John Brinckerhoff Jackson

  • Figure majeure et originale des landscape studies anglo-saxonnes, Jackson (1911-1996), fut successivement touriste-reporter un Europe, romancier, cow-boy, officier de renseignement, ranchero, éditeur, et visiting professor dans quelques-unes des plus grandes universités américaines. Les nombreux essais qu'il a consacrés à la lecture des paysages occidentaux et a leurs mutations conjuguent une observation de première main avec une culture historique exceptionnelle et une grande indépendance d'esprit qui s'exprime dans une prose souple et maîtrisée. Dans la Nécessité des Ruines, l'un de ses recueils les plus aboutis, ce précurseur de l'enseignement du paysage livre une sorte de testament : de la balade considérée comme un des beaux-arts.

  • L'oeuvre de John Brinckerhoff Jackson reste peu connue des lecteurs français. Pourtant, pendant près d'un demi-siècle, Jackson a joué aux Etats-Unis un rôle de premier plan dans la constitution d'un champ de réflexion théorique et historique nouveau : le paysage. Formé à la culture des paysages européens, par ses voyages dans l'Europe d'avant-guerre et par ses lectures des géographes français, Jackson a fait partie, après 1945, de ceux qui ont fondé l'enseignement et la recherche sur les paysages américains, dont il a perçu, et promu, la véritable originalité. A la découverte du paysage vernaculaire est le premier livre de Jackson traduit en France. L'auteur y définit tout d'abord le paysage : avant d'être contemplé et apprécié esthétiquement, il est produit et habité par les hommes, qui organisent collectivement, selon le principe du bien-être, leur cadre d'existence sur la Terre. Il nous livre ensuite une distinction fondamentale entre le "paysage politique" (produit par le pouvoir) et le "paysage vernaculaire" (fabriqué localement par les habitants) qui révèle deux manières d'aménager l'espace à travers l'histoire. Il observe aussi, avec humour, le devenir des paysages contemporains : les parcs publics, l'habitat mobile... et y voit, avec confiance, de nouvelles formes de la conscience paysagère où habiter ne se confond plus nécessairement avec demeurer. Enfin, évoquant ses souvenirs de la Seconde Guerre mondiale, à laquelle il a participé en tant qu'officier de renseignements, il montre en quoi l'intérêt pour le paysage est d'abord l'expression d'un attachement pour le monde.

  • Au milieu des années 1980, John Brinckerhoff Jackson entama une collaboration de plusieurs annnées avec le photographe Peter Brown, en vue de décrire le paysage de l'Ouest américain, dans les Hautes Plaines. Ils parcourent le Texas, le Nouveau Mexique, photographiant, discutant avec les habitants. Ce livre est le résultat de cette aventure.
    Jackson raconte les mutations de l'Ouest américain, depuis l'arrivée des premiers pionniers, « le premier aperçu terrifiant d'un pays dépourvu de maisons, de routes et même d'arbres », « les horizons tremblants, une étendue sans immobile au milieu ». Il raconte la sociabilité des cow-boys, l'expansion des fils barbelés, la grille, la culture automobile, l'émergence du strip. Il dessine le changement séculaire d'une ville à la fois générique et imaginaire, Choctaw City.
    Une genèse de l'Amérique à travers l'invention de son temps et de son espace propres.

    Première édition mondiale (ouvrage inédit aux USA).

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