bénédicte Ramade). Ces textes abordent différentes problématiques soulevées par des pratiques artistiques associées à une conscience écologique. La section « Espace public et pratiques urbaines » complète ce dossier avec un texte d'Isabelle Hermann sur les actions de l'artiste argentin Nicolás Uriburu.
    Dans cette édition de 120 pages, vous aurez aussi le plaisir de lire des textes signés Julie Alary Lavallée, Patricia Aubé, Adam Barbu, François Chalifour, Ariane De Blois, Sabrina Desjardins, Cynthia Fecteau, Thierry Laberge, Ariane Lemieux, Gauthier Lesturgie, Josianne Poirier et Marie Perrault. Leurs contributions portent sur les oeuvres d'artistes tels que David Altmejd, Mathieu Beauséjour, Edith Brunette, Philippe Caron Lefebvre, Pascal Dufaux, Chantal Durand, Amélie Laurence Fortin, Mathieu Gaudet, Bijoy Jain, Fred Laforge, Gilles Mihalcean, Sayed Rahal, Jon Rafman, Paul Walde, Rhonda Weppler/Trevor Mahovsky, Nicolas Fleming.

  • Ce numéro d'Espace art actuel propose diverses approches concernant ce que peut être le point de vue animal, à travers un ensemble de contributions qui réfléchissent à ce nouvel état relationnel dans lequel les animaux peuvent prendre part à l'activité artistique.

    Depuis l'art rupestre jusqu'aux photographies animalières d'aujourd'hui, sinon aux documentaires télévisuels ayant pour sujet la vie et l'environnement de plusieurs espèces animales, les êtres humains ont toujours représenté, par divers moyens techniques, le vivant non humain. Dans la tradition rationaliste occidentale, cette représentation a souvent été réduite à l'aspect physique; les animaux n'ayant ni langage pour s'exprimer, ni raison pour penser. Ce n'est qu'au 19e siècle que certains penseurs verront dans leur capacité de souffrir un terrain propice à la bienveillance des humains. Pourtant, malgré l'émergence de ce nouveau rapport face à la condition animale, le monde de l'art - comme pour plusieurs autres sphères de la société - a mis du temps à en prendre acte. Encore de nos jours, plusieurs pratiques artistiques s'acharnent à exposer dans certaines de leurs oeuvres les traitements violents que nous faisons subir aux animaux. Mais, contrairement à ces démonstrations où la vie animale est réduite à un bien de consommation, le dossier de ce n° 121 propose diverses approches concernant ce que peut être le point de vue animal. Il propose des contributions qui réfléchissent à ce nouvel état relationnel dans lequel les animaux peuvent prendre part à l'activité artistique.

    Fondé en 1987 à Montréal, Espace art actuel est un périodique bilingue qui se consacre à la promotion des pratiques artistiques en lien avec le domaine de la sculpture, de l'installation ou de toute forme d'art associée à la notion de la spatialité. À raison de trois parutions par an (janvier, mai, septembre), la revue publiée par le Centre de diffusion 3D à Montréal offre visibilité et dynamisme aux scènes artistiques canadiennes et québécoises. Espace art actuel est dirigé depuis 2013 par André-Louis Paré.

  • Lorsqu'il s'agit de restaurer une oeuvre, des théories souvent opposées s'affrontent : conserver ou restaurer? Comment affronter les défis du financement? Quel devrait être le rapport entre l'artiste et le restaurateur d'une oeuvre? Voici quelques-unes des questions abordées dans ce dossier élaboré par Serge Fisette, directeur et rédacteur en chef de la revue Espace. Hors dossier, une chronique sur l'art public est inaugurée par un texte d'Aseman Sabet et la section Événements revient notamment sur la Biennale de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli de juillet dernier, l'exposition Construct de Zeke Moores et Se connaître de Mathieu Valade.

  • Avec ce numéro 107, la revue Espace inaugure un nouveau format, logo et design. Pour marquer le coup, le dossier « Re-penser la sculpture? » propose de se questionner sur ce que veut dire la pratique de ce medium aujourd'hui. Après un bref historique de la sculpture depuis les années 1960-1970, certaines propositions d'artistes (Tatiana Trouvé, Guillaume Leblon, Thea Djordjaze) sont interrogées dans leur rapport au concept de « champ élargi » avancé par Rosalind Krauss. La question de l'ombre projetée en sculpture (Tim Noble & Sue Webster, Mac Adams, mounir fatmi), trop peu souvent analysée, est aussi investiguée, ainsi que le travail d'artistes de la jeune génération (Francis Arguin, Chloé Desjardins, Dominic Papillon), caractérisé par une esthétique de la répétition.

  • Ce numéro présente le deuxième volet de la réflexion « Re-penser la sculpture? » en vue de découvrir d'autres façons de contribuer au passage pouvant avoir lieu entre la sculpture, reconnue comme médium, et celle exigeant d'autres usages de l'espace. Un essai de Maxime Coulombe, « La sculpture, vous dites? », une analyse de Marie-Hélène Leblanc, « L'homme et la machine dans la sculpture comme dans la guerre », et un entretien avec Guillaume Labrie sont notamment au menu. Hors dossier, Josianne Poirier étudie « Le paysage sonore comme matière », Rupert Nuttle s'entretient avec Derya Akay et les comptes-rendus de la dernière Manif d'art de Québec, de Chantier Libre 4 et le troisième acte de la trilogie de Sarah Pierce.

  • Le dossier « Espace cartographié », dirigé par André-Louis Paré, s'intéresse aux ¬manoeuvres¬ artistiques axées autour de la cartographie. Parmi les nombreuses approches recensées dans ce numéro double très étoffé, nous retrouvons les « topographies du pouvoir » de Mark Lombardi, l'imaginaire cartographique dans les oeuvres de Pierre-Alexandre Remy, la géolocalisation comme inspiration chez David Renaud et la nostalgie du voyage dans l'oeuvre de Jean-Yves Vigneau, pour ne nommer que ceux-ci. La section « Événements » présente la critique de Laurent Vernet sur l'exposition ¬Oh, Canada¬, qui tenait l'affiche au ¬MASS MoCA¬ jusqu'en avril dernier, revient sur les installations transdisciplinaires de Louise Viger que l'on a pu voir au ¬Centre d'exposition Circa¬ à l'automne 2012 et commente l'¬Ultime Dialogue¬ de Roland Poulin, une exposition qui réunissait les plus récentes sculptures de l'artiste au ¬Battat Contemporary¬ de Montréal.

  • Dirigé par Laurent Vernet, le dossier du numéro 105 d'Espace envisage le fameux ouvrage de Guy Debord, La société du spectacle, en l'appliquant au champs des arts visuels. À quels signes peut-on reconnaître que le système capitaliste a transformé le monde de l'art pour en faire une industrie du spectacle comme les autres? Les collaboratrices Josianne Poirier, Julie Boivin et Catherine Lalonde abordent divers points de vue sur la question, notamment à travers l'analyse de la sculpture lumineuse Intersection articulée (Raphael Lozano-Hemmer), présentée en 2011 lors de la Triennale québécoise, et une entrevue avec le galeriste René Blouin. Afin de souligner les 25 ans du centre d'exposition CIRCA, Espace ouvre ses pages à cette institution passionnée pour la « sculpture au champ élargi » et présente quelques expositions marquantes de son histoire.

  • Intitulé « Espace architecturé », le dossier de cette édition regroupe des textes signés André-Louis Paré, Nycole Paquin, Éric Valentin et Jessica Li. Il y est question, notamment, de Collective Folie, la tour gigantesque de Tadashi Kawamata au parc de la Villette à Paris, de l'univers à couper le souffle de Dale Chihuly au MBAM, de l'installation de Yam Lau à la Fonderie Darling, et du travail de Claes Oldenburg et Coosje van Bruggen abordé sous l'angle de la sculpture comme subversion de l'architecture. Hors dossier, un retour sur la temporalité des oeuvres publiques, un entretien avec Laurent Gagnon et un compte-rendu de l'exposition Michel de Broin au MAC, entre autres.

  • Cette nouvelle parution d'ESPACE présente un dossier sur le diorama tel qu'il s'expose en art contemporain. Vu l'importance du phénomène, son actualité et l'usage terminologique du diorama qui est maintenant courant, la revue nous propose d'interroger les liens qu'il entretient avec le diorama populaire et muséal, ce qui l'en distingue et quel est la portée de cette récupération. Les oeuvres de Xu Zhen, Dominique Gonzalez-Foerster, Kent Monkman et Vicky Sabourin sont notamment à l'étude. Hors dossier, les comptes-rendus de Generation - 25 Years of Contemporary Art in Scotland, de l'exposition 399 days de Rachel Kneebone, de la rétrospective Niki de Saint-Phalle et de la de la Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières, entre autres.

  • En ce début du XXIe siècle, les enjeux que soulève l'écologie s'ouvrent sur un véritable champ de bataille. Mais qu'en est-il sur le plan artistique? Souvent les artistes se retrouvent dans des consensus visuels ou plastiques indexant la forme à « la mission » écologique. Elles conduisent à penser de façon « écologiquement correct » sans que cela soit pour autant artistiquement intéressant. Coincées entre ces paradoxes, les pratiques de l'écologie peinent à trouver leur forme. Ce dossier de la revue ESPACE art actuel tente non pas d'y remédier, mais de soulever le problème dès lors que la thématique nécessairement oscille entre des enjeux éthiques et esthétiques. Parmi les oeuvres abordées dans ce numéro : le projet Trading routes, développé en réaction à l'exploitation du pétrole en Colombie-Britannique, la vidéo Aftermaths d'Isabelle Hayeur, dans laquelle il est question des conséquences de l'ouragan Katrina en 2005, et les interventions publiques de Nicolás Uriburu et son association sporadique avec le groupe militant Greenpeace.

  • Lorsqu'il est question de migrations humaines, spontanément nous pensons aux personnes qui, de par le monde, sont dans l'obligation de quitter leur pays pour un autre, considéré plus sécuritaire. Les raisons de ces migrations forcées sont multiples : politique, économique, ethnique, religieuse, voire de plus en plus climatique. Dans le domaine artistique, le phénomène migratoire se présente sous divers aspects. Contrairement aux données statistiques, celui-ci se montre sous forme de récits, mais aussi de productions d'objets symbolisant l'expérience exilique. Parmi les textes de ce dossier intitulé « Migrations_Frontières », notons la contribution personnelle de l'artiste Michael Blum sur le thème de la frontière comme construction humaine, le commentaire de Geneviève Chevalier, historienne de l'art, sur l'évolution de l'événement américano-mexicain inSite et l'analyse de Bernard Lamarche à propos de certaines actions transculturelles de l'artiste François Morelli, entre autres.

  • À partir des années 1960, plusieurs jeunes artistes ont été sensibles à l'idée de revoir la notion de commémoration. Aujourd'hui, c'est l'idée du contre-monument qui tente de répondre à certaines interrogations concernant la lourdeur monumentale et son manque de dynamisme mémoriel. Le dossier « Monuments / Contre-monuments » s'intéresse à deux différents types de contre-monuments et offre un portrait juste des nouvelles dimensions commémoratives au sein de l'histoire collective. Parmi les oeuvres analysées, nous retrouvons Gramsci Monument (Thomas Hirschhorn), Soft Power (Alexandra Pirici) et le Mémorial de l'abolition de l'esclavage à Nantes (Krzysztof Wodiczko et Julian Bonder). Pour compléter le dossier, un texte sur la genèse du désormais contesté projet Monument aux victimes du communisme à être érigé à Ottawa, entre autres.

  • Le visage : un grand classique de l'art depuis toujours. En buste ou en portrait, il a longtemps exprimé un certain idéal de l'être humain; il introduit également le rapport au monde, à l'autre, le vis-à-vis. Cet automne, Espace place tous ces Visages au centre des pratiques et perspectives en art actuel. Nous en découvrons de nouvelles optiques et de nouvelles lectures de l'identité, telles que les figures expressives du Franz Xaver Messerschmidt, le masque autochtone, l'égoportrait ou la surveillance de la biométrie. Hors dossier, Jérôme Delgado revient sur l'exposition protéiforme Peut mieux faire, basée sur un matériau imposé, le cahier d'exercices Canada Hilroy. Alain-Martin Richard nous présente Les Attracteurs, trente-six graciles sculptures de bronze installées dans le quartier Saint-Roch à Québec. Magnifiquement illustrée et bilingue, la revue propose également de nombreux comptes rendus de livres et d'expositions, allant de Montréal à Sherbrooke en passant par Bruxelles et Helsinki.

  • « Faire statue » : voici le thème qui inaugure le 30e anniversaire d'Espace art actuel. Il s'agit de mettre en lumière des actes performatifs s'appropriant certains aspects de la statuaire, des années 1960 aux oeuvres les plus contemporaines. Pourquoi cette fascination prégnante pour le corps immobile? Quels fantasmes révèle-t-elle? Quels rapports entre action et inaction? Sept auteurs s'emparent du sujet. Défis d'endurance de la statuaire, effet comique du corps-sculpture, réminiscences des mythes de Pygmalion et de Galatée, correspondances entre le corps humain et l'objet : autant de thèmes fouillés à travers l'analyse de corpus précis, d'hier à d'aujourd'hui. En entrevue avec Sylvie Tourangeau, les artistes Julie Laurin, Victoria Stanton et Nicole Panneton, qui déambulent et justement « font statue » dans l'espace public, s'expriment aussi sur leur pratique. Vous trouverez également dans ce numéro d'hiver d'Espace les habituels comptes rendus d'expositions ainsi que des recensions de livres.

  • Avec ce n°109, la revue ESPACE art actuel, nouvelle génération, accomplit son premier tour de piste. À la suite des deux premières publications ayant pour thématique Repenser la sculpture ?, cette troisième parution présente un dossier sur le diorama tel qu'il s'expose en art contemporain.
    Même si, à ses origines, le diorama avait des visées purement spectaculaires, puisqu'il s'agissait de créer par l'illusion une expérience optique, il s'est, au cours des ans, présenté dans une version tridimensionnelle, ce qui lui a permis de trouver, vers la n du XIXe siècle, une nouvelle vocation du côté des musées, surtout ceux d'histoire naturelle. Ainsi, de pur divertissement qu'il était, à son origine, le diorama pouvait désormais endosser des prétentions à vocation pédagogique.
    /> Mais en est-il toujours ainsi pour les artistes contemporains ?
    En analysant les oeuvres des artistes tels Xu Zhen, Dominique Gonzalez-Foerster, Kent Monkman, Karen Knorr, Vicky Sabourin et quelques autres, les textes de Mélanie Boucher, Guillaume Le Gall, Marie-Ève Marchand, Anne-Marie St- Jean Aubre et Jean-Philippe Uzel vous proposent diverses réponses concernant les perspectives offertes par ces artistes.
    En plus de ce dossier, ce numéro vous propose un entretien avec la sociologue Nathalie Heinich, commenté par l'historienne de l'art Lise Lamarche ; il présente, en outre, un texte sur la biennale de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli ainsi que plusieurs comptes rendus d'expositions ayant eu lieu au Québec, au Canada et en Europe.

  • Depuis quelque temps déjà, plusieurs expositions d'arts visuels font la part belle aux objets. Non pas les objets qui, par leur statut ou leur mise en vitrine, ont déjà une valeur esthétique inhérente à ce qu'elle représente au sein du monde de l'art, mais plutôt ceux qui partagent notre quotidien et qui s'accumulent autour de nous, alors que certains, devenus inutiles, pourraient être détruits. Loin d'être des objets à observer selon les paramètres rigoureux de l'épistémologie, ces objets fabriqués pour leur usage au quotidien, sinon pour la décoration, côtoient nos espaces familiers, affectent notre existence personnelle. Mais pourquoi s'y intéresser dans le domaine de l'art contemporain ? Est-ce une façon de résister au système des objets voué à la détérioration programmée ? Est-ce pour combattre l'esthétique de l'immatérialité, en soulignant l'importance de s'entourer de choses qui, en tant qu'objet d'affection, participent de notre subjectivité ? En leur offrant une « seconde vie », ce phénomène de réinscription d'objets au sein d'une écologie de la conservation est-il si éloigné de ce que l'on entend par objet-fétiche?
    Le dossier de ce numéro 113 comprend des textes de Dominique Berthet, Thomas Golsenne, Stephen Horne, Fanny Curtat, Peter Dubé, Emily Falvey. Pour compléter ce dossier, un « Entretien » avec Musa paradisiaca (Eduardo Guerra et Miguel Ferrão) par Claire Kueny.

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