Gallimard

  • Comme un carnet dans lequel on note les citations les plus frappantes, les plus intelligentes, les plus sensibles d'un auteur qu'on aime, Philippe Le Guillou a recueilli les plus belles phrases de Jean d'Ormesson : un hommage rendu à son aîné en littérature. Puisés dans l'ensemble de l'oeuvre de l'académicien-romancier-journaliste-commentateur politique, ces extraits constituent un trésor qu'on découvre le sourire aux lèvres et l'esprit en alerte : car c'est bien cela, le style Jean d'O, le plaisir de l'intelligence.
    « Nous ne mangions pas : nous prenions un petit déjeuner, nous déjeunions, nous goûtions, nous dînions, nous soupions. Nous avions le droit de manger du boeuf, des sandwichs, des chocolats. Nous n'avions pas le droit de manger sans complément direct. Dès qu'il s'agissait des repas et de leur ordonnance, le mot « manger » était rigoureusement interdit. La formule « A quelle heure mange-t-on ? » n'était pas seulement abjecte : elle était inimaginable. » « J'ai défendu la tradition. J'ai aimé le changement. J'ai caressé les institutions. J'ai été fasciné par les rebelles. J'ai été gaulliste parce que le Général était un rebelle qui incarnait la tradition.
    Le pouvoir pour le pouvoir ne m'a jamais séduit. » « La tolérance nous allait bien : c'était une vertu de luxe et nous n'étions pas malheureux. » « Il n'y a d'absent que mon oncle Paul. Il s'est tiré une balle dans la tête à la fin de l'été dernier.
    C'est le premier de notre nom à rendre de soi-même, sans ordres formels, en dépit de notre devise, son tablier à Dieu. »

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  • «À la recherche du temps perdu ne ressemble à aucun autre ouvrage, et, comme Proust le dit et le redit, la difficulté que nous éprouvons face aux oeuvres réellement nouvelles tient d'abord à nos habitudes, perturbés que nous sommes de ne pas les y retrouver, confrontés à une vision du monde qui demande un temps d'acclimatation, qui réclame au lecteur un changement d'optique, voire une nouvelle paire de jumelles. Quel meilleur moyen de l'aborder, cependant, et d'en découvrir tout le sel, que les rires et les sourires que le narrateur nous arrache à longueur de chapitre?» Bertrand Leclair.

  • En 2014, ces trois universitaires ont eu la bonne idée de recenser dans le Dictionnaire des chats illustres (Honoré Champion) les chats qui avaient une histoire. Les écrivains et les félins font bon ménage : une cinquantaine de chats ont accompagné d'illustres auteurs, Du Bellay, Chateaubriand, Colette bien sûr, mais aussi Claude Roy ou Julien Green. Voire le prix de Nobel de littérature, Churchill, qui avait chassé son animal de compagnie après qu'il avait fait une bêtise et avait mis une pancarte à sa porte « Reviens, tout est pardonné » : et le chat s'en était revenu.

  • «On ne saurait lire Henry David Thoreau sans avoir le sentiment qu'il a écrit pour nous. On a même peine à croire que celui qui, toute sa vie, a prôné la "pauvreté volontaire", la "désobéissance civile", a lutté contre l'asservissement des hommes aux préjugés, aux objets, au travail et à l'argent, a critiqué les dommages causés aux arbres, aux animaux sauvages et domestiques, qui a appelé ses concitoyens à ne jamais "vivre selon le principe de l'autodéfense", soit né en 1817... On peut reprendre à son propos une de ses affirmations concernant un autre type d'ouvrage : "J'aimerais avoir toujours un livre d'histoire naturelle à portée de main en guise d'élixir : sa lecture permettrait de redonner des forces à mes fonctions vitales."» Isabelle Schlichting.

  • L'amour a une histoire, celle que la littérature lui construit, depuis L'art d'aimer jusqu'à Belle du seigneur... L'érotisme a son Kama Sutra... La sensibilité a élaboré son histoire grâce aux travaux d'Alain Corbin, notamment. Manquait un regard porté sur les mots qui traduisent l'amour :
    « je t'aime » se dit-il « je t'aime » depuis toujours et pour toujours ? Chez nous et partout ailleurs dans le monde ? Non, répond la sémiologue Mariette Darrigrand, preuve à l'appui dans l'espace :
    « Une anecdote célèbre veut qu'un écrivain nippon venu faire des conférences aux Etats-Unis ait demandé aux étudiants de traduire I love you en japonais. Devant le calque systématique - sujet, verbe, complément d'« Aimer » -, l'éminent enseignant mit un zéro pointé à toute la classe et expliqua que dans sa langue - c'est-à-dire sa culture -, il fallait penser plutôt à dire :
    La lune est belle ce soir ... » Et dans le temps. On se régalera en lisant que les quatre étapes qui jalonnent le parcours des amants - le regard, l'échange de paroles, les baisers, le rapprochement des corps - ne se disent pas de la même façon, mais qu'elles ont pourtant parfois un substra identique : on dit d'une fille qu'« elle est canon », on parlait jadis des « canons de la beauté » ; la déplorable sextape d'aujourd'hui a pour lointain ancêtre le blason ; et « j'te kiffe » bien actuel semble une version atténuée de « je t'aime »...
    En 34 vis-à-vis qui glissent du patrimoine culturel à la manifestation d'amour estampillée 21 e siècle, Mariette Darrigrand sonde nos coeurs et nos reins... Le 69 e mot retient toute notre attention : c'est l'amour !

  • Comme le souligne l'histoire drôle qui inaugure l'ouvrage : « C'est l'histoire d'un Juif qui rencontre un autre Arabe », il est temps de faire un pendant à l'humour juif, même si, comme le souligne la préface : « Associer humour et arabe, ce n'est vraiment pas tendance, et plutôt osé ». On trouve des blagues, des portraits d'humoristes arabes (et parfois arabes et juifs comme Guy Bedos, par exemple) et certains de leurs sketches (relire « Le Président » de Smaïn est un vrai bonheur), des articles parus sur le sujet. Il y a un type d'humour typiquement arabe lié à la vie politique, on aime bien se moquer de ses dirigeants, en voici un exemple :C'est une histoire qui se passe au Caire. Tous les jours, il y avait une blague contre Nasser. Elle était racontée le matin et faisait le tour de la ville durant la journée ; le soir elle arrivait au palais présidentiel.« Trouvez-moi ce salopard qui raconte ces histoires », s'insurge Nasser. Les hommes du président finissent par dénicher un pauvre type, vieux, édenté. Ils l'emmènent au palais.« Tu aurais pu être mon père, même mon grand-père, tu te rends comptes, et tous les matins tu te fous de moi, tu me dénigres. » Et Nasser d'ajouter : « Tu me dénigres. Moi qui ai libéré ce pays, moi qui lui ai apporté prospérité et bien-être, moi qui ai donné de l'espoir au monde arabe, moi qui. »Le vieil homme ose interrompre le président et lui dit : « Ah ! Non, moi, j'ai jamais raconté cette blague ! »Comme tout humour qui se respecte, celui-ci intègre les préjugés et les retourne : pas de politiquement correct donc !

  • Le Masque est la Plume fête ses soixante ans, c'est la plus ancienne émission de radio diffusée en France. Pour célébrer la littérature, le cinéma et le théâtre qui, depuis 1955, n'ont cessé d'être au coeur des débats passionnés des critiques du Masque , nous avons choisi, avec le concours de Jérôme Garcin, de publier le feuilleton consacré aux zeugmas, figure de rhétorique méconnue qui rassemble sous un même un verbe, des sujets qui n'ont aucun lien les uns avec les autres.
    Faute de syntaxe pour certain ou pirouette stylistique pour d'autres, qu'importe, personne n'est à l'abri d'un zeugma. La preuve, ici sont rassemblés paroles de chansons, extraits de roman, de poésies, d'articles, de sketches et contribution des auditeurs qui ne manqueront pas de vous arracher un sourire et non les cheveux.
    « Le 27 juillet 1830 tombait un mardi, le 28 un mercredi, le 29 un roi. » François-Henri Désérable, Évariste « On devrait faire/ L'amour et la poussière. » Zazie, « Homme sweet homme » « Ici, on ne prend pas des brocolis à l'eau, on prend du plaisir. » Etienne Chatilliez, Le Bonheur est dans le pré

  • Pour s'initier à la profondeur de Montaigne, quoi de mieux qu'une promenade dans les Essais? Ce voyage passe d'une citation à un court récit, s'arrête sur des propos parfois déroutants - le maire de Bordeaux ne donne pas dans le prêt-à-penser! - et compose d'une page à l'autre le portrait d'un homme qui aime lire, raisonner, écrire. mais aussi savourer l'existence : «Il y a de la sagesse à jouir de la vie.» En vingt-quatre chapitres, l'oeuvre s'approche de nous, alors que, dans son célèbre «Au lecteur», l'écrivain donne la date de ce «livre de bonne foi» : «ce premier mars mil cinq cent quatre-vingt.» Si loin dans le temps et si proche de nous et de nos préoccupations.

  • Gilles Moinot, dit l'Oiseau, fut pendant longtemps l'auteur des mots fléchés du quotidien Libération. Nombreux sont les cruciverbistes qui n'ont pu réprimer des rires à la lecture de ses définitions les plus spirituelles. Nous avons ici réunies les plus belles d'entre elles. Que les novices ne s'inquiètent pas, quatre indices permettent de trouver la solution ; quant aux aficionados de l'irrégulier damier, ce petit ouvrage sera l'occasion de poursuivre leur gymnastique intellectuelle tout en appréciant l'humour qui caractérise l'Oiseau.

  • Rien de tel, à son réveil, que de lire une phrase bien noire, bien triste, bien éprouvante. il y a toutes les chances pour que, partant d'aussi bas, la journée se déroule sous de meilleurs auspices. Aussi, avant de croiser ses semblables, garder à l'esprit que l'homme est un «être à deux pieds et ingrat» selon la définition de Dostoïevski, tenter de se rappeler avec Éric Fottorino ce vers ancien où «l'ombre est toujours sombre, même quand elle tombe d'un cygne», et se rassurer en lisant ce que diagnostiquait jadis Stendhal : «Nous marchons vers le chaos.» Tout cela est exquis de pessimisme.

  • Quand les écrivains se font lexicographes, la définition froide et rigoureuse cède sa place à l'évocation poétique, à l'image qui claque, à l'humour subtil. Aragon décrit l'apprenti coiffeur prêt à dénouer sa vie durant les chevelures légères des femmes, désignées par ce néologisme amusant et moderniste : les « cheveux-vapeur ». Quelle est la madeleine de Philip Roth? Le «rugelach», une pâtisserie dont le romancier aimerait qu'elle ait les mêmes vertus que le gâteau proustien. Romain Gary affirme que «les mots ont des oreilles». Hugo note que dans l'obscurité «on éprouve quelque chose de hideux comme si l'âme s'amalgamait à l'ombre». Et Balzac parle de la loterie comme de «l'opium de la misère».
    Une promenade pleine d'esprit en littérature.

  • Vous avez lu, et vous êtes remonté dans le temps, vous avez voyagé dans le vaste monde, vous avez aimé à la façon des personnages romanesques, vous avez mangé, bu, ri ou pleuré, détesté, contemplé dans les livres, contracté la fièvre, entamé une analyse, visité le Louvre. et bien d'autres choses encore, rien qu'en tournant les pages. Eh bien, c'est le moment de convoquer vos souvenirs et de répondre aux questions qui nouent la culture générale et la littérature.
    Un galop d'essai : «Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage», écrit Du Bellay. Vous le savez certainement, Ulysse a terminé son voyage à Ithaque, une des îles : Éoliennes, Anglo-Normandes, Ioniennes? Réponse page 26.

  • Malraux avait le sens de la beauté, de l'aventure, de la politique, du romanesque... et de la formule! «J'ai appris aussi qu'une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie...», écrit-il dans Les Conquérants ; ou bien «L'audio-visuel oriente ce qu'il prétend rapporter» (L'Homme précaire et la littérature) ; mais aussi, dans L'Espoir, «Quand on contraint une foule à vivre bas, ça ne la porte pas à penser haut» ; sans compter «J'écris pour posséder mes songes» dans Royaume farfelu. Ça claque, ça tonne, ça donne à penser : ce parcours dans toute l'oeuvre malrucienne rassemble des pépites qu'on s'étonne à peine de trouver toujours d'actualité.

  • Les personnages littéraires sont des gens merveilleux : ils s'aventurent là où nous n'oserions pas mettre le pied, ils aiment et parfois en souffrent à notre place, il leur manque une jambe, ils travaillent à Séville ou à Wall Street. Ces compagnons de lecture nous accompagnent durablement, vous allez en faire l'expérience. Vous les retrouverez grâce à quelques indices et, sitôt que leur silhouette surgira de votre mémoire, vous cheminerez de nouveau dans vos lectures. De quoi passer un délicieux moment.

  • Comment mieux honorer les 70 ans de la prestigieuse collection qu'en donnant à lire les perles des auteurs du polar ? Une rasade de machisme, une autre de violence plus ou moins gratuite, secouez le tout avec la haine du bourgeois et de l'homme de loi, et ça donne :« Vous pouvez me croire, cette môme-là avait un châssis qu'en aurait dit long à un aveugle. »Peter Cheyney« La première chose en arrivant au bungalow, c'est de nous caler les joues ; il est près de trois heures et, depuis le matin, nous étions au régime jockey. » Ange Bastiani« La lourde a claqué, puis Marinette est entrée, annonçant :- Tous ces messieurs sont partis bien contents ; les familles seront heureuses, ce soir ! »Albert Simonin« Santa Madonna ! Dans quelle gelée de coing se trouvait-il ? C'est surtout celui qui le braquait avec son tromblon qui lui foutait les grolles. Quelle gueule qu'il avait, le gniard ! Des châsses bizarres. Des narines pincées dans le haut, palpitantes dans le bas. Une vraie frite de jobard ! On aurait parié qu'il reniflait du raisiné, que ça le démangeait de jouer de la gâchette. »Auguste Le Breton

  • Didier Pourquery signe chaque semaine dans M , le magazine du Monde , une chronique dans laquelle un mot est examiné sous toutes les coutures : les éditions Autrement avaient sélectionné 100 articles dans Les mots de l'époque , en 2014. Les mots passants de tous les jours en proposent une sélection. Organisé en 7 chapitres (Entendons-nous bien !, Ça pourrait aller mieux, Changer le monde en mieux, Amour ou désamour de la politique, Parler en travaillant, La dérive des continents lexicaux et Le temps passe.), cet ouvrage au ton vif et plein d'humour passe en revue une cinquantaine de mots que les conversations quotidiennes usent ou revivifient. On apprend au passage que l'expression « ras-le-bol » doit sa notoriété à Jean Yanne, qu'« insoutenable » vient de glisser du domaine économique à celui de l'écologie, que même le hamburger est aujourd'hui « revisité ».

  • Il y a chez Jean Tardieu un rire qui peut virer aux larmes d'un vers à l'autre, des mots avec lesquels rêver ou cauchemarder, des doubles qui se nomment Monsieur Jean ou le Professeur Froeppel, des admirations pour les amis peintres ou musiciens. Un univers se déploie,porteur d'images et évocateur de sensations. On s'y sent en confiance, parce qu'il n'est pas accablant de certitudes. «L'instable est mon repos», écrit-il dans Accents. On ne saurait mieux dire.

  • Marguerite Duras voit le football comme un angélisme quand Pier Paolo Pasolini y découvre des moments exclusivement poétiques ; selon Marc Pietri, on commence à le pratiquer dans le ventre maternel ; Albert Camus assure que le stade est un des seuls endroits au monde où il se sent innocent ; pour être complet, le plaisir du spectateur, assure Françoise Giroud, doit s'accompagner d'un coup de coeur. Les écrivains connaissent le ballon rond, chaussent les crampons avec enthousiasme et, comme tout bon supporter, crient «goal» quand l'occasion se présente. C'est l'hommage des travailleurs individuels que sont les auteurs au sport collectif, car, comme le suppose Jean-Noël Blanc : « En jouant au foot, j'ai peut-être appris à écrire. » On retrouvera avec bonheur des souvenirs de grands matches, de grands joueurs, de grands moments : on a tous en nous quelque chose de Pelé ou de Zidane...

  • Le méchant est l'envers du gentil propre sur lui et c'est bien la noirceur qui met en valeur la lumière du héros sans tache. Alors bienvenue aux Barbe-Bleue, Folcoche, Macbeth, Médée, Tartuffe, Salomé, Voldemort, Patrick Bateman. Tous plus atroces les uns que les autres! Mais tous n'exercent pas leur vilenie de la même façon, on aura l'occasion de s'en apercevoir en compagnie de ces quarante voleurs de bonté dont l'humanité n'est pas la plus grande qualité! On s'interrogera au passage sur le plaisir qu'on prend à les fréquenter : nourrirait-on une fascination pour les tueurs en série, les mères indignes ou les personnes sans coeur? Personne n'est parfait.

  • Premiers troubles des grands héros romanesques, couples célèbres du cinéma, déclarations en forme de chansons... Qu'en savez-vous? Constitué de plus de 250 questions de culture générale sur le thème de l'amour, ce livre-jeu vous permettra d'en avoir le coeur net.
    Commençons : Qui a donné cette définition de l'amour «Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel»? Alphonse Allais, Jean Cocteau, Marcel Aymé?
    Réponse page 83.

  • La rhétorique est une histoire vieille comme l'Antiquité. Elle a traversé sans encombre le temps, répertoriant avec des mots savants les arguments sophistiques. Puis vint Schopenhauer. Avec L'Art d'avoir toujours raison, il ajoutait au classement une injonction : celle de batailler, de se lancer dans la discussion et de mettre au point tous les moyens possibles pour l'emporter sur son contradicteur. Avec précision et humour, le philosophe Nicolas Tenaillon inventorie cinquante situations pour lesquelles il propose une démarche de «contre», comme l'on dit dans les commentaires sportifs. Votre adversaire fait de l'humour? Soyez d'une gravité inaltérable. Il garde un silence de marbre? Rappelez-lui que «qui ne dit mot consent». Il répète le même argument en boucle? Traitez-le de perroquet.
    Une lecture qui fera de vous un orateur sans peur et sans reproche.

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