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  • « Si toute condition humaine n'est pas renfermée dans ces pages, du moins est-il certain qu'elle ne cesse pas d'y être en question, et si tragiquement, si profondément que le livre se trouve encore accordé par ses accents aux peines les plus lourdes et aux plus grandes souffrances. C'est un sûr gage de son exceptionnelle valeur. [...] La plus grande beauté du livre - et je ne dis rien de l'intensité de certaines descriptions ou de certaines scènes qui appellent l'image de reproduction cinématographique - est dans quelques conversations terriblement lucides au cours desquelles les personnages, haussés au-dessus d'eux-mêmes par l'événement, livrent tout leur secret. C'est là qu'il faut chercher l'esprit de l'oeuvre, la définition qu'on peut tirer de notre condition.
    Nous sommes seuls, d'une solitude que rien ne peut guérir, contre laquelle nous ne cessons pas de lutter. » Jean Guéhenno.

  • L'espoir

    André Malraux

    « Le livre de Malraux reflète fidèlement le désarroi, les promiscuités et les atrocités d'une révolution ; mais il en exprime aussi la conscience, le sens, le mouvement souterrain. Et c'est parce qu'il ne cache rien des horreurs et des niaiseries de la guerre civile, qu'il charge son titre d'une valeur singulière. Voici les fautes, voici les sots, les mercenaires, les guerriers, voici le doute qui prend le plus résolu quand, à l'instant de mourir, il sent que son corps était beau ; mais voici cette attente, cet appel, cette recherche, on ne sait au juste de quoi, de quelque chose qui efface le passé, d'une communion plus intime dans le danger, la lutte, la souffrance, d'une patrie, d'une gestation, d'une justification par le sacrifice ; - l'espoir. »

  • Ce volume donne à voir toutes les facettes de l'oeuvre de Malraux. Le romancier y côtoie l'essayiste, le penseur de tous les arts - cinéma, peinture, sculpture, littérature - et du Musée imaginaire, l'(anti-)mémorialiste, et l'orateur dont la voix retentit dans «la nuit de décembre à Paris, avec des étoiles glacées au-dessus de la découpure des cheminées de Daumier», pour accompagner Jean Moulin au Panthéon. Cette voix en apparence officielle a parfois couvert celle de l'écrivain. L'une et l'autre sont pourtant au service d'une même réflexion sur la condition de l'homme. Le titre du roman de 1933, La Condition humaine, pourrait être celui de l'oeuvre tout entière.
    Au tragique de l'Histoire, qui fait la toile de fond des romans et, aussi bien, celle des écrits mémoriels, répondent toujours, chez Malraux, des scènes de fraternité, parmi les plus fortes que l'on ait jamais écrites. À la pensée de la mort succède la grâce fugitive d'un pur étonnement de vivre. Au monde tel qu'il est s'oppose la création artistique, qui ne transcrit pas le réel, mais rivalise avec lui. Partout, cette «avidité d'absolu» que Malraux avait perçue chez Goya. Partout aussi, cette touche de farfelu grâce à laquelle l'écrivain, sa vie durant, a entendu faire contrepoids à l'Histoire et saper l'illusion d'un monde en ordre. «Me croyez-vous mort?» lui écrivait Picasso, que l'on avait oublié d'inviter à une exposition de ses propres oeuvres. «Me croyez-vous ministre?» lui répondit Malraux.
    Malraux, le croyez-vous ministre? Il l'a été, et non des moindres, dans une fidélité souvent mal comprise à ses engagements de toujours. Mais il fut avant tout un écrivain. Quarante ans après sa mort, où en sommes-nous avec Malraux écrivain? Ce volume est l'une des réponses possibles à cette question. Il propose une traversée de tout l'univers des formes explorées par Malraux, la (re)découverte d'ouvrages et de textes majeurs, inégalement célèbres, et l'occasion de percevoir la profonde unité d'une oeuvre qui formulait, au siècle dernier, toutes les interrogations qui agitent notre temps et nos vies.

  • André Malraux La Voie royale Au début des années vingt, le jeune archéologue Claude Vannec, en quête d'une rapide fortune, s'est embarqué pour l'Indochine dans l'espoir de découvrir et de revendre quelques-uns des inestimable bas-reliefs ornant les temples de l'antique route royale khmère, aujourd'hui submergée par la jungle. Lorsqu'il rencontre Perken, il est fasciné par cet aventurier de légende au masque de proconsul romain, qui professe un total mépris des valeurs établies et peut-être offre à Claude la préfiguration de son avenir.
    Ensemble, ils décident d'affronter les périls d'une expédition qui défie toutes les lois. Et lorsque la forêt indochinoise se sera refermée sur eux, dans une lumière glauque d'abîme sous-marin, ils partageront la terreur des bêtes sans nom qui peuplent cet univers antédiluvien et dont la tête émerge à peine d'un sol spongieux et décomposé. Mais surtout, une fois parvenus, chargés de leur butin, en territoire insoumis, ils découvriront, en retrouvant l'un des leurs prisonnier des tribus Moïs, l'horreur de l'inhumain, cette « épouvante de l'homme abandonné parmi des fous qui vont bouger ».
    Roman d'aventures, partiellement autobiographique, La Voie royale est aussi une réflexion passionnée sur la mort et sur les vains défis que l'homme lui oppose.

    Préface, notes et commentaires de Christiane Moatti

  • "qu'avaient vu, jusqu'en 1900, ceux dont les réflexions sur l'art demeurent pour nous révélatrices ou significatives, et dont nous supposons qu'ils parlent des mêmes oeuvres que nous (...
    )oe deux ou trois grands musées, et les photos, gravures ou copies d'une faible partie des chefs-d'oeuvre de l'europe. [...] aujourd'hui, un étudiant dispose de la reproduction en couleurs de la plupart des oeuvres magistrales, découvre nombre de peintures secondaires, les arts archaïques, les sculptures indienne, chinoise, japonaise et précolombienne des hautes époques, une partie de l'art byzantin, les fresques romanes, les arts sauvages et populaires.
    (...) nous disposons de plus d'oeuvres significatives, pour suppléer aux défaillances de notre mémoire, que n'en pourrait contenir le plus grand musée. car un musée imaginaire s'est ouvert, qui va pousser à l'extrême l'incomplète confrontation imposée par les vrais musées: répondant à l'appel de ceux-ci, les arts plastiques ont inventé leur imprimerie".

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  • Les OEuvres complètes de Malraux seront présentées en six tomes distribués de la façon suivante : les deux premiers volumes sont consacrés aux oeuvres de fiction ; le tome III au Miroir des limbes ; le tome IV rassemblera les essais littéraires et les deux derniers volumes procureront tous les textes esthétiques.
    Cette édition révélera un Malraux inconnu. La part de textes publiés en revues, introuvables, et - plus encore - la publication d'oeuvres inédites - dont deux romans - donneront, s'il se peut, à cet homme «si ondoyant et si divers» (ainsi que l'eût écrit Montaigne), d'autres visages encore : mais, au «dernier jour, entre des myriades de ressuscités, écrit Jean Grosjean dans sa préface, je le reconnaîtrai à son sourire de faux enfant candide et pas dupe, à sa chaleureuse et maladroite fraternité de solitaire pareille à cette connivence profonde et gênée que les ermites entretiennent avec les chardons de leur désert». Et encore : «Sa célébrité aura beau grandir, elle ne le fera pas tellement connaître. Son charme lui venait d'avoir tourné le dos aux puérilités sans croire aux mûrissements. Ce fut sa force et sa faiblesse d'avoir triomphé de l'enfance sans succomber à aucune maturation.»

  • « Pourquoi la jeunesse n'est pas écoutée avant quarante ans ? » Quelques mois avant Mai 68, à l'occasion de la parution de ses Antimémoires, André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, répond à vingt questions posées par des étudiants.
    La place des jeunes dans la société, celle des femmes, le communisme, l'Europe et sa construction, Dieu ou encore la révolution : tant de sujets éclairés par l'écrivain, dont les réponses interpellent, près de cinquante ans après l'enregistrement de cet entretien, par leur saisissante actualité.

  • Au sommaire de ce volume, le dernier des oeuvres complètes, littérature, culture et politique mêlées - sans oublier l'aventure, « à la recherche de la capitale mystérieuse de la reine de Saba ». L'ensemble témoigne de la pluralité des facettes de l'homme engagé dans les combats de son siècle aussi bien que de l'unité profonde de sa vie d'écrivain. Le livre s'ouvre avec les premiers textes de critique littéraire que le jeune Malraux publia avant même d'aborder la fiction, en 1920. Il se clôt sur son livre testament, L'Homme précaire et la Littérature, auquel il travailla jusqu'à sa mort, en 1976. Entre ces deux dates, plus de deux cents textes, dont beaucoup sont inconnus ou difficilement accessibles.
    Quelques ensembles constituent des jalons forts, à commencer par la série d'articles publiés en 1925 et 1926 dans L'Indochine et L'Indochine enchaînée. Dans les années 1930, la critique littéraire et les premières grandes préfaces alternent avec les discours liés à l'engagement dans la lutte contre le fascisme. Ici et là, c'est l'esthétique d'un auteur dont la création romanesque plonge dans l'histoire la plus récente qui s'élabore. Après la guerre et l'expérience de la Résistance, Malraux met son éloquence au service du général de Gaulle. Ce nouvel engagement fut souvent interprété comme une rupture ou un retournement. Mais il faut n'avoir pas lu les discours et articles de cette décennie et de la suivante pour ne pas déceler à quel point Malraux y demeure fidèle aux idéaux de sa jeunesse. Il tâchera ensuite de les mettre en oeuvre dans ses fonctions ministérielles. Les maisons de la culture qu'il met en place sont la concrétisation d'une idée lancée au cours des années 1930. Et qu'il prenne la défense des Paravents de Genet ou des indépendantistes bengalis, qu'il préface le Journal d'un curé de campagne de Bernanos ou le livre de Georges Soria sur la guerre d'Espagne, c'est toujours la « liberté de l'esprit » qu'il défend.
    Le Triangle noir, qui réunit en 1970 des textes consacrés à Laclos, Goya et Saint-Just, tente d'éclairer la crise de l'individu et « l'interrogation sans réponse sur le sens de la vie » qui s'imposent alors en Occident. Prolongeant sur un autre plan cette interrogation de l'homme sur lui-même, L'Homme précaire et la littérature, ce très grand livre méconnu (ici suivi de nombreuses pages inédites), explore notre « bibliothèque imaginaire » et met au jour les métamorphoses de la littérature : celle-ci reste vivante si elle exerce une « présence ». Malraux évoque dans ce dernier livre l'existence d'une « secte », celle des lecteurs fervents qui, dans le monde parallèle qu'est la littérature, cherchent à « échapper au temps par la forme ». Les personnes concernées se reconnaîtront.

  • Plus de cinquante années d'écriture, ponctuées de livres majeurs, Les Voix du silence en 1951, les trois tomes de La Métamorphose des dieux en 1957, 1974, 1976. Une vision globale de la création artistique, née d'expériences personnelles, fondée sur un savoir dominé (et vertigineux), guidée par des conceptions fortes, le Musée imaginaire, la métamorphose. «Ce n'est pas plus une histoire de l'art que La Condition humaine n'est un reportage sur la Chine», écrit Malraux. Connaître, en effet, n'est pas tout. Malraux ne nous «apprend» pas l'art ; il nous le fait aimer et nous permet d'en faire à notre tour l'expérience. Dans son Musée imaginaire, les oeuvres, métamorphosées, échappent à leur époque, deviennent présentes, exercent sur nous tout leur pouvoir. Dans cette sorte de Musée imaginaire de la littérature qu'est la Pléiade, ses Écrits sur l'art, reproduits avec leur illustration, trouvent enfin la place centrale qui leur revient.

  • Les Oeuvres complètes de Malraux seront présentées en six tomes distribués de la façon suivante : les deux premiers volumes sont consacrés aux oeuvres de fiction ; le tome III au Miroir des limbes ; le tome IV rassemblera les essais littéraires et les deux derniers volumes procureront tous les textes esthétiques.
    Cette édition révélera un Malraux inconnu. La part de textes publiés en revues, introuvables, et - plus encore - la publication d'oeuvres inédites - dont deux romans - donneront, s'il se peut, à cet homme «si ondoyant et si divers» (ainsi que l'eût écrit Montaigne), d'autres visages encore : mais, au «dernier jour, entre des myriades de ressuscités, écrit Jean Grosjean dans sa préface, je le reconnaîtrai à son sourire de faux enfant candide et pas dupe, à sa chaleureuse et maladroite fraternité de solitaire pareille à cette connivence profonde et gênée que les ermites entretiennent avec les chardons de leur désert». Et encore : «Sa célébrité aura beau grandir, elle ne le fera pas tellement connaître. Son charme lui venait d'avoir tourné le dos aux puérilités sans croire aux mûrissements. Ce fut sa force et sa faiblesse d'avoir triomphé de l'enfance sans succomber à aucune maturation.»

  • Lorsqu'on croit tout connaître d'un auteur, il manque encore sa vie intime, dont les lettres apportent la trace. On trouvera ici un autre Malraux, simple, drôle, ami fidèle, tantôt lyrique, tantôt farfelu. Et puis un réseau d'amis qui s'appelaient André Gide, Roger Martin du Gard, Raymond Aron, Max Jacob, Louis Guilloux. Et la présence de l'histoire, quand il s'agit du général de Gaulle et d'Indira Gandhi. On entre ainsi, à travers ces lettres à l'intérieur d'un des plus grands cerveaux de notre époque et on lit une oeuvre dans l'oeuvre, où il est question du roman, de l'art et de la vie.

  • Plus de cinquante années d'écriture, ponctuées de livres majeurs, Les Voix du silence en 1951, les trois tomes de La Métamorphose des dieux en 1957, 1974, 1976. Une vision globale de la création artistique, née d'expériences personnelles, fondée sur un savoir dominé (et vertigineux), guidée par des conceptions fortes, le Musée imaginaire, la métamorphose. «Ce n'est pas plus une histoire de l'art que La Condition humaine n'est un reportage sur la Chine», écrit Malraux. Connaître, en effet, n'est pas tout. Malraux ne nous «apprend» pas l'art ; il nous le fait aimer et nous permet d'en faire à notre tour l'expérience. Dans son Musée imaginaire, les oeuvres, métamorphosées, échappent à leur époque, deviennent présentes, exercent sur nous tout leur pouvoir. Dans cette sorte de Musée imaginaire de la littérature qu'est la Pléiade, ses Écrits sur l'art, reproduits avec leur illustration, trouvent enfin la place centrale qui leur revient.

  • Les OEuvres complètes de Malraux seront présentées en six tomes distribués de la façon suivante : les deux premiers volumes sont consacrés aux oeuvres de fiction ; le tome III au Miroir des limbes ; le tome IV rassemblera les essais littéraires et les deux derniers volumes procureront tous les textes esthétiques.
    Cette édition révélera un Malraux inconnu. La part de textes publiés en revues, introuvables, et - plus encore - la publication d'oeuvres inédites - dont deux romans - donneront, s'il se peut, à cet homme «si ondoyant et si divers» (ainsi que l'eût écrit Montaigne), d'autres visages encore : mais, au «dernier jour, entre des myriades de ressuscités, écrit Jean Grosjean dans sa préface, je le reconnaîtrai à son sourire de faux enfant candide et pas dupe, à sa chaleureuse et maladroite fraternité de solitaire pareille à cette connivence profonde et gênée que les ermites entretiennent avec les chardons de leur désert». Et encore : «Sa célébrité aura beau grandir, elle ne le fera pas tellement connaître. Son charme lui venait d'avoir tourné le dos aux puérilités sans croire aux mûrissements. Ce fut sa force et sa faiblesse d'avoir triomphé de l'enfance sans succomber à aucune maturation.»

  • Un sous-officier me fit signe de sortir ; la cour était pleine de soldats.
    Je pouvais faire quelques pas. il me tourna vers le mur, les mains appuyées sur les pierres au-dessus de ma tête. j'entendis un commandement : " archtung ", je me retournai : j'étais en face d'un peloton d'exécution.

    Le miroir des limbes :
    I. antimémoires.
    Ii. la corde et les souris.

  • Plus de cinquante années d'écriture, ponctuées de livres majeurs, Les Voix du silence en 1951, les trois tomes de La Métamorphose des dieux en 1957, 1974, 1976. Une vision globale de la création artistique, née d'expériences personnelles, fondée sur un savoir dominé (et vertigineux), guidée par des conceptions fortes, le Musée imaginaire, la métamorphose. «Ce n'est pas plus une histoire de l'art que La Condition humaine n'est un reportage sur la Chine», écrit Malraux. Connaître, en effet, n'est pas tout. Malraux ne nous «apprend» pas l'art ; il nous le fait aimer et nous permet d'en faire à notre tour l'expérience. Dans son Musée imaginaire, les oeuvres, métamorphosées, échappent à leur époque, deviennent présentes, exercent sur nous tout leur pouvoir. Dans cette sorte de Musée imaginaire de la littérature qu'est la Pléiade, ses Écrits sur l'art, reproduits avec leur illustration, trouvent enfin la place centrale qui leur revient.

  • L'Homme précaire est à la littérature ce que La Métamorphose des dieux est aux beaux-arts.
    Malraux propose d'appliquer à la littérature la périodisation de l'histoire de l'art qu'il avait dégagée pour renouveler notre expérience des oeuvres : une première période de figuration d'un surnaturel invisible, objet de prière et de dévotion ; une deuxième, à partir de la Renaissance, au cours de laquelle l'art visait à représenter le monde réel, pour s'approcher toujours plus de l'illusion ; mais plus cette illusion était poussée, plus elle occultait l'acte créateur, qui, dans un troisième temps et grâce à la rupture initiée par Manet, devint désormais l'essentiel.
    Appliquée à la littérature, cette tripartition en bouleverse notre conception. La fiction est la notion pivot qui permet de distinguer respectivement les trois moments. Elle est, pour chacun d'entre nous, une expérience majeure : parce qu'elle nous fait vivre par procuration une vie, c'est-à-dire un temps autre que le nôtre, elle porte plus loin qu'un simple divertissement.

  • Je considère Les Conquérants comme un événement de la plus haute importance, dans l'histoire morale contemporaine.
    Pour Malraux, l'essence du révolutionnaire ne consiste ni dans une foi - toujours niaise - ni dans une information - toujours incomplète, ni en des disciplines - toujours périmées -, mais dans un certain état de disponibilité et de courage. Garine ne s'intéresse pas à sa propre vie. Et il peut mettre une absence totale de scrupules au service d'intérêts qui ne sont pas les siens propres...
    Garine est victorieux. Mais il meurt. Il ne peut que mourir : car il sait fort bien qu'il ne peut que substituer à un ordre détestable un autre ordre, non moins détestable...
    La Révolution devient la suprême aventure, la possibilité ultime d'un Univers dont les possibles se referment autour de l'individu condamné. Le problème, pour Malraux, n'est pas de savoir comment l'intellectuel peut adhérer à un programme, mais comment il peut devenir un chef révolutionnaire efficace.
    Emmanuel Berl, Mort de la pensée bourgeoise (1929).
    Un type de héros en qui s'unissent l'aptitude à l'action, la culture et la lucidité. (André Malraux.) Présentation, notes et commentaires de Michel Autrand

  • L'homme, par le seul fait qu'il existe et qu'il se pense en tant qu'homme, dément la fatalité de sa condition. Ce pouvoir, l'artiste l'affirme avec force, qui non seulement développe sa propre vision du monde, mais sait la faire partager à d'autres ; le grand homme l'affirme également, qui perpétue par l'Histoire ses actes exemplaires.
    Dans cette tension qui sans cesse oppose l'homme à la mort apparaît l'unité profonde de la démarche de Malraux : l'action est l'une des formes que revêt cette tension, l'art en est une autre, sans doute plus efficace et plus fondamentale. Armes contre la mort, la politique et la culture sont indissociables - c'est ce que disent les discours, articles et entretiens ici réunis.
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  • Trapézoïdales.

  • Qu'apporte aux Chinois lettrés imprégnés d'une culture et d'une sagesse millénaires la culture européenne si jeune par rapport à la leur ? Quelle tentation leur offre-t-elle oe Par le truchement d'un échange de lettres entre un Européen, A. D., séjournant en Extrême-Orient, et Ling, un Chinois voyageant en Europe, André Malraux compare la dynamique européenne à la pensée chinoise.
    Dans cet essai, André Malraux, fort de sa jeune expérience d'orientaliste, analyse avec maestria l'homme d'Europe et le destin qu'il se prépare.

  • Le tournage de " espoir - sierra de teruel " eut lieu d'août 1938 à janvier 1939.
    En août 1939, andré malraux présenta son film devant les membres du gouvernement espagnol en exil. en septembre, son exploitation fut interdite par le gouvernement daladier, sous la pression de l'ambassadeur de france à madrid, philippe pétain.
    La version que nous connaissons reprend celle qui fut diffusée en 1945 et reçut le prix louis delluc.
    Dans " espoir - sierra de teruel ", andré malraux a décrit la tragédie de la guerre d'espagne, la bataille d'un peuple fier et torturé et a réalisé un des plus grands films de l'histoire du cinéma.

  • Lazare

    André Malraux

    «Ce qui me fascine dans mon aventure, c'est la marche sur le mur entre la vie et les grandes profondeurs annonciatrices de la mort. C'est aussi le souvenir de ces profondeurs. "Les réanimés ne se souviennent de rien" (de rien, mais de conversations entre les médecins !). La rencontre avec la part de l'homme qui marche, geint ou hurle quand la conscience n'est pas là.
    J'ai été conscient de ne plus savoir où j'étais -, d'avoir perdu la terre. Pas d'autre douleur que celle des autres, qui bat confusément cette chambre blanche où veille la petite lampe de la nuit comme, dans ma chambre de Bombay, la rumeur de l'Océan battait la grève. Je suis lucide, d'une lucidité limitée au ressassement d'une terre de nulle part, à la stupéfaction devant cet état ignoré. Ce qui s'est passé n'a rien de commun avec ce que j'appelais mourir.» En 1972, André Malraux, «atteint d'une maladie du sommeil», est hospitalisé à la Salpêtrière. De cette expérience va naître Lazare, un de ses plus beaux livres, celui qu'il choisit pour clore le cycle du Miroir des limbes.

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