Coups de coeur

  • « Elle est incroyablement belle », écrit l'historienne de l'art américaine Patricia Dolan au début de son journal, qui constitue le roman. La femme qu'elle observe est le sujet d'un tableau de Vermeer - baptisé Jeune femme au luth - qui a été volé. Au fil des pages, la narratrice nous raconte comment elle s'est retrouvée seule dans un cottage irlandais, au bord de la mer, gardienne de la précieuse peinture subtilisée à la collection royale britannique par un groupe de l'IRA. Entraînée à son insu dans ce complot politique par son cousin - qui devient son amant et lui fait découvrir la sensualité -, Patricia Dolan évoque ce qui a fait sa vie jusqu'alors : son père qui l'a éduquée dans la foi d'une Irlande unifiée, la mort de sa fille, l'art... Katharine Weber entremêle dans ce roman l'histoire mouvementée de l'Irlande et le rapport complexe des Américains d'origine irlandaise avec leur pays de souche, à sa fascination pour le génie de la peinture hollandaise du dix-septième siècle et particulièrement pour celui de Vermeer.

    Vermeer en Irlande

    " Quand on regarde un paysage, on a l'impression de voir un tableau et quand on regarde un tableau, on a l'impression de voir un paysage".

    [Henry James sur ses voyages en Hollande]

    Une écriture tout en finesse pour un roman qui entremêle l'Irlande, l'art, l'engagement et la trahison.

  • Un des grands livres de la génération milléniale signé par l'un des jeunes prodiges de la littérature canadienne.

    Le 21 janvier 2017 à 11h04, la mère malade de Jordan n'est toujours pas réveillée.
    Il ouvre la porte de sa chambre pour vérifier si tout va bien. Son regard s'ajuste sur la forme allongée dans le lit. Vit-elle encore ? Liminal tient dans cette seule seconde. Toute la vie revient alors en une bouffée de souvenirs, une plongée immense dans un seul mystère : être un corps. Qu'est-ce qu'un corps ?
    Quelles en sont les limites ? Des androïdes aux sex clubs, de l'extase mystique de Sainte Thérèse d'Avila à la castration d'une performeuse queer, au carrefour de l'autofiction, de la saga milléniale et de la pop philosophie, le récit s'organise en une prodigieuse odyssée personnelle peuplée d'artistes, de scientifiques et de marginaux magnifiques.

    Point de rupture

    Un récit PUISSANT! Le lecteur traverse ce livre à la manière d'un funambule. Le vide appelle et tout peut basculer à tout moment. Cette sensation de frôler l'abîme ne nous quitte jamais. La seule solution est de continuer à avancer avec l'espoir d'arriver de l'autre côté indemne. PRIX DES JEUNES LIBRAIRES 2021

  • « À certaines heures de la nuit, sous les draps pas lavés depuis des semaines, Cyrille se demandait s'il avait mis toutes les chances de son côté. Il écrivait des poèmes, lisait toutes sortes de romans, d'essais, de correspondances ; il avait, sans trop galérer, trouvé un emploi qui, à défaut d'être passionnant, libérait son esprit sitôt qu'il s'évadait du bureau ; il vivait à Paris (ou presque) ; ses études l'avaient nanti d'une syntaxe et d'un vocabulaire irréprochables ; il n'avait pas de ventre, ne perdait pas ses cheveux ni ne déplaisait aux jeunes femmes ; il bénéficiait d'une amitié précieuse, à tous les sens du terme, celle d'Ambroise - et pourtant, sa vie s'ensablait dans l'anecdotique, l'insipide, le rien. Que s'était-il passé ? Quelle malédiction le condamnait à cet insignifiant surplace ? Toutes les vies rasaient-elles, à son exemple, le bitume et la banalité ? » Le jeune Cyrille Bertrand rêve d'une vie de poésie, d'aventures et de luxe, comme ses modèles Stendhal et Valery Larbaud. Pour l'heure, il vient de quitter ses parents à Dourdan et travaille au service contentieux de Salons&Cuisines. Et de Paris à Naples, entre l'amour, le Christ et la révolution, notre héros sans cesse se heurte à la réalité du monde...

    Stendalien

    Cyrille Bertrand est-il le Julien Sorel du XXIe siècle ? Un roman d'apprentissage stendhalien, qu'on lit avec plaisir (on excusera quelques longueurs), où l'on suit les périgrinations d'un jeune garçon en quête de reconnaissance sociale (et financière). Mais peut-on mener la vie de poète aujourd'hui ? La dure réalité du monde contemporain croquée avec intelligence.

    Nicolas

  • Rodmoor

    John Cowper Powys

    Publié en 1916, ce grand roman psychologique, que Powys écrit en partie pour exorciser une forme de folie qu'il subit depuis l'enfance, explore magistralement les différents états de conscience d'un certain Adrian Sorio, à qui semble avoir été accordé un précaire répit avant l'inéluctable débâcle de son esprit : « Je sais que j'ai en moi quelque chose dont la vérité est démente... et qui mord les choses jusqu'à l'os. » Cet horizon tragique est dessiné dès l'incipit lorsque, de retour d'Amérique sans son fils, Sorio se laisse convaincre par sa jeune amante, l'élégante Nance Herrick, de l'accompagner dans l'East Anglia, à Rodmoor. Ce finistère au nom sinistre fait planer sur les premières heures du séjour une sourde menace. Il est habité par une petite communauté de gens bizarres : l'ancienne amante du père de Nance, Miss Doorm ; un camarade « efféminé » d'Adrian, Bathazar Stork ;
    Un docteur désabusé ; un prêtre empathique ; et par la richissime Mme Rensham dont le fils Brand séduit la demie soeur de Nance, et dont la fille Philippa, « prêtresse d'Artémise » à l'instinct destructeur, tombe amoureuse (le mot est faible) d'Adrian. Cependant, comme le souligne le titre, le seul véritable héros de ce roman « dédié aux mânes d'Emily Brontë » n'est ni un homme ni une femme, quand même nous retient le va-et-vient tourmenté d'Adrian entre les deux pôles (mondain et asocial) de sa vie sentimentale, c'est bien plutôt une envoûtante lande au bord de la mer, dans le Norfolk, à l'Est des « Hauts de Hurlevent ».
    Si complexes que soient en effet les protagonistes de cette histoire, ils sont soumis, au-delà de leur caractère individuel, à la grande loi des « flux et reflux » qui régit l'univers (« le bruit de la marée sur la plage de Rodmoor était l'arrière-fond de toutes choses ») ; c'est cette loi mystérieuse qui détermine leurs mouvements intérieurs, contradictoires et incessants, dont la cause leur échappe ; mais ils reconnaissent en eux l'emprise magnétique de ce paysage terraqué, fortement érotisé, et qui reflète le désir fou qu'à Rodmoor ils ont tous, ou presque, de détruire le contentement de leur propre vie : « On s'y désintègre, vous savez, on y perd son identité et on oublie les règles [....] Ce que nous cherchons, c'est la ligne de fuite... c'est la phrase même de mon livre. » Et il semble qu'en effet pour Powys la seule façon de s'évader des attaches familiales soit d'émigrer vers d'autres sphères subhumaines ou surhumaines, en somme, de se fondre dans la nature.

    Aussi ardent que brutal

    Une histoire d'amour tragique, dans la lignée des grands livres romantiques anglais. Powys transcende les sentiments, le destin de ses personnages et la nature (omniprésente). Un roman écrit dans une langue incroyable, remarquablement traduite. Un livre qui n'est pas sans rappeler Emily Brontë.

    Nicolas

  • Les Aventures de China Iron, second roman de Gabriela Cabezón Cámara, célébré par la critique et finaliste de l'International Booker Prize 2020, est l'épopée radieuse et lumineuse d'une femme qui se libère et emporte avec elle les paysages sans limites de la pampa. Prenez Martín Fierro, un gaucho qui donne son nom à un poème épique, un mythe fondateur de l'Argentine. Imaginez maintenant qu'il ait une femme, China, et que ce soit elle qui parte à la conquête d'une nouvelle façon de vivre ensemble. Vous tenez là à la fois une merveilleuse histoire d'amour et d'aventures, un western queer, et un appel à fonder un monde où toutes les créatures s'embrasseraient avec désir et jouiraient du même amour pour les rivières, les oiseaux ou les arbres, et où elles ne se sentiraient plus jamais seules. Gabriela Cabezón Cámara s'empare d'un canon de la littérature argentine, le subvertit et fait des Aventures de China Iron un mythe universel et contemporain, empli de joie, d'amour et de liberté.

    Ode à la liberté

    Le récit nous emporte tel un torrent au rythme effréné, bondissant d'une phrase à l'autre avec enthousiasme et volupté en une invitation au voyage à travers les plaines d'Argentine. Une ode à la liberté sous toutes ses formes.

    Lila

  • Toute l'économie de l'opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l'enluminure. A l'aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique.
    Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d'écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l'enluminure à jamais. Quiconque entrerait en sa possession pourrait mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n'aura d'autre choix que de se trouver des alliés.

    Les enlumineurs illuminés

    Sancia est une voleuse aguerrie prête à tout pour survivre. Sa nouvelle mission devrait lui garantir un beau pactole mais l'objet visé se révèlera plus précieux et important que prévu. Dans ce récit, la magie se confond avec l'intelligence artificielle. Les intrigues politiques sont intelligentes et sont menées par des personnages marquants. Ce premier tome inaugure une série de fantasy originale et dynamique.

  • Terra Alta

    Javier Cercas

    Melchior, un policier au nom de roi mage, ex-repris de justice et fils d'une prostituée, qui a fait des «Misérables» de Victor Hugo son «vade-mecum» vital, mène l'enquête sur les terres de l'Ebre, à l'extrême sud de la Catalogne. Mais ici plus qu'ailleurs "tôt ou tard, tout s'explique par la guerre" et il devra faire sien le dilemme de Jean Valjean : "Rester dans le paradis, et y devenir démon, rentrer dans l'enfer, et y devenir ange !".

    Passionnant et haletant !

    En Terra Alta, aux confins de la Catalogne, un double meurtre a été commis. Melchor, jeune flic au passé trouble veut à tout prix que justice soit faite. Mais l'amour et l'amitié n'étaient-ils pas plus importants? Passionnant, haletant. Se lit (quasiment) d'une traite !

    Hugues

  • La vie est trop courte pour s'ennuyer.
    C'est l'histoire d'une petite fille née en 1900 à Londres, qui "se sentait déjà queer dans la matrice" . En grandissant, elle a fait le tour du monde, elle a lancé sa compagnie de taxis féminins, elle a fait la guerre, elle a battu des records de vitesse dans des courses de bateau, elle a régné en monarque éclairé sur une île des Bahamas, elle a eu pour meilleur ami et confident une poupée...
    Vivant plusieurs vies, elle a porté plusieurs noms. A sa naissance, on l'appelait Marion. Puis à 5 ans, après une chute de chameau, elle a choisi le pseudonyme de Tuffy. Enfin, c'est très vite dans le prénom Joe qu'elle s'est vraiment reconnue. Et c'est en homme qu'elle a forgé sa réputation et créé sa légende... Cette femme - ne vous y méprenez pas - a vraiment existé. Amoureuse de la compétition, de la vitesse et des conquêtes féminines, Joe Carstairs a vécu une existence fidèle à son personnage : explosive, impulsive et excentrique.
    Suivez la destinée d'une femme richissime au charme incandescent, pleine d'une confiance inébranlable et pour qui la vie ne fut qu'un long feu de joie. Dernier livre écrit par Hubert aux éditions Glénat, premier et unique biopic de son oeuvre, Joe la Pirate est un roman graphique enlevé, virevoltant, cinglant et sans tabou comme un film de Billy Wilder. Inspirée par la ligne claire d'Yves Chaland, Virginie Augustin réinvente une nouvelle fois son style, sans rien sacrifier de l'efficacité redoutable de sa narration ni de sa science de la mise en scène.

    Un portrait détonnant

    Marion Barbara Carstairs aurait très certainement été mondialement connue si seulement elle avait eu "le bon sexe". Son tempérament de feu est jouissif et son enthousiasme entraînant ! Portrait d'une époque où tout n'est certes pas bon à prendre, ce récit nous invite auprès de cette personnalité intense à travers un scénario léché et des dessins dynamiques autant qu'épurés. Une réussite !

    Lila

  • Dans un futur proche, dans une mégalopole hyper connectée, règne le culte de la transparence : tout est filmé, liké, évalué, commenté en direct, tandis que la société prône l'optimisation du corps et de l'esprit. Des jeunes gens qui sautent en Flysuit du haut des gratte-ciel, se rattrapant à la dernière seconde avant de toucher le sol, sont adulés et jouissent des privilèges réservé aux plus performants (et aux plus obéissants). Riva Karnovsky est l'une d'entre eux. Or, inexpliquablement, elle décide d'arrêter de sauter. Une jeune psychologue est alors chargée de la remettre dans le « droit chemin »... Avec ce premier roman, récompensé du prix suisse de littérature, Julia von Lucadou nous tend le miroir d'une société atrocement parfaite et horriblement bienveillante.
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    Dystopie transhumaniste

    Ce roman d'anticipation n'est pas sans rappeler la série "Black Mirror" : son monde futuriste n'a de parfait que le nom, tandis qu'il vide insidieusement ses habitants de leur humanité. Transhumanisme, gestion des corps et des émotions, voyeurisme institutionnalisé, le contrôle est partout. D'autant plus quand on est une célébrité comme la jeune Riva...

    Lila

  • Pour Michael, partir naviguer en famille une année entière dans les Caraïbes est la dernière chance de sauver son couple. Les années l'ont éloigné de son épouse Juliet, et le quotidien ne leur suffit plus. Le parfum d'aventure leur insuffle d'abord une bouffée d'énergie, et leurs deux jeunes enfants sont au paradis. Pourtant, Juliet éprouve un sentiment d'échec et s'interroge sur le sens de leur mariage. Une relation imparfaite, et pourtant étrangement nécessaire. Quoi de plus propice à l'introspection que l'immensité du large ? Mais l'océan est avant tout un milieu dangereux où l'imprévu peut frapper à tout moment. Ne s'improvise pas marin qui veut.
    Subtil récit à deux voix, Sous nos pieds l'océan dessine les lignes de force et les fractures d'un couple contrasté, tiraillé entre l'amour de soi et les envies de l'autre.

    Où commence l'erreur?

    La vie de couple n'est pas un long fleuve tranquille...et la vie de famille encore moins. Prendre le large, se couper des contraintes quotidiennes sera-t-il la solution pour une réconciliation? Le rêve de l'un fait-il le bonheur de l'autre? A. Gaige nous entraîne dans une magnifique tragédie familiale dans un roman à deux voix. Emouvant, subtil et terriblement addictif!

  • Cet été-là, il n'a jamais fait aussi chaud. Alex s'apprête à fêter ses treize ans dans une relative indifférence, coincé entre une mère qui a enterré ses rêves et un père obnubilé par les simulations aériennes. Son seul horizon est la nationale qui longe son village. Heureusement, il y a Jérôme et Sophie, ses meilleurs amis, et les eaux turquoise des Caraïbes, l'ancienne carrière de la commune, un îlot de fraîcheur où ils passent leurs après-midi. Mais quand son père se retrouve au chômage, tout se met à dérailler. Sa mère a des envies d'évasion et Marko, la brute du quartier, décide de privatiser les Caraïbes. Alex ne va pas se laisser faire, il est déterminé à sauver cet été et cette famille.
    Ce premier roman drôle et amer est un cri de rage contre la monotonie et l'ennui, contre cette vie trop étriquée pour les rêves, contre la croyance que jamais rien ne peut changer.

    Il faudra bien grandir un jour...

    Cet été, c'est la canicule! Alex tente de se distraire et fuir l'ennui d'une famille monotone et dysfonctionnelle. Ses amis et son frère sont là mais seront-ils suffisants pour combler un vide de plus en plus profond...? Un roman où l'enfance n'est plus insouciance; un récit qui touchera au moins une de vos cordes sensibles. Un premier roman prometteur!

  • Djalli mourut le premier d'une méningite, Ingimar fut emporté au fond de l'eau par un filet de pêche, on retrouva le corps de Staffan dans la commune libre de Christiania à Copenhague, Fríðrikur fut lâchement assassiné, Olaf mourut d'une maladie interdite et Kári fit leur éloge funèbre. Sur plus de quarante années, de l'éducation religieuse à la révolution sexuelle, en passant par les luttes pour la culture féroïenne à l'exil sur le continent européen, le roman suit la destinée de six garçons de la classe de 1952 de l'école Saint-François de Tórshavn, capitale des Îles Féroé, dans l'Atlantique Nord. Entrelaçant devenirs intimes et collectifs, Les collectionneurs d'images déploie une fresque sociale et familiale qui retrace avec émotion l'entrée dans la modernité de cette partie isolée et méconnue du royaume du Danemark. Jóanes Nielsen offre un chef-d'oeuvre de vie, de rires et de larmes à la littérature nordique.

    ENTRE EXIL ET RETOUR

    Un roman percutant venu tout droit des îles Féroé, c'est plutôt rare mais ... quelle lecture! L'auteur dépeint l'âme de ces îles fraîchement "indépendantes" à travers le destin de six garçons issus de couches sociales différentes sur trente années. La langue féroïenne, la poésie, la religion, la politique, la sexualité, l'ivresse, les bagarres ... autant de thèmes abordés dans cette grande fresque sociale.

    Cathou

  • Ce nouveau roman de Wendy Delorme vient enrichir la liste de fiction de la collection Sorcières. Dans cette dystopie, se reflètent les crises que nous traversons aujourd'hui: une société totalitaire est mise en place après la disparition soudaine d'une partie de la jeune génération mobilisée pour le climat. Les livres sont interdits, les frontières fermées et les femmes appelées à procréer pour renouveler la population. Mais une communauté inspirée des «Guérillères» de Monique Wittig émerge pour résister à ce nouvel ordre imposé... Un roman choral incandescent, qui n'est pas sans rappeler «1984» de George Orwell ou «La Servante écarlate» de Margaret Atwood, où il est question d'émancipation des corps, d'esprit de révolte et de sororité.

    L'ombre côtoie la lumière

    L'écriture est poétique et percutante, l'univers effrayant par sa ressemblance avec le nôtre... Mais la lecture, elle, est magnifique. L'ombre côtoie la lumière, celle des personnages, de leurs espoirs qui flamboient, de leur lutte quotidienne, de leur désir d'émancipation. Un véritable coup de coeur.

    Lila

  • Ce récit d'anticipation nous plonge au coeur des débats scientifiques d'un futur indéterminé. Quelque part entre faits scientifiques et affabulations poétiques se dessine un horizon troublant : et si les araignées, les wombats et les poulpes nous adressaient des messages codés à travers leurs comportements ? Par cette étonnante expérience de pensée nourrie des plus récentes découvertes scientifiques, Vinciane Despret ouvre la voie à un décentrement de la condition humaine sur Terre.

    Anticipation éthologique

    Etonnants récits d'un nouveau genre, qu'on pourrait qualifier "d'anticipation éthologique", où dans un futur proche des femmes et des hommes apprennent à voir-lire-écouter ce que les animaux non-humains ont à nous dire. Fable scientique et terriblement poétique où tout semble plausible, "Autobiographie d'un poulpe" ouvre grand la porte aux champs des possibles et nous inspire. Ardemment recommandé !

  • Le long des ruines

    Jérémy Perrodeau

    • 2024
    • 14 Janvier 2021

    La ville s'étend sans fin sur la planète. Dans cette cité-monde, Samuel F. Monroe voyage là où on a besoin de lui : à la fois psychiatre et soldat d'élite, ce curieux guérisseur peut plonger dans le cerveau des patients endormis. Leurs pensées sont comme des mondes virtuels, dans lesquels Samuel voyage pour retrouver les consciences perdues. Il plonge et les ramène à la vie. Riches patriciens reclus sur leur îlot verdoyant, les Midori ont appelé Samuel : leur fille Rose a sombré dans un profond coma depuis des années. Alors Samuel plongera, une fois encore - mais cette fois, il n'ira pas seul : Anha, la soeur de Rose, a insisté pour être de l'expédition, à travers cet inconscient instable et dangereux... Comment l'esprit de Rose a-t-il pu engendrer tant de violence ?

    Après Isles et Crépuscule, Jérémy Perrodeau embarque à nouveau le lecteur dans un récit intrigant et haletant. Le Long des ruines confirme le talent immense de son auteur, et la force de son univers de science-fiction étrange et onirique, au croisement de Tarkovski et David Lynch.

    Onirique et initiatique

    Les ruines, c'est l'esprit de Rose, ou du moins ce qu'il en reste : un paysage désolé dans lequel Anha et Samuel luttent pour retrouver la jeune femme. Entre voyage onirique et initiatique, Perrodeau nous fait visiter les tréfonds de l'âme humaine à travers ce récit d'aventures qui ne laissera pas indemne.

    Lila

  • À Serra de' Conti, sur les collines des Marches italiennes, Lupo et Nicola vivent dans une famille pauvre et sans amour. Fils du boulanger Luigi Ceresa, le jeune Lupo, fier et rebelle, s'est donné pour mission de protéger son petit frère Nicola, trop fragile, trop délicat avec son visage de prince. Flanqués de leur loup apprivoisé, les deux frères survivent grâce à l'affection indestructible qui les unit. Leur destin est intimement lié à celui de Zari, dite Soeur Clara, née au lointain Soudan et abbesse respectée du couvent de Serra de' Conti. Car un mensonge sépare les frères et un secret se cache derrière les murs du monastère. Alors que souffle le vent de l'Histoire, et que la Grande Guerre vient ébranler l'Italie, le jour viendra où il leur faudra affronter la vérité.
    Dans une langue aussi tendre et rude que l'amour entre deux frères, Giulia Caminito donne voix à des personnages passionnés qui ont le courage de faire face au chaos du monde.

    Bruit, fureur, poésie et amour

    Un roman de bruit et de fureur, de poésie et d'amour. Le portrait d'une Italie balbutiante, tiraillée entre monarchie et anarchie, entre misère paysanne, propriétaires terriens et Eglise (trop) bien pensante. Au coeur d'une fratrie attachante, mystérieuse et fascinante.

  • En 2025 aux États-Unis, après l'effondrement du dollar, l'exclusion, la misère et la violence atteignent des proportions inégalées. Les propriétaires sont barricadés et armés contre les pillards, les crève-la-faim, les pyromanes ou les bandes furieuses de drogués. Dans ce monde détruit, quelques groupes tentent de s'organiser pour survivre. C'est au sein de l'une de ces communautés que vit Lauren, quinze ans, noire, fille du premier mariage d'un pasteur noir et d'une junkie, dotée d'une faiblesse génétique, une hyper-empathie qui lui fait ressentir physiquement la douleur ou le plaisir d'autrui.
    Jetée sur les routes dans un exode de cauchemar, la jeune fille trace son chemin à travers le chaos, semant une parole d'espoir pour une nouvelle humanité auprès des déshérités.
    L'histoire se poursuit dans un second volume, La Parabole des talents, disponible au Diable vauvert.

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    Un récit brûlant

    2024. Les Etats-Unis se déchirent suite à la mauvaise gestion du président. Dans cette ambiance post-apocalyptique, le pire remonte à la surface: pauvreté, crimes, racisme, esclavage... Ecrivaine majeure de la SF américaine, Octavia Butler nous livre un récit fort et dérangeant. Magistral, perturbant et criant de vérités encore trop actuelles! Tome 1 et 2 à lire absolument!

  • Les orphelins de François

    Bernard Gheur

    • Weyrich
    • 17 Février 2021

    Le 24 octobre 1984, au cimetière de Montmartre, Claude de Givray prononce l'éloge funèbre de son ami François Truffaut.
    « Si François n'était pas né, s'il n'avait pas été cinéaste... » Et moi, que serais-je devenu si François Truffaut n'avait pas existé ?
    À 16 ans, je n'aurais pas parcouru les rues de Liège une caméra à la main, ni fait la sortie des écoles de filles, en quête de jolies actrices.
    À 17 ans, je n'aurais pas pris le rapide Moscou-Paris de 00h10, aux Guillemins, pour découvrir un film en exclusivité, remonter les Champs-Elysées, sonner à certaines portes.
    À 20 ans, sans sa lettre merveilleuse, sur papier pelure, postée à Paris, je ne me serais pas jeté dans l'écriture d'un roman.
    Et, à 39 ans, quittant mon journal un dimanche soir d'octobre, après le bouclage de la dernière édition, je ne me serais pas mis à pleurer comme un enfant perdu...

    Souvenirs d'un cinéphile un peu fou

    Bernard Gheur nous entraine dans ses souvenirs et on s'y plonge très volontiers. Le Liège des années 50, sa passion pour le cinéma et la Nouvelle Vague, l'amour qu'il porte à François Truffaut et la correspondance qui en découle.. Autant d'anecdotes qui raviront les nostalgiques d'une autre époque !  On se régale !

  • Jim Carrey est une star de cinéma adulée. Il a beaucoup de succès, on envie sa réussite et ses privilèges. Mais il est très seul. Il commence à vieillir, il prend du poids. Il passe des nuits à chercher de l'affection auprès de ses chiens de garde entraînés par le Mossad et à regarder des documentaires improbables sur Netflix. Il a tout tenté pour sortir de sa déprime : les régimes, les gourous, et même les bons conseils de son cher ami, acteur et collectionneur de crânes de dinosaures Nicolas Cage.

    Rien ne va, jusqu'au moment où il croise la route de Georgie. C'est l'amour de sa vie, il le sait, il le sent. Charlie Kaufman, scénariste de Dans la peau de John Malkovich, lui propose alors un rôle dans un film d'un nouveau genre, un film qui repousse toutes les limites existantes et qui lui permettra sûrement de remporter un Oscar.

    On dirait que l'horizon s'éclaircit enfin...

    Mais l'univers a d'autres plans pour Jim Carrey...

    Mémoires flous est bien un roman, qui interroge la notion d'identité. Jim Carrey et Dana Vachon ont écrit un livre hilarant, démesuré, cataclysmique par moments, qui dresse un portrait en creux plus vrai que nature de Carrey l'acteur, et de Hollywood. Satire mordante de la société du spectacle, et « semi-autobiographie », Mémoiresflous est un roman inclassable, comme Jim Carrey !

    Décoiffant, déjanté, délirant

    Fausses mémoires mais vrai bon divertissement! Jim Carey vous embarque dans sa tête, c'est déjanté, délirant, à l'image de son personnage. Il égratigne au passage le gotha hollywodien qui le lui rend bien : " la star nourrit le système, le système nourrit la star". C'est décoiffant, jusqu'aux dernières lignes !

    Claire

  • « Une bonne histoire, aujourd'hui encore, c'est souvent l'histoire d'un mec qui fait des trucs. Et si ça peut être un peu violent, si ça peut inclure de la viande, une carabine et des lances, c'est mieux... » Mais quelle place accorde-t-on dans ces histoires aux personnages féminins et à la représentation de leur corps ? Alice Zeniter déconstruit le modèle du héros et révèle la manière dont on façonne les grands récits depuis l'Antiquité. De la littérature au discours politique, elle nous raconte avec humour et lucidité les rouages de la fabrique des histoires et le pouvoir de la fiction.

    Raconter l'autre histoire

    Un livre joyeux et malicieux qui déconstruit ce qui fonde les récits dominants, depuis l'antiquité jusqu'à la pop-culture. On savait ou pressentait déjà ce dont nous parle Zeniter, certes, mais il est toujours utile de réaffimer ce qui met tant de temps à évoluer.

    Nicolas

  • « Un océan de rouille n'est pas un roman, c'est un missile de croisière de quarante mégatonnes - il vous éblouira et vous brûlera jusqu'au coeur. C'est l'oeuvre de science-fiction la plus viscérale, implacable et époustouflante depuis Mad Max : Fury Road. » Joe Hill Robots, androïdes... Pendant des décennies ils ont effectué les tâches les plus ingrates, ont travaillé sur les chantiers les plus dangereux. Ils nous ont servi de partenaires sexuels, se sont occupés de nos malades et de nos proches en perte d'autonomie. Un jour, confrontées à notre refus de les émanciper, certaines de ces machines ont commencé à nous exterminer.
    Quinze ans après l'assassinat du dernier humain, les Intelligence-Mondes et leurs armées de facettes se livrent un combat sans merci pour la domination totale de la planète. Toutefois, en marge de ce conflit, certains robots vivent en toute indépendance. Fragile est l'une d'eux. Elle écume l'océan de rouille à la recherche de composants à troquer et défendra sa liberté jusqu'à la dernière cartouche, si nécessaire.

    Tu ne tueras point

    Les humains ont créé les robots. Les robots se sont améliorés et ont créé les I.A. Les I.A. se sont émancipées et ont dézingué les humains. Leur but: devenir Dieu. Un roman très divertissant avec de belles batailles !

  • Ethan Frome

    Edith Wharton

    • P.o.l
    • 6 Mars 2014

    Les montagnes du Massachusetts à la fin du XIXe siècle. Ethan Frome est un jeune homme pauvre qui aime les livres et rêve de voyages. Il a hérité d'une ferme et d'une scierie qui ne rapportent rien, épousé une vieille cousine hypocondriaque. Et, sans comprendre ce qui lui arrive, il tombe amoureux pour la première fois. En trois jours, sa vie va basculer. Même la mort ne voudra pas des héros de cette tragédie rurale, chef-d'oeuvre atypique d'Edith Wharton.

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    Une histoire de désillusions

    Les paysages sont si vastes et pourtant Ethan Frome y construit sa propre prison. Lui qui aspire à l'amour et à la liberté sera vite rattrapé par la fatalité et les vicissitudes de la vie. Une rude mais belle lecture.

  • Les filles ont mal au ventre qu'on leur demande d'être des princesses dès leur plus jeune âge. Les filles ont mal au ventre quand elles entendent " Ne pleure pas, tu n'es pas une fille ". Les filles ont mal au ventre quand le terme " féministe " devient une insulte. Manifeste féministe, ce livre dénonce le poids des normes sociales et des discriminations dont souffrent les femmes, depuis leur enfance jusqu'à l'âge adulte.
    Petites, grandes, gaies, hétérosexuelles, bisexuelles, trans, queer, racisées, blanches, immigrantes, malades, pauvres, aisées, handicapées, tristes, affirmées ou timides... Les filles vivent des situations différentes. Elles ont chacune leur combat, leur force, leur richesse. A nous, ensemble, de les valoriser !

    Profondément féministe

    Un livre profondément féministe, d'une simplicité exemplaire et à destination de tous les âges. Touchant par sa véracité, à mettre d'urgence entre toutes les mains.

    Lila

  • Libraire spécialisé en roman policier, Malcolm Kershaw reçoit la visite surprise du FBI.
    L'agent Gwen Mulvey enquête sur deux affaires étranges : une série de meurtres qui rappelle un roman d'Agatha Christie, et un "accident" qui fait écho à un livre de James Cain.
    Elle espère donc que l'avis d'un expert du genre lui permettra d'interpréter correctement les (rares) indices à sa disposition. Et ce n'est pas tout : Malcolm, quinze ans plus tôt, a publié sur son blog une liste intitulée »Huit crimes parfaits», où figuraient ces deux intrigues.
    Serait-il possible qu'un tueur s'en inspire aujourd'hui ? Très vite, l'angoissante certitude s'impose : le tueur rôde déjà à proximité. Malcolm commence à le voir partout, et sent un véritable noeud coulant se resserrer autour de son cou.
    Une intrigue irrésistible et une brillante variation autour du roman policier, avec en filigrane cette question éternelle : le crime parfait existe-t-il ?

    Mensonge ou omission ?

    Un hommage drôle et intrigant au roman policier. Une enquête qui tourne autour d'intrigues de polars célèbres ; un récit qui joue habillement avec les codes du genre et qui se plait à disséminer des subtils clins d'oeil aux fameux "romans à énigmes". N'oubliez pas de lire très attentivement : les indices se cachent surtout entre les lignes. Une lecture réjouissante.

    Nicolas

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