Folio

  • La ferme des animaux Nouv.

    Il √©tait une fois un pays o√Ļ les animaux de la ferme en avaient assez de la tyrannie de l'homme. Ils d√©cident de se r√©volter. C'en est fini de l'asservissement ! Veaux, vaches, cochons prennent le pouvoir, poussent le fermier √† quitter les lieux et instaurent l'autogestion. L'animalisme devient la r√®gle : l'humain est banni. Mais l'utopie √©galitariste est de courte dur√©e. Les cochons seront-ils les nouveaux ma√ģtres ? ¬ę Tous les animaux sont √©gaux. Mais certains sont plus √©gaux que d'autres ¬Ľ, conclut Orwell, entre pessimisme et lucidit√©.
    Paru en 1945, juste avant Mil-neuf-cent quatre vingt quatre, La Ferme des animaux est une impitoyable critique du totalitarisme. La traduction de Jean Queval rend le roman √† son atmosph√®re de fable animali√®re, de conte de f√©e doux-amer, d'o√Ļ √©mane peu √† peu un malaise. Le pouvoir engendre n√©cessairement l'abus : le r√™ve d'enfant tourne vite au cauchemar d'adulte.

  • ¬ę Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce go√Ľt, c'√©tait celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin √† Combray (parce que ce jour-l√† je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante L√©onie m'offrait apr√®s l'avoir tremp√© dans son infusion de th√© ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappel√© avant que je n'y eusse go√Ľt√©... Mais, quand d'un pass√© ancien rien ne subsiste, apr√®s la mort des √™tres, apr√®s la destruction des choses, seules, plus fr√™les mais plus vivaces, plus immat√©rielles, plus persistantes, plus fid√®les, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des √Ęmes, √† se rappeler, √† attendre, √† esp√©rer, sur la ruine de tout le reste, √† porter sans fl√©chir, sur leur goutelette presque impalpable, l'√©difice immense du souvenir. ¬Ľ

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  • L'Appel de la for√™t (paru en 1903) est un roman de formation. Ou plut√īt de d√©-formation, de d√©-civilisation : il raconte un retour aux origines primitives, la r√©gression √† un √©tat enfoui dans la m√©moire ancestrale de l'esp√®ce, le r√©veil des instincts sauvages anesth√©si√©s par la domestication.
    London d√©fend l'id√©e d'une intelligence animale, qui se manifeste sous forme de sensations, d'√©motions et d'une raison rudimentaire, une facult√© de raisonnement simple. C'est la th√®se qu'il soutient et met en sc√®ne dans son roman. Il d√©veloppe en particulier la question de l'apprentissage et de la m√©moire : la m√©moire individuelle du chien, qui tire les le√ßons de ses exp√©riences successives, et la m√©moire de l'esp√®ce, qui exerce sur les comportements de Buck une emprise de plus en plus puissante. L'animal apprend de ses exp√©riences, notamment de la souffrance qu'il endure et de l'amour qu'il porte √† son ma√ģtre (dont il vengera la mort). Il a ainsi une forme de conscience. Ce chien sent, aime, comprend, souffre : il est notre fr√®re. London donne √† son h√©ros chien-loup la dignit√© d'un membre de la famille qui serait ¬ędiff√©rent¬Ľ. Buck est incontestablement un personnage auquel tout lecteur peut s'identifier - et ainsi presque une personne.

  • Un grand-p√®re fou, une m√®re servante, un p√®re qui est le plus pauvre des cordonniers d'Odense, o√Ļ il na√ģt en 1805. √Ä quatorze ans, il arrive √† Copenhague, vit dans le quartier des prostitu√©es, s'essaie au chant, √† la danse, √† l'art dramatique, tombe amoureux d'une petite bossue, plus tard d'une prestigieuse cantatrice, sans d'ailleurs avoir avec elles ni avec aucune autre femme le moindre rapport. Des romans, des po√®mes, des pi√®ces de th√©√Ętre. Puis les merveilleux contes. Tr√®s vite, le fils du plus pauvre des cordonniers d'Odense devient un des hommes les plus c√©l√®bres et f√™t√©s d'Europe : traduit en quinze langues (et jusqu'en bengali !), il est invit√© par les souverains dans leurs ch√Ęteaux, accueilli √† Weimar comme un autre Goethe et, lorsqu'il va √† Londres, c'est chez Dickens qu'il descend. Le Conte de ma vie s'ach√®ve en 1875, au moment o√Ļ ¬ę le vilain petit canard ¬Ľ va rejoindre au pays de ¬ę la reine des neiges ¬Ľ ¬ę la petite marchande d'allumettes ¬Ľ et ¬ę la f√©e au sureau ¬Ľ.

  • Croc-Blanc

    Jack London

    Dans les bars de Dawson City, Jack London écoute les histoires de bêtes sauvages rencontrées dans les forêts du Grand Nord, que racontent les chercheurs d'or. Il lit Darwin, se passionne pour la théorie de l'évolution. Se nourrissant à toutes les sources, travaillant avec une énergie indomptable, il écrit en 1906 ce conte cruel. Roman de formation, Croc-Blanc fait entrer le lecteur dans la conscience d'un loup : nous partageons ses émotions, nous vivons ses aventures de liberté et de servitude, de souffrance, de combat, d'amour filial. En donnant à l'animal la merveilleuse consistance d'un personnage à la fois étrange et familier, London se fait précurseur : il montre le caractère relatif de la frontière entre les espèces, et installe l'hypothèse d'une intelligence animale. De la révélation du monde extérieur jusqu'au final inattendu, il fait partout l'éloge de l'élan vital qui régit l'existence de toute créature vivante.

    Traduit de l'anglais (√Čtats-Unis), postfac√© et annot√© par Marc Amfreville et Antoine Caz√©. Chronologie et bibliographie de Philippe Jaworski.

  • La M√©tamorphose r√©v√®le une v√©rit√© m√©connue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Le r√©cit qui porte ce titre est un des plus path√©tiques et des plus violents que Kafka ait √©crits ; les effets en sont soulign√©s √† l'encre rouge, les p√©rip√©ties √©branlent les nerfs du lecteur. C'est l'histoire, ¬ęexcessivement r√©pugnante¬Ľ, dit l'auteur, d'un homme qui se r√©veille chang√© en cancrelat. Cette transformation est un ch√Ętiment imaginaire que Kafka s'inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni √™tre aim√© : le conflit qui se d√©roule dans une famille bourgeoise prend une ampleur mythique. Seuls quelques √©l√©ments comiques ou grotesques permettent de lib√©rer de l'oppression du cauchemar.

  • Dans Folioplus classiques, le texte int√©gral, enrichi d'une lecture d'image, √©cho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organis√©e en six points :

    - VIE LITT√ČRAIRE : La mati√®re du r√©el - GENRE ET REGISTRE : Corps, gestes et voix : une √©criture du mouvement - L'√ČCRIVAIN √Ä SA TABLE DE TRAVAIL : Le paysage de la fiction - GROUPEMENT DE TEXTES : √Čclats de la jeunesse - CHRONOLOGIE : Maylis de Kerangal et son temps - FICHE : Des pistes pour rendre compte de sa lecture.

    Recommandé pour les classes de lycée.

  • Vingt mille lieues sous les mers est le chef-d'oeuvre de Jules Verne : mieux qu'un r√©cit de voyage, mieux qu'un roman d'aventures g√©ographiques et scientifiques, mieux qu'une simple histoire de vengeance. Ou plut√īt, tout cela ensemble, mais sublim√©. Le po√®me de la mer, le drame de la r√©volte absolue, la derni√®re des grandes l√©gendes romantiques, √† jamais engloutie, √† jamais conserv√©e dans le silence des mers profondes.

  • "L'insaisissable cambrioleur", "le fantaisiste gentleman qui n'op√®re que dans les ch√Ęteaux et les salons", "l'homme aux mille d√©guisements"... Parues en 1907, voici les premi√®res aventures d'Ars√®ne Lupin, le bandit qui est aussi le h√©ros, dont Maurice Leblanc rend sympathiques les exploits malhonn√™tes. Lupin ne vole jamais par avidit√©, mais toujours pour le panache. Ce dom juan du crime exprime la quintessence de l'esprit fran√ßais Belle Epoque. Leblanc trace un pont entre l'actualit√© criminelle, les faits divers lus dans la presse et les myst√®res historiques. Ainsi, "notre voleur national" se fait enqu√™teur, et s'enrichit en r√©solvant des √©nigmes.S'inscrivant dans la lign√©e des cr√©ateurs du roman policier, Maurice Leblanc y ajoute l'humour et l'autod√©rision. Il y a en Lupin du Vidocq (le for√ßat pass√© du c√īt√© de la police), du Jean Valjean devenu le respectable M. Madeleine dans Les Mis√©rables, du Edmond Dant√®s r√©apparaissant en comte de Monte-Cristo. Ars√®ne Lupin est la synth√®se de nos souvenirs de lectures. C'est ce qui le rend si attachant : √† la fois populaire et classique.

  • Le professeur Lidenbrock, un scientifique excentrique, d√©couvre un manuscrit crypt√© r√©v√©lant l'existence, en Islande, d'un passage menant au centre de la terre. Accompagn√© de son neveu Axel, le narrateur, et d'un guide islandais, Hans, il organise une exp√©dition dans les entrailles terrestres, qui se r√©v√®le √™tre une plong√©e dans le pass√©. Apr√®s de nombreuses p√©rip√©ties, les trois hommes d√©couvrent un monde perdu :
    Une caverne contenant plantes, poissons et animaux pr√©historiques, dont certains restent bien vivants. Dans ce livre plus qu'ailleurs, Verne laisse libre cours √† son imagination. Voyage au centre de la terre (publi√© en 1864 et 1867) anticipe de mani√®re jubilatoire le moment fatidique o√Ļ la terre sera enti√®rement cartographi√©e, y compris dans ses profondeurs. L'auteur y exprime son d√©sir d'exploration mais aussi son r√™ve d'un ailleurs inexplor√©.

  • ¬ęConsid√©rez le cannibalisme universel de la mer, dont toutes les cr√©atures s'entre-d√©vorent, se faisant une guerre √©ternelle depuis que le monde a commenc√©.Consid√©rez tout ceci, puis tournez vos regards vers cette verte, douce et tr√®s solide terre ; ne trouvez-vous pas une √©trange analogie avec quelque chose de vous-m√™me ? Car, de m√™me que cet oc√©an effrayant entoure la terre verdoyante, ainsi dans l'√Ęme de l'homme se trouve une Tahiti pleine de paix et de joie, mais cern√©e de toutes parts par toutes les horreurs √† demi connues de la vie. Ne poussez pas au large de cette √ģle, vous n'y pourriez jamais retourner.¬Ľ Epris de mer, d'aventures et d'horizons lointains, le narrateur s'embarque √† bord d'un baleinier, le P√©quod, dont le capitaine est le taciturne Achab. Sauvage, celui-ci s'appuie sur une jambe artificielle taill√©e dans l'ivoire d'une baleine. Sa jambe a √©t√© emport√©e par la terrible baleine blanche, Moby Dick. Depuis, Achab n'a qu'une id√©e en t√™te : voguer sur toutes les mers du globe √† la recherche de Moby Dick, l'irr√©ductible baleine. Et la lutte sera acharn√©e...

  • Ulysse

    James Joyce

    L'action d'Ulysse se passe en un jour, à Dublin, en 1904. Le personnage d'Ulysse est un petit employé juif, Leopold Bloom ; Stephen Dedalus, jeune Irlandais poète, est Télémaque ; Marion, femme de Bloom et qui le trompe, est Pénélope. Rien n'arrive d'extraordinaire au cours de cette journée. Bloom et Dedalus errent dans la ville, vaquant à leurs affaires, et se retrouvent le soir dans un bordel. Chaque épisode correspond à un épisode de L'Odyssée.
    Mais la parodie débouche sur une mise en cause du monde moderne à une époque de muflisme. Joyce exprime l'universel par le particulier. Bloom, Dedalus, Marion sont des archétypes. Toute la vie, la naissance et la mort, la recherche du père (Dedalus est aussi Hamlet), celle du fils (Bloom a perdu un fils jeune), toute l'histoire sont contenues en un seul jour. C'est à Rabelais, à Swift que l'on peut comparer l'art de Joyce qui a écrit, dans Ulysse, la grande ouvre épique et satirique de notre temps.

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  • Dans le pays o√Ļ est n√© Oumar, il n'existe pas de mot pour dire ce qu'il est, seulement des p√©riphrases : stigal basakh vol stag, un ¬ę homme couleur de ciel ¬Ľ. R√©fugi√© √† La Haye, le jeune Tch√©tch√®ne se fait appeler Adam, passe son baccalaur√©at, boit des vodka-orange et embrasse des gar√ßons dans l'obscurit√© des clubs. Mais il ne vit sa libert√© que prudemment et dissimule sa nouvelle vie √† son jeune fr√®re Kirem, √† la col√®re muette. Par une journ√©e de juin, Oumar est soudain m√™l√© √† l'impensable, au pire, qui advient dans son ancien lyc√©e. La police est formelle : le terrible attentat a √©t√© commis par un lyc√©en tch√©tch√®ne.Des hommes couleur de ciel est l'histoire de deux fr√®res en exil qui ont voulu reconstruire leur vie en Europe. C'est l'histoire de leurs failles et de leurs cicatrices. Une histoire d'int√©gration et de d√©sint√©gration.

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  • ¬ęTout d'un coup, dans le petit chemin creux, je m'arr√™tai touch√© au coeur par un doux souvenir d'enfance : je venais de reconna√ģtre, aux feuilles d√©coup√©es et brillantes qui s'avan√ßaient sur le seuil, un buisson d'aub√©pines d√©fleuries, h√©las, depuis la fin du printemps. Autour de moi flottait une atmosph√®re d'anciens mois de Marie, d'apr√®s-midi du dimanche, de croyances, d'erreurs oubli√©es. J'aurais voulu la saisir. Je m'arr√™tai une seconde et Andr√©e, avec une divination charmante, me laissa causer un instant avec les feuilles de l'arbuste. Je leur demandai des nouvelles des fleurs, ces fleurs de l'aub√©pine pareilles √† de gaies jeunes filles √©tourdies, coquettes et pieuses. "Ces demoiselles sont parties depuis d√©j√† longtemps", me disaient les feuilles.¬Ľ

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  • ¬ę - Ah ! enlevez ces... enlevez donc ces... (Elle d√©signait les lunettes.) Pierre les enleva. Son regard n'√©tait pas seulement √©trange comme l'est d'ordinaire celui des gens qui enl√®vent leurs lunettes, il √©tait apeur√© et interrogateur. Pierre voulut se pencher sur la main d'H√©l√®ne et la baiser, mais d'un mouvement rapide et brutal de la t√™te, elle s'empara de ses l√®vres et y appuya les siennes. Le visage d'H√©l√®ne frappa d√©sagr√©ablement Pierre par son expression √©gar√©e. ¬Ľ

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  • C'est l'histoire d'une femme mal mari√©e, de son m√©diocre √©poux, de ses amants √©go√Įstes et vains, de ses r√™ves, de ses chim√®res, de sa mort. C'est l'histoire d'une province √©troite, d√©vote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman fran√ßais. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la soci√©t√© du Second Empire. Mais, inexorable comme une trag√©die, flamboyant comme un drame, mordant comme une com√©die, le livre s'√©tait donn√© une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.
    Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.

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  • Il √©tait une fois un monde o√Ļ la libert√© n'existait pas, o√Ļ chacun √©tait sous le contr√īle de tous, et surtout d'un seul : le Grand Fr√®re.
    Il √©tait une fois un monde o√Ļ la v√©rit√© r√©pondait aux int√©r√™ts de quelques-uns. O√Ļ le pass√© √©tait r√©√©crit selon les besoins du pr√©sent. O√Ļ le principe de non-contradiction n'avait plus cours. Ce qui √©tait faux hier est vrai aujourd'hui. 2 + 2 = 5.
    Dans ce monde, ni nos r√™ves ni nos d√©sirs ne nous appartiennent plus. ¬ę Ils ne peuvent pas entrer dans notre t√™te ¬Ľ, se dit le h√©ros. L'histoire montera que si, ils le peuvent.
    Mil neuf cent quatre-vingt-quatre est le récit de la résistance d'un homme ordinaire face à une machine de mort indestructible. Paru en 1949, le roman est une satire des totalitarismes, déguisée en une farce tragique, d'une glaçante actualité. Par son pouvoir de prémonition, Mil neuf cent quatre-vingt-quatre est de ces chefs-d'oeuvre qui nous marquent à jamais.

  • Tout va changer dans la vie du jeune Jim Hawkins le jour o√Ļ le ¬ę capitaine ¬Ľ, un vieux forban taciturne et grand amateur de rhum, s'installe dans l'auberge de ses parents, √† ¬ę L'Amiral Benbow ¬Ľ. Jim comprend vite que cet √©tranger n'est pas un client ordinaire. En effet, lorsqu'un effrayant aveugle frappe √† la porte de l'auberge isol√©e, apportant au marin la tache noire symbole des pirates et synonyme de mort, la chasse au tr√©sor a d√©j√† commenc√© !

  • On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, puis Dant√®s sentit qu'on le prenait par la t√™te et par les pieds et qu'on le balan√ßait.
    ¬ę Une, dirent les fossoyeurs.
    - Deux.
    - Trois ! ¬Ľ En m√™me temps, Dant√®s se sentit lanc√©, en effet, dans un vide √©norme, traversant les airs comme un oiseau bless√©, tombant, tombant toujours avec une √©pouvante qui lui gla√ßait le coeur. Quoique tir√© en bas par quelque chose de pesant qui pr√©cipitait son vol rapide, il lui sembla que cette chute durait un si√®cle. Enfin, avec un bruit √©pouvantable, il entra comme une fl√®che dans une eau glac√©e qui lui fit pousser un cri, √©touff√© √† l'instant m√™me par l'immersion.
    Dant√®s avait √©t√© lanc√© dans la mer, au fond de laquelle l'entra√ģnait un boulet de trente-six attach√© √† ses pieds.
    La mer est le cimeti√®re du ch√Ęteau d'If.

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  • ¬ę - Ah ! enlevez ces... enlevez donc ces... (Elle d√©signait les lunettes.) Pierre les enleva. Son regard n'√©tait pas seulement √©trange comme l'est d'ordinaire celui des gens qui enl√®vent leurs lunettes, il √©tait apeur√© et interrogateur. Pierre voulut se pencher sur la main d'H√©l√®ne et la baiser, mais d'un mouvement rapide et brutal de la t√™te, elle s'empara de ses l√®vres et y appuya les siennes. Le visage d'H√©l√®ne frappa d√©sagr√©ablement Pierre par son expression √©gar√©e. ¬Ľ

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  • Bel-Ami

    Guy De Maupassant

    Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgr√© sa vulgarit√© et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'interm√©diaire de ses ma√ģtresses et du journalisme. Cinq h√©ro√Įnes vont tour √† tour l'initier aux myst√®res du m√©tier, aux secrets de la mondanit√© et lui assurer la r√©ussite qu'il esp√®re. Dans cette soci√©t√© parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant d√©nonce avec force parce qu'il la conna√ģt bien, les femmes √©duquent, conseillent, oeuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entrem√™lent. Mais derri√®re les combines politiques et financi√®res, l'√©rotisme int√©ress√©, la mort est l√† qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-m√™me.

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  • Dans Les Trois Mousquetaires revit toute l'Histoire : le Moyen √āge parce que c'est une √©pop√©e chevaleresque ; le XVIIe si√®cle domin√© par Richelieu fondateur de la France moderne ; le romantisme parce que des h√©ros exceptionnels, qui ont disparu d'une soci√©t√© contemporaine d√©po√©tis√©e, se r√©fugient dans le roman. L'auteur y a mis tout son art : la surprise, la vitesse, l'humour, la couleur, le sens du myst√®re et de la grandeur. Le lecteur se sent un instant aventureux comme d'Artagnan, s√©ducteur comme Aramis, hercule comme Porthos, profond comme Athos, po√®te comme Dumas.

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  • A l'occasion du bicentenaire de la naissance de Baudelaire (9 avril 1821), nous publions une √©dition "collector" de son oeuvre phare, Les Fleurs du Mal, illustr√©e par le photographe contemporain Mathieu Trautmann. Nous voulons recr√©er l'effet de choc qu'ont connu les premiers lecteurs du recueil (dans les ann√©es 1860) : choc po√©tique, choc esth√©tique. Baudelaire √©crit des po√®mes d'amour, des po√®mes √©rotique, mais aussi des po√®mes sur le temps qui fuit, la d√©gradation du corps, la perte de la jeunesse et de l'amour, l'impossibilit√© d'√™tre en phase avec le monde. Ses images sont puissantes : la t√™te de mort, la charogne, la prostitu√©e, les lesbiennes... Le recueil a fait scandale. Enigmatique, myst√©rieux, v√©n√©neux, il continue de nous fasciner.
    Les "fleurs" de Mathieu Trautmann sont des vanités : belles et déjà fanées, offertes avec impudeur dans un érotisme assumé.
    Le texte et les images sont présentés en vis-à-vis, exceptionnellement sans appareil critique, afin d'inciter le lecteur à se plonger dans ce recueil, à se laisser envahir par ses parfums sensuels, mélancoliques et violents.

  • Somptueux divertissement po√©tico-militaire, pi√®ce historique qui rappelait √† la fois Les Trois Mousquetaires et le monde des pr√©cieux, drame en vers d'une ahurissante virtuosit√© o√Ļ parut revivre le meilleur de Ruy Blas, Cyrano conquit sans peine un public lass√© du th√©√Ętre d'id√©es, qu'enflamma le patriotisme culturel de l'auteur. ¬ę Ainsi, il y a un chef-d'oeuvre de plus au monde ¬Ľ, √©crivait Jules Renard le soir de la g√©n√©rale. Il faut sans doute en rabattre un peu, mais un peu seulement : bien que n√© dans le s√©rail de la plus bourgeoise des bourgeoisies, Cyrano demeure la plus grande r√©ussite de th√©√Ętre populaire √† ce jour connue et le dernier acte, avec son couvent et ses feuilles mortes, est aussi √©mouvant qu'un finale de Verdi.

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