Bouquins

  • En voyage, je vis, je respire, je cherche l'aventure. Je rencontre des ĂŞtres qui savent tenir une conversation, je croise quelques ennuis, je cueille une vision, je pousse une porte, je me sors d'un pas dĂ©sagrĂ©able. Je traverse une forĂŞt, je parle Ă  un homme que je ne connais pas et lui confie davantage de choses que s'il Ă©tait mon frère, parce que je suis sĂ»r de ne pas le revoir.
    L'énergie vagabonde, c'est la traversée de l'éphémère, perpétuellement renouvelé.L'énergie vagabonde consiste à faire moisson d'idées dans les collines inspirées. Un jour, les notes deviennent un livre. Aujourd'hui, ces livres sont rassemblés dans ce recueil.
    Il contient les récits de mes voyages à pied, à cheval, à bicyclette, dans les piémonts du Caucase, les steppes de l'Asie centrale, les taïgas de Sibérie, les plaines de Mongolie et de Russie, et sur le plateau du Tibet. Cette géographie a aimanté mon corps. Là-bas, les ciels aspirent le regard, les horizons reculent : on n'a pas de scrupules à tirer des bords en pareils parages ! Je joins à ces textes le souvenir de mes virées à moto sur les routes du Nouveau et de l'Ancien Monde, de mes bivouacs et de mes ascensions. À ces récits de promenades plus ou moins contrôlées, j'ai ajouté des reportages en des contrées lointaines où les hommes vivent des existences plus dangereuses que la mienne ainsi que certaines pages de mes journaux, tenus dans l'espoir de donner un ordre à ces agitations.
    Je crois aux vertus de la tangente et de l'échappée.
    Puisse l'Ă©nergie vagabonde ne jamais se tarir !
    Sylvain Tesson.

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  • Une femme mĂ»re de haute condition tente de dĂ©livrer un jeune homme de sa passion du jeu et accepte de se dĂ©grader pour sa rĂ©demption. Une histoire d'amour et de passion mais aussi une histoire de secret trop longtemps gardĂ© et dĂ©voilĂ© comme une libĂ©ration. Freud considĂ©rait cette nouvelle (1927) comme un chef-d'oeuvre et parlait du mariage rĂ©ussi entre la qualitĂ© esthĂ©tique du texte, son " inquiĂ©tante Ă©trangetĂ© ", et la vĂ©racitĂ© psychologique.

  • Mark Twain (1835-1910) a fait rire le monde entier par ses aphorismes et ses contes depuis La CĂ©lèbre Grenouille sauteuse de Calaveras County, dont il trouve l'anecdote dans un camp de chercheurs d'or de Californie en 1865. Il y aurait quelque paresse intellectuelle Ă  se contenter de la cĂ©lĂ©britĂ© que lui ont value ses contes et d'oublier les romans, fruits d'une expĂ©rience acquise au cours d'une existence tumultueuse et variĂ©e : apprenti typographe, journaliste, pilote pendant quatre ans sur le Mississipi, Ă©phĂ©mère officier de l'armĂ©e sudite, pionnier du Far-West, chercheur d'or, directeur de journal, imprimeur, Ă©diteur, voyageur, polĂ©miste, moraliste. Si l'on retrouve l'humour sarcastique de La CĂ©lèbre Grenouille sauteuse dans les romans Wilson TĂŞte-de-Mou et Les Jumeaux extraordinaires (1894), ou l'aplomb de l'AmĂ©ricain qui ne s'en laisse pas conter dans Un Yankee Ă  la cour du roi Arthur (1887), on dĂ©couvre un conteur tendre et presque fĂ©Ă©rique dans Le Prince et le Pauvre (1881). Mais c'est le cycle des aventures de Tom Sawyer (1876-1896), l'enfant indisciplinĂ© et aventureux, et de son ami Huckleberry Finn, petit clodo sympathique, qui a consacrĂ© Mark Twain comme le père fondateur du roman amĂ©ricain moderne.

  • Souvenez-vous. Les ferrets de la reine Anne d'Autriche, le duc de Buckingham, les perfidies de Richelieu, le siège de La Rochelle. Et, vingt ans après, l'autre cardinal, la Fronde, l'Angleterre de Cromwell, l'exĂ©cution de Charles 1er...
    Cette Histoire-là est inoubliable. Elle reste dans nos mémoires, revivifiée pour l'éternité par la présence des héros d'Alexandre Dumas, ces trois mousquetaires qui sont quatre - " tous pour un, un pour tous " -, par la magie de ces romans où vibrent, à l'infini, dans le fracas des chevauchées et des épées, la fougue de la jeunesse, le goût de l'aventure, la force de l'amitié, la nostalgie du temps qui passe, la mort qui rôde, aussi, portée par les vents contraires des grands événements.


    C'est le théâtre qui avait fait d'abord la gloire de Dumas. On découvrira ici La Jeunesse des mousquetaires qu'il adapta pour la scène en 1849.

  • Tout en prenant un malin plaisir Ă  se dĂ©clarer rĂ©ticent Ă  ce genre d'exercice, Jean d'Ormesson dĂ©ploie dans l'art Ă©pistolaire autant de brio et de virtuositĂ© que de talents de stratège et de sĂ©ducteur. Il laisse libre cours, dans cette version la moins « autorisĂ©e » de son autobiographie, Ă  son franc-parler, sa malice, son goĂ»t de l'ironie et de la facĂ©tie.

    C'est tout l'arrière-plan de son parcours dans le siècle que l'on voit se dessiner au fil de ces échanges multiples, sous l'effet révélateur des relations qui ont le plus compté dans son existence. Le meilleur de sa correspondance, en dehors de ses grandes amitiés littéraires, gravite autour de quelques figures clés. De Raymond Aron ou Roger Caillois à Claude Lévi-Strauss, tous ont agi sur Jean d'Ormesson comme autant de maîtres et d'inspirateurs dans sa réflexion intellectuelle et philosophique et l'évolution de son oeuvre.

    « Les amitiés qui commencent par les livres sont peut-être les plus fortes », écrivait-il à José Cabanis. Cet ensemble de « messages portés par les nuages », selon la formule de Jean-Marie Rouart, en offre une vivante et savoureuse illustration. C'est le même amour fou de la littérature qui explique l'amitié paradoxale de Jean d'Ormesson avec des auteurs aussi distincts de lui que Michel Déon ou François Nourissier. À travers eux on découvre ici son autoportrait le plus inattendu.
    Jean-Luc Barré.

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  • Sous la forme d'une Ă©phĂ©mĂ©ride, et ce sur presque tous les jours de cette annĂ©e 2020, je consigne chaque dĂ©lire dont notre temps est capable.
    Dans ce journal se croisent une petite fille de huit ans qui veut changer de sexe depuis l'âge de quatre ans ; des égorgeurs présentés comme de pauvres victimes d'elles-mêmes ; une jeune fille qui ne va plus à l'école et prophétise la catastrophe climatologique dont le clergé de son pays nous dit qu'elle est le Christ ; des femmes qui vendent des enfants pendant que d'autres les achètent ; l'Église catholique qui court après les modes du politiquement correct ; le journal Libération qui se dit progressiste en célébrant la coprophagie et la zoophilie ; des végans qui militent contre les chiens d'aveugles ; une anthropologue qui trouve qu'il y a trop de dinosaures mâles et pas assez de femelles dans les musées ; des pédophiles qui achètent des viols d'enfants en direct sur le Net ; un Tour de France qui commence au Danemark et un Paris-Dakar ayant lieu en Amérique du Sud ; un parfum élaboré par une femme à partir des odeurs de son sexe ; un chef de l'État qui, entre autres sorties, se félicite que ses ministres soient des amateurs ; Le Monde qui estime courageuse une mise en scène théâtrale qui présente Lucien de Rubempré en femme ; le pape et Tariq Ramadan pour qui le coronavirus est une punition divine - et autres joyeusetés du même genre... Entre rire voltairien et rire jaune, cette Nef des fous est un genre de journal du Bas-Empire de notre civilisation qui s'effondre.
    M. O.

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  • La plus longue nouvelle de Zweig, splendide histoire de passion et de transgression.
    À l'occasion d'un hommage qui lui est rendu, un vieil universitaire s'aperçoit que, parmi tous les noms qui ont été cités et sont censés avoir marqué sa carrière, il manque le principal : le nom d'un professeur d'anglais qui, il y a bien des années, lui a donné le goût de la littérature. Pour réparer cet oubli, il écrit alors ses souvenirs et le désarroi qu'il a éprouvé face à cet homme mystérieux, imprévisible et passionné qui un jour lui avoue son amour. Un récit flamboyant et audacieux qui met à nu la complexité des désirs.

  • L'art du portrait relève de l'autoportrait : on ne choisit pas par hasard d'isoler une figure parmi une multitude pour lui consacrer un livre sans exprimer quelque chose de soi... Pourquoi elle ou lui ? Et pas tel ou telle ? Peindre un tiers, c'est donner une image de soi.
    Ces Vies philosophiques retracent les parcours de personnes pour lesquelles la philosophie n'était pas un jeu rhétorique ou sophistique, mais l'affaire d'une existence.
    Montaigne, Charlotte Corday, Mme Roland, Théroigne de Méricourt, Olympe de Gouges, Germaine de Staël, Brummell, Nietzsche, Thoreau, Georges Palante, Camus, Bourdieu ont servi la philosophie et la pensée plus qu'ils ne s'en sont servis - au contraire de Freud, lui aussi portraituré ici mais comme le contre-modèle d'une vie philosophique !
    J'estime en effet que la preuve du philosophe, c'est la vie philosophique qu'il mène - ou non... Il n'est pas tenu de réussir, mais, du moins, s'il veut être crédible, il est obligé d'essayer.
    Ces Vies sont autant d'occasions d'Ă©dification existentielle.
    M. O.

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  • La vitalitĂ© artistique de la bande dessinĂ©e est aujourd'hui largement reconnue, particulièrement en France. Ses crĂ©ateurs sont considĂ©rĂ©s sur un pied d'Ă©galitĂ© avec les artistes de toutes disciplines. Beaucoup d'entre eux Ă©largissent d'ailleurs leur champ d'activitĂ© Ă  d'autres formes, comme le roman, le cinĂ©ma, l'affiche ou la scĂ©nographie d'expositions.
    Intronisée « neuvième art » à la fin des années 1960, la bande dessinée a aussi suscité, particulièrement depuis une vingtaine d'années, une littérature critique de plus en plus abondante. Il manquait cependant un ouvrage de grande synthèse pour faire le point sur toutes les notions relatives à ce mode d'expression qui, pour être populaire et enfin légitimé, reste quelquefois difficile à appréhender dans sa spécificité, à mi-chemin entre les arts du livre et les arts visuels. Le présent Bouquin de la bande dessinée. Dictionnaire esthétique et thématique vient combler cette lacune, abordant le genre sous tous ses aspects, à la fois comme art, comme langage, comme littérature et comme culture à part entière. Non seulement il présente un état complet et structuré du savoir et de la pensée sur la bande dessinée, mais il se risque à défricher quelques pistes nouvelles, esquissant une véritable poétique.
    Avec près de cent cinquante entrées qui sont autant d'articles fouillés, ce dictionnaire satisfera la curiosité des amateurs, néophytes ou passionnés, et sera un outil irremplaçable pour les chercheurs et les enseignants.

    En coédition avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image.

  • 1815. AccusĂ© de bonapartisme, Edmond Dantès est emprisonnĂ© au château d'If, victime de deux rivaux, Fernand et Danglars, et de Villefort, un magistrat ambitieux. Grâce Ă  l'amitiĂ© de l'abbĂ© Faria, il s'Ă©vade et peut alors assouvir sa vengeance. Version abrĂ©gĂ©e avec dossier pĂ©dagogique.

  • Michelle Perrot est une des plus grandes historiennes contemporaines. Ses travaux, pionniers en matière d'histoire sociale, d'histoire des marges, des femmes et du genre, ont puissamment contribuĂ© Ă  renouveler la discipline et ses objets. Les trois sĂ©quences qui rythment ce volume correspondent Ă  ses thèmes de prĂ©dilection : ouvriers, marges et murs, femmes.
    S'intéressant à travers eux à des figures de dominés, longtemps ignorés par les chercheurs, elle explore les traces à demi effacées de vies ordinaires qui, elles aussi, ont fait l'histoire : celles des ouvriers en grève ou des détenus du XIXe siècle, celles des enfants des rues, vagabonds ou autres Apaches de la Belle Époque. Celles enfin des femmes, toujours inscrites dans la diversité de leurs parcours et saisies dans la variété de leurs lieux de vie : la chambre, l'atelier, l'usine, la maison bourgeoise, la rue.
    Longtemps étouffées ou inaudibles, les voix de ces femmes, ouvrières (« mot impie », selon Michelet) ou autrices (au premier rang desquelles George Sand), militantes ou anonymes, aux corps assujettis ou triomphants, exploités et désirés, sont restituées par la force d'un style singulier. Toutes semblent se rejoindre in fine dans la figure de Lucie Baud, « révoltée de la soie », meneuse de grève en Isère et inspiratrice de Mélancolie ouvrière, saisissant livre-enquête ici reproduit en intégralité.
    Michelle Perrot a elle-même assuré la sélection, l'agencement et la présentation des textes retenus, portant un regard résolument lucide et personnel sur plus d'un demi-siècle de recherche et d'engagement. Ce volume permet d'en mesurer toute l'ampleur.

  • Paul Veyne est un savant hors pair : un immense historien de Rome, un très grand latiniste, doublĂ© d'un intellectuel inclassable, dĂ©routant, non conformiste, Ă©pris de libertĂ© et Ă©tincelant d'humour.
    Cet ouvrage permet de découvrir l'univers d'un homme curieux de tout, de suivre les cheminements de l'écrivain, de l'historien virtuose. La profusion des idées, les notations ou les éreintements jubilatoires, la phrase qui tranche net, le regard à l'affût des sujets les plus divers, l'appétit de savoir, les positions qui s'imbriquent et se superposent sont autant d'ingrédients d'une oeuvre originale, irriguée par la vivacité d'un style libre et inventif.
    Derrière l'apparence trompeuse d'une légèreté parfois déconcertante, la pensée avance, toujours plus subtile. Sur des thèmes volontiers ardus, et abordés avec toutes les ressources de l'érudition, Paul Veyne offre au lecteur des points d'accroche chaque fois saisissants, par leur fantaisie, leur incongruité, leurs anachronismes réfléchis. Il finit ainsi par établir une sorte de familiarité avec des mondes et des hommes à première vue très éloignés de nous.
    Mêlant autobiographie, études d'histoire antique, extraits de traductions de poésie latine et témoignages d'amitié, cet ensemble d'une exceptionnelle densité embrasse la majeure partie de l'histoire et de la littérature du monde gréco-romain, sans cesser d'être en dialogue avec nos poètes et philosophes contemporains.

  • Arthur Rimbaud a Ă©crit toute son oeuvre, l'une des plus belles de notre langue, entre seize et vingt ans. Pour des gĂ©nĂ©rations de lecteurs, l'oeuvre et la vie forment un mythe : le jeune poète qui fugue et dort Ă  la belle Ă©toile ; le rejet de la contrainte morale et familiale ; la dĂ©testation de la province ; les poèmes envoyĂ©s par la poste dans des lettres insuffisamment affranchies ; la bohème ; le voleur de feu et le voleur de livres ; le voyage qui permet de transbahuter la vie ; l'amour fou pour Verlaine ; bientĂ´t le « DĂ©part » et le commerce du cafĂ©, de la gomme, du musc au bord de la mer Rouge et les caravanes Ă  soixante chameaux dans le dĂ©sert.
    L'ouvrage de Jean-Jacques Lefrère s'est imposé comme la biographie de référence, la plus sûre et, de loin, la meilleure, parce qu'elle contient l'ensemble des informations disponibles, en tout cas les plus plausibles, et parce qu'elle dit même ce qu'on ne sait pas. En creux, on y lit aussi la meilleure biographie de Verlaine.
    Médecin lettré et scientifique positiviste, Jean-Jacques Lefrère réalise ici ce qu'il faut bien appeler une autopsie, une dissection de la vie de Rimbaud. Sa méthode : le culte du document et l'ampleur de la documentation. Son ambition : dire les faits. Son sentiment : la passion pour l'oeuvre. Si les biographies de Rimbaud sont nombreuses, celle-ci, qui n'a d'autre objectif que le « vrai », est unique.
    Dans une longue préface sur Rimbaud et son influence, il m'a semblé important d'expliquer pourquoi, longtemps après la mort du poète, nous sommes toujours « rimbaldiens ».
    Frédéric Martel ;

  • Le titre de ce volume fait Ă©cho Ă  un ouvrage collectif supervisĂ© par Morin et intitulĂ© L'UnitĂ© de l'homme, qui a ouvert en 1974 une grande enquĂŞte collective d'« anthropologie fondamentale », riche en dĂ©veloppements sur « la MĂ©thode ». Ce « Bouquin », lui, rĂ©unit les cinq premiers maĂ®tres-livres de l'auteur publiĂ©s avant cette date. Ces livres, Ă©crits d'une plume claire, demeurent plus accessibles Ă  un large public que ceux qui ont suivi. Chemin faisant, on dĂ©couvrira comment et pourquoi ce maĂ®tre en sciences sociales ne peut pas ĂŞtre mis dans un tiroir disciplinaire :
    - autodidacte, au fond, mais entré au CNRS grâce à la Résistance et pour un livre d'anthropologie écrit pendant son chômage :
    /> - sociologue, si on veut, mais Ă©tranger aux chapelles.
    - anthropologue, peut-être, mais des sociétés occidentales contemporaines.
    Le laboratoire qu'il a fondé en 1960 a accueilli plusieurs atypiques comme lui, à commencer par Roland Barthes. Il s'appelle aujourd'hui, tout simplement, Centre Edgar-Morin. On l'aura compris : le premier chercheur qui ait travaillé sur le phénomène « yé-yé » (c'est lui qui a inventé le mot), l'homme qui a poussé Jean Rouch à tourner un film non plus sur l'Afrique mais sur Paris (Chronique d'un été, 1961, avec le tout jeune Régis Debray et la sémillante Marceline Loridan...), le premier intellectuel qui ait publié son analyse de Mai 68 (au mois de juillet), ne peut pas être fondamentalement mauvais...
    C'est sans doute pour tout cela, parce que c'est un inclassable, un irrécupérable, un in-discipliné, qu'il fut et demeure un maître. Comme devraient l'être tous les maîtres : gourmand de culture, sans arrogance et attiré plus par le dialogue que par la controverse.

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  • Amok

    Stefan Zweig

    Dans cette nouvelle publiée en 1922, il est question de la folie, de la mort, de la dégradation que subit l'être humain dans son esprit et dans sa chair lorsqu'il est emporté par ses passions. Le cadre du récit est celui d'une colonie néerlandaise des tropiques, un lieu moite, malsain et brutal. Le personnage principal, un médecin éconduit par une belle Européenne, se lance à sa recherche dans une course insensée, comme l'un de ces fous qui, en Malaisie, dévalent parfois subitement les rues, armés de leur kriss, et poignardent tous ceux qui se trouvent sur leur chemin.

  • Qu'arrive-t-il (ou pas) après la mort ? Existe-t-il d'autres mondes derrière la nature visible ? Trois spĂ©cialistes rĂ©pondent Ă  ces questions sous divers angles : la religion, la science, la parapsychologie, la philosophie, l'Ă©sotĂ©risme, la littĂ©rature. Ils Ă©tudient les croyances, les comportements universels, comme la peur des revenants, l'espoir de retrouver ses proches dĂ©cĂ©dĂ©s... Ce qu'on croyait savoir semble remis en cause : la mort n'est pas un bref moment, mais un long processus oĂą la vie persiste, l'immortalitĂ© n'est pas rĂ©servĂ©e aux croyants.
    A l'inverse, ce qui semblait absurde, invraisemblable s'avère possible : le transhumanisme ne promet-il pas l'immortalité physique ? Cette encyclopédie sur l'autre vie possible porte divers regards sur une même question : après la mort, est-ce que la conscience individuelle se conserve un moment ou pour toujours, et pour quoi faire ? Tout être naît, dure, décline, meurt et puis reparaît ! Chaque vivant finit par périr, ternir, pourrir pour enfin se stabiliser en squelette, en ancêtre, en étoile, en angelot ou autre.
    Vrai ou faux ? Voici le dossier, documents à l'appui, où les idées les plus rationnelles voisinent avec les faits les plus bizarres.

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  • De 1952 Ă  1970, pendant près de vingt ans, François Mauriac a rĂ©gnĂ© sur le journalisme politique, Ă  L'Express puis au Figaro, dont il fut l'Ă©ditorialiste vedette. Il y a inventĂ© une catĂ©gorie particulière, celle de l'Ă©crivain-journaliste. Il connut Ă  travers son Bloc-notes un rayonnement exceptionnel. Son influence sur l'opinion lui valait d'ĂŞtre craint par les pouvoirs en place, de droite comme de gauche, dont il ne cessa de stigmatiser, souvent avec fĂ©rocitĂ©, la corruption, l'impuissance et la mĂ©diocritĂ©.
    Mauriac maniait avec un brio implacable l'art de la polémique et rares sont ceux qui eurent grâce à ses yeux : essentiellement Pierre Mendès France, qu'il défendit avec fougue au moment de son bref passage à la tête du gouvernement, et Charles de Gaulle, auquel il apporta un soutien fervent, notamment durant la guerre d'Algérie et jusqu'à son départ.
    Malgré son peu d'indulgence, Mauriac s'exprimait en tant que chrétien au nom d'une exigence de justice et de charité. Ce sont ces convictions qui inspirèrent son combat en faveur de la décolonisation et contre toutes les formes d'oppression et de discrimination.
    Oeuvre d'engagement, son Bloc-notes raconte et traverse deux décennies d'histoire française comme une véritable dramaturgie romanesque. L'écrivain y livre aussi beaucoup de lui-même, de sa foi, de ses goûts littéraires, de son amour de la nature et des paysages qui lui sont restés familiers depuis son enfance. Témoin tour à tour fasciné, amusé, indigné et plus rarement admiratif d'une actualité souvent tragique, il ne s'éloigne jamais de lui-même en parlant des autres, explorateur inlassable des passions humaines.
    Jean-Luc Barré.

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  • Ă€ bien des Ă©gards, Les Essais constituent l'oeuvre fondatrice des lettres françaises et de la pensĂ©e occidentale moderne, dont Montaigne est l'un des pères. Or rares sont ceux qui, en France, peuvent vraiment lire Montaigne, hormis les spĂ©cialistes, Ă  cause des difficultĂ©s du moyen français. Une nouvelle Ă©dition des Essais s'imposait, non pas « modernisĂ©e » et encore moins « traduite en français moderne », mais rajeunie et rafraĂ®chie, pour rendre enfin accessible l'oeuvre du plus contemporain de nos classiques, le seul qui sache allier savoureusement des rĂ©flexions sur l'amour, la politique, la religion, et des confidences plus intimes sur sa santĂ© ou sa sexualitĂ©.
    L'objectif de cette monumentale entreprise conduite par Bernard Combeaud, avec le concours de Nina Mueggler, est d'offrir des Essais restaurés et revitalisés, à partir de l'édition de 1595, pour que chacun puisse s'entretenir commodément avec un écrivain aux idées foisonnantes, salué par Stefan Zweig comme « l'ancêtre, le protecteur et l'ami de chaque homme libre sur terre ».
    Les traductions du grec et du latin sont toutes originales, les notes ont été réduites au minimum. Seules la ponctuation, l'accentuation, l'orthographe ont été systématiquement modernisées dans le souci constant de préserver la saveur originelle d'une langue si singulière, de préserver les images, les jeux de mots, les idiotismes gascons ou latinisants propres au style de Montaigne.
    Dans une longue préface inédite et percutante, Michel Onfray désigne l'auteur des Essais comme l'un de ses maîtres à penser et à vivre. Il explique « pourquoi et comment il faut lire et relire Montaigne », philosophe qui apprend à « savoir jouir loyalement de son être ».

  • De 1952 Ă  1970, pendant près de vingt ans, François Mauriac a rĂ©gnĂ© sur le journalisme politique, Ă  L'Express puis au Figaro, dont il fut l'Ă©ditorialiste vedette. Il y a inventĂ© une catĂ©gorie particulière, celle de l'Ă©crivain-journaliste. Il connut Ă  travers son Bloc-notes un rayonnement exceptionnel. Son influence sur l'opinion lui valait d'ĂŞtre craint par les pouvoirs en place, de droite comme de gauche, dont il ne cessa de stigmatiser, souvent avec fĂ©rocitĂ©, la corruption, l'impuissance et la mĂ©diocritĂ©.
    Mauriac maniait avec un brio implacable l'art de la polémique et rares sont ceux qui eurent grâce à ses yeux : essentiellement Pierre Mendès France, qu'il défendit avec fougue au moment de son bref passage à la tête du gouvernement, et Charles de Gaulle, auquel il apporta un soutien fervent, notamment durant la guerre d'Algérie et jusqu'à son départ.
    Malgré son peu d'indulgence, Mauriac s'exprimait en tant que chrétien au nom d'une exigence de justice et de charité. Ce sont ces convictions qui inspirèrent son combat en faveur de la décolonisation et contre toutes les formes d'oppression et de discrimination.
    Oeuvre d'engagement, son Bloc-notes raconte et traverse deux décennies d'histoire française comme une véritable dramaturgie romanesque. L'écrivain y livre aussi beaucoup de lui-même, de sa foi, de ses goûts littéraires, de son amour de la nature et des paysages qui lui sont restés familiers depuis son enfance. Témoin tour à tour fasciné, amusé, indigné et plus rarement admiratif d'une actualité souvent tragique, il ne s'éloigne jamais de lui-même en parlant des autres, explorateur inlassable des passions humaines.
    Jean-Luc Barré.

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  • C'est l'histoire d'une fratrie, issue d'une famille pour le moins originale, qui, au dĂ©but du XXe siècle, a semĂ© le dĂ©sordre et la folie dans une AmĂ©rique bien-pensante et dont les membres sont les plus grands comĂ©diens du cinĂ©ma burlesque parlant : Chico (Leonard), l'aĂ®nĂ©, reconnaissable Ă  sa technique du « doigt revolver », Harpo (Adolph), muet comme Harpocrate, le dieu grec du silence, et toujours vĂŞtu d'un manteau bourrĂ© d'ustensiles de cuisine, Groucho (Julius), le plus cĂ©lèbre, obsĂ©dĂ© sexuel et textuel (autobiographie, correspondance, etc.), Gummo (Milton), imprĂ©sario de ses frères, et Zeppo (Herbert), qui Ă©tait « comme tout le monde ».
    Dans cet ouvrage, Chantal Knecht, qui a consacré aux Marx une grande partie de son existence, s'attache à relater leur fabuleuse vie artistique. On y trouvera tous les éléments biographiques expliquant la genèse de leur carrière fulgurante après leur triomphe sur la scène à Broadway en 1924 et des révélations désopilantes, tant sur leur vie personnelle que sur les coulisses d'Hollywood, où ils étaient aussi bien admirés par Charlie Chaplin ou Bob Hope que célébrés par l'intelligentsia, Fitzgerald ou Gershwin.
    Enfin, cet ensemble naturellement hilarant fait une large part à la façon dont les Marx ont su exploiter leurs nombreux talents à la radio puis à la télévision, et surtout au cinéma à travers leurs treize films, avec une mention spéciale pour La Soupe au canard où l'on voit Margaret Dumont accueillir Groucho « à bras ouverts » et celui-ci lui répondre : « À quelle heure fermez-vous ? »

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  • Il y a du bonheur Ă  voir rassemblĂ©s les livres que l'on a Ă©crits tout au long de sa vie. Ce bonheur se double de la sensation d'un privilège quand il s'agit d'une collection prestigieuse et familière. ĂŠtre en « Bouquins », c'est un concept. Une occasion de s'interroger, aussi. Est-ce que je suis vraiment en « Bouquins » ? Et est-ce que je suis vraiment en bouquins ? MĂŞme sans majuscule, le s est de rigueur, puisqu'il y aura en l'occurrence deux « Bouquins », celui-ci qui regroupe mes romans et textes intimes, et un second qui sera celui des textes courts. C'est l'occasion aussi de saluer la chance, qui m'aura permis de poursuivre aussi longtemps un chemin d'Ă©criture, et de rencontrer des Ă©diteurs et des lecteurs. Chance amusĂ©e de peser un peu lourd dans les mains, après tant de volumes si minces. Mais quoi, Ă  dĂ©faut de se laisser aller Ă  l'embonpoint, c'est bon de pouvoir peser cela, de pouvoir se dire oui, ma vie avait peut-ĂŞtre ce sens-lĂ . ĂŠtre en bouquins.
    Le Buveur de temps. C'est le titre d'un de mes premiers romans, et cela pourrait être aussi la définition d'une attitude et d'un regard qui valent pour tout ce que j'aurai fait. Il ne s'agit pas de prétendre à quelque mainmise sur le temps, mais d'une tendance plutôt constante à essayer de l'apprivoiser, voire à le déguster quand il se peut.
    Philippe Delerm.

    Ce volume contient : La Cinquième Saison - Un été pour mémoire - Le Buveur de temps - Autumn - Les Amoureux de l'Hôtel de Ville - Mister Mouse ou la Métaphysique du terrier - Sundborn ou les Jours de lumière - Monsieur Spitzweg : Il avait plu tout le dimanche, Monsieur Spitzweg s'échappe, Quelque chose en lui de Bartleby - Le Portique - La Bulle de Tiepolo - Elle marchait sur un fil - Entrées libres - Le Miroir de ma mère - À Garonne - Écrire est une enfance - Journal d'un homme heureux.

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